Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

La pelle hydraulique qui tourne à l’eau

| | | | |

Par publié le à 18h19

La pelle hydraulique qui tourne à l’eau

L'huile de la pelle hydraulique a été remplacée par de l'eau en utilisant uniquement des équipements standards

Une mini-pelle hydraulique qui fonctionne entièrement à l’eau a été présentée par la société Fluid Hydr’eau lors du salon Intermat. Ce prototype, adapté à partir d’équipements standard, constitue une première étape vers une possible suppression de l'huile dans les engins hydrauliques.
 

Voilà une mini-pelle de chantier plutôt sobre : l’ensemble de son système hydraulique, fonctionnant à l’origine à l’huile, a été remplacé par un autre système utilisant… de l’eau ! Présenté lors du salon Intermat, qui s’est tenu du 16 au 21 avril 2012, au parc des expositions de Paris Nord Villepinte, le prototype a été réalisé par la société Fluid Hydr’Eau (groupe Melun Hydraulique) et le Cetim (Centre technique des industries mécaniques) à la demande de sa commission professionnelle des constructeurs de matériels de travaux publics, mines, forages (TPMF).

« Les législations en matière de respect de l’environnement devenant de plus en plus sévères, l’hydraulique à eau s’impose comme une alternative à plus ou moins long terme dans certaines applications industrielles » précise Éric Padiolleau, du Cetim. La viscosité moindre de l’eau permet en effet d’améliorer les performances énergétiques, en diminuant les pertes de charge. Par ailleurs, la suppression de l’huile facilite la maintenance et le recyclage.

Des verrous technologiques levés

Pour la société Fluid Hydr’eau, qui a démonté entièrement le circuit hydraulique pour le remplacer par un autre fonctionnant à l’eau, tout en conservant les vérins, le plus gros du challenge était « d’utiliser des composants du commerce, pour appréhender les difficultés de mise en application » de telles solutions. Or, les matériels fonctionnant à l’eau présentent des caractéristiques très différentes de ceux utilisant de l’huile. «  Nous avons été obligés d’installer trois pompes. Une pour chacun des trois mouvements (rotation, avance et manœuvre du bras), alors que les pelles standard disposent d’une seule pompe à débit variable », explique Eric Padiolleau.

Les moteurs à eau présentent également un volume et un couple plus faible qu’un moteur à huile. Pour augmenter leur capacité et les intégrer dans les contraintes spatiales de la pelleteuse, ils a donc fallu les équiper de réducteurs. La meilleure solution a consisté à utiliser un réducteur à axes parallèles pour déporter l’axe du moteur hydraulique et disposer de plus de place. « Pour la translation de la pelle, nous avons utilisé le réducteur existant, mais avec des pièces en inox afin d’éviter la corrosion », précise Pierre Mabilon, de Fluid Hydr’eau. La distribution, elle, est entièrement en clapets inox.

Essai à transformer

La minipelle a été testée sur un terrain d’essai de Volvo, avec succès. Des ajustements techniques restent encore nécessaires. Des travaux sont menés pour rendre l’engin conforme aux exigences légales. Pour voir se généraliser des engins hydrauliques tournant à l’eau, il reste aussi à parfaire l’équation économique. La machine coûte deux fois plus cher qu’une pelle classique, notamment à cause de l’utilisation de l’inox. Reste que pour les plus gros engins qui embarquent 10 000 litres de fluides, la question mérite d’être posée.

Hugo Leroux

Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur