Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

"La culture software s'imposera dans les réseaux électriques"

| | | | | |

Par publié le à 15h53

La culture software s'imposera dans les réseaux électriques

Patrick Plas a été nommé directeur de la divisions

Les ingénieristes Alstom, ABB et Siemens se préparent à une véritable guerre d’innovation pour bâtir les réseaux électriques du futur. Pour Patrick Plas, directeur de la divisions "électronique de puissance et automation" chez Alstom Grid, cette guerre se gagnera d'abord sur le terrain du logiciel, capable de rendre les infrastructures électriques plus souples et plus sûres.

L’avenir des réseaux électriques, s’écrit sur deux fronts : d’une part la construction d’« autoroutes de l’électricité », et d’autre part l’expérimentation de réseaux intelligents à l’échelle locale. En termes de stratégie industrielle, faudra-t-il choisir entre "supergrid" et "microgrid" ?

Il n’y a pas d’opposition entre ces deux logiques. Il faut être capable de construire des « autoroutes énergétiques » pour acheminer, à moindre pertes, l’électricité sur de grandes distances. Ces projets, qui reposent sur les technologies de haute tension en courant continu (HVDC), sont déjà un marché florissant. Alstom Grid vient par exemple d’annoncer un très gros contrat pour la construction d’une ligne HVDC qui transporte l’électricité à 800 kV de tension sur une distance de 1400 km en Inde.

D’un autre côté, il faudra aussi être capable d’harmoniser, à l’échelle locale, des technologies d’avenir comme les énergies renouvelables, les écoquartiers ou la recharge des voitures électriques. Au total, Alstom est impliqué dans 51 projets pilotes pour expérimenter les différents aspects de ces smart grids. Les technologies et les modèles économiques sont plus embryonnaires, mais il est tout aussi indispensable de les développer.

La distribution d’électricité sur les réseaux basse tension n’est pas le cœur de métier d’Alstom. Sur ces « microgrids », comment faire la différence face à ABB et Siemens ?

Il y a un point commun entre les « supergrid » et microgrids » : il faudra de toute manière apporter de l’intelligence pour gérer en temps réel la complexité de ces nouveaux réseaux.  La différence se fera moins sur  la distribution et le transport électrique que sur les couches logicielles que l’on y apportera.

Pour la distribution basse tension, Alstom a établi des alliances. En matière d’innovation, nous mettons plutôt l’accent sur la culture "software". Elle est en train de remodeler l’identité de la société. Le monde des télécoms, duquel je viens, a déjà effectué la transition. Le software y représente maintenant 90% de l’innovation. Il arrivera la même chose dans les réseaux électriques.

Le virage énergétique de l’Allemagne va imposer au pays une modernisation drastique de son réseau électrique. Les gagnants du marché allemand prendront-il une longueur d’avance ?

La sortie du nucléaire allemande s’est fait de manière rapide mais désordonnée sur le plan industriel. Nos concurrents ont par exemple connu des déboires sur le raccordement au réseau continental des champs éolien en mer. Depuis, les opérateurs allemands ont estimé à 32 milliards d’euros la modernisation du réseau électrique national.

Cela a constitué une prise de conscience. Le marché, appuyé par les pouvoirs publics, semble enfin se structurer. Cela signifie qu’il y aura une meilleure visibilité pour sur les appels d’offre. Alstom pourrait tout à fait jouer sa carte sur des chantiers comme l’éolien offshore ou le développement des liaisons censées acheminer l’électricité du Nord vers le Sud du pays.

Propos recueillis par Hugo Leroux.
 

Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur