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« La fuite en mer du Nord était totalement évitable », selon une entreprise britannique

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Par publié le à 12h12

« La fuite en mer du Nord était totalement évitable », selon une entreprise britannique

Des bouchons à toutes épreuves

La société BiSN Technologies Ltd a mis au point une technologie innovante pour sceller les puits pétroliers et gaziers en fin de vie. Cette technologie serait bien plus robuste que les méthodes traditionnelles, comme celles déployées sur le puits de Total de la plate-forme d’Elgin.

La fuite de gaz sur la plate-forme d’Elgin aurait pu être évitée si Total avait investi dans des techniques de bouchage de puits plus évoluées. Voilà, en substance, l'analyse d’experts de la firme britannique BiSN Technologies Ltd, publiée dans un communiqué diffusé par MarketWire.

Lorsque les puits pétroliers et gaziers atteignent leur fin de vie économique – c’est-à-dire lorsque la quantité d’hydrocarbures extraite n’est plus rentable par rapport aux coûts d’exploitations –, ceux-ci sont scellés et abandonnés. La méthode employée consiste alors à obturer le puits grâce à un bouchon d’acier (bridge plug) par lequel on injecte du ciment. « Cette méthode utilisée par l’industrie est dépassée et inadaptée », dénonce Paul Carragher, directeur général de BiSN Technologies Ltd.

Un nouvel alliage

En cause selon BiSN : les sulfates présents dans les puits d’hydrocarbures. Sous l’action de certaines bactéries, le soufre qu’ils contiennent est réduit en acide (H2S). La corrosion qui en résulte attaque l’acier et le béton. C'est pourquoi BiSN a développé un alliage à base de bismuth résistant à la corrosion. Par ailleurs, le bismuth est un des rares éléments – comme l’eau – à se dilater fortement en solidifiant.

Le procédé de BiSN technologies consiste à fondre cet alliage sur place et l’injecter directement en fond de puits. D’une viscosité proche de celle de l’eau, celui-ci s’infiltre dans les moindres anfractuosités et colmate ainsi le puits en solidifiant. Selon la firme britannique, ce bouchon supporterait des pressions proches de 50 000 psi (3 500 bars), supérieures aux capacités des solutions actuelles.

Adapté au gaz comme au pétrole

La méthode a été développé avec l’aide du Virtual Engineering Centre, rattaché à l’Université de Liverpool, dont les outils de simulation numérique ont permis de valider le comportement physico chimique du fluide. « Elle est adaptée aussi bien aux puits de gaz que de pétrole », affirme le Dr Anthony Robotham, directeur exécutif du centre.

La fuite chez Total s’est déclarée en tête du puits G4 d’Elgin, qui avait été scellé depuis plus d’un an. Elle est estimée à quelque 200 000 mètres cube de gaz par jour. Le gisement d’Elgin présente des conditions d’exploitation extrêmes, dites "haute pression/haute température". La source de gaz y atteint des températures de 180°C pour des pressions d’environ 1 100 bars. Des valeurs qui ne font pas peur à BiSN Technologies.

Hugo Leroux
 

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