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La Lune resurgit des profondeurs en 3D

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Par publié le à 01h06

La Lune resurgit des profondeurs en 3D

Faciliter le travail des archéologues grâce à la 3D immersive

348 ans après son naufrage au large de Toulon, le vaisseau amiral du Roi Soleil va être exploré par les archéologues de la DRASSM. Cette opération va permettre de tester de nouvelles méthodes de fouille à grande profondeur, ou la 3D et la réalité virtuelle développées par Dassault Systèmes vont aider à piloter les robots sous-marins.

06 novembre 1664, la Lune, vaisseau amiral de Louis XIV, mais véritable baille faisant eau de toute part, coule au large de Toulon avec près d’un millier d’hommes à bord, simples matelots ou nobles de très haute lignée. Le pouvoir, souhaitant étouffer l’échec de l’expédition de Djidjelli à laquelle elle avait participé sur les côtes barbaresques (Afrique du Nord), tait l’affaire qui est rapidement oubliée …

… 1993, lors d’une plongée d’essai, le sous-marin Nautile de l’Ifremer découvre par hasard l’épave qui git par 90 mètres de fond. Trop profond alors pour mener une opération d’archéologie sous-marine …

… 2012, les innovations technologiques sont enfin réunies pour permettre l’exploration du vaisseau.

En collaboration avec la Marine nationale, Michel L’Hour, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) dépendant du Ministère de la Culture, et dont la renommée internationale dans le domaine de l’archéologie sous-marine n’est plus à faire, va diriger cette exploration d’une épave considérée aujourd’hui comme unique au monde.

Tester les méthodes de fouille du futur

L’épave va faire l’objet d’une enquête archéologique exceptionnelle, mariant le savoir des archéologues et un dispositif technique inédit. L’objectif de Michel L’Hour est de faire de la Lune un banc d'essai des techniques qui permettront de mieux protéger et explorer le patrimoine que représentent les épaves. Il veut à terme utiliser les techniques de réalité virtuelle 3D pour piloter en temps réel des robots qui dégageraient et collecteraient, couche après couche, les pièces à remonter à la surface. Bref organiser des fouilles sans plongeur.

Pour cela, Dassault Systèmes, qui a déjà collaboré à des projets consacrés au patrimoine historique, tels que Paris 3D, Kheops Révélé ou la reconstitution en 3D du plateau de Gizeh, va apporter ses compétences en simulation et en 3D immersive, en participant à la mission ‘‘Opération Lune - L’épave cachée du Roi Soleil’’.

Pour lui, l’objectif d’une telle reconstitution est triple :
 

  • Permettre aux archéologues et chercheurs associés (historiens, cartographes…), qui ne peuvent pas se rendre sur la fouille compte tenu de sa difficulté d’accès, de visiter virtuellement dans des salles immersives et à l'aide de casques de réalité virtuelle le site de l’épave de la Lune, reconstitué en 3D à partir des données réelles du terrain ;
  • Optimiser les interventions des archéologues sous-marins dans le monde réel et leur permettre de disposer, à terme, des moyens scientifiques pour analyser les épaves gisant à grande profondeur. Aucune d'entre elles n'ayant pu à ce jour être réellement fouillée ;
  • Inviter les internautes à devenir des archéologues sous-marins en herbe grâce à un site internet où l’on retrouvera cette reconstitution virtuelle.


Par contre, on n’en est pas encore à piloter en temps réel les robots sous-marins à partir des outils de réalité virtuelle. Déjà, il faut faire un relevé 3D extrêmement précis du fond pour permettre aux archéologues de s'y déplacer virtuellement, afin de préparer les interventions. Un fond qui évolue en permanence au fur et à mesure que la fouille avance. « L'acquisition des données n'était jamais garantie. Nous avons par exemple réussi in extremis à capturer deux zones très précises », constatait Cédric Simard, directeur du projet pour Dassault Systèmes, lors d’une mission exploratoire menée sur site début octobre. De plus, le temps de traitement de ces relevés pour créer des images 3D reste considérable. « Nous pourrons les mettre à disposition des archéologues d'ici un mois ».


                                        

                                      Reconstruction 3D par l’équipe de Dassault Systèmes 
                                                d’une bouteille en céramique remontée 
                                                             de l’épave de la Lune



Cette fouille sera filmée, dans les conditions du direct, par la société Grand Angle Production, à l’aide d’un dispositif multi-cam terrestre et maritime exceptionnel, pour faire de ce site un véritable studio de cinéma. Ainsi, trois bateaux positionnés dynamiquement au-dessus de l’épave, circonscrite dans un rectangle de 40 mètres par 10, serviront de support à des robots sous-marins équipés d’éclairages et de caméras 3D de dernière génération.

L’ensemble de cette opération de fouille fera l’objet d’un documentaire de 90 minutes, réalisé par Pascal Guérin, qui sera diffusé dimanche 23 juin 2013 à 20h45 sur Arte.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.arte.tv/secrets-de-la-lune

 

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