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La chaîne critique : mettez vos projets sous contrôle

Publié le à 00h00

Issue de la théorie des contraintes, la chaîne critique est un outil de management de projets et de portefeuilles de projets. Grâce à cette méthode, l'entreprise peut réduire de l'ordre de 40 % la durée de ses projets et améliorer fortement le respect des délais avec d'importants gains de productivité.

Les trois règles de la chaîne critique.

Elle désigne d'abord une méthode de gestion de projets. Elle représente aussi l'enchaînement le plus long qui prend en compte l'interdépendance entre les tâches et les ressources ainsi que les contraintes de capacité.

DIMINUER LE NOMBRE DE PROJETS

L'encours de projets doit être adapté à la capacité de l'entreprise. Celle-ci est définie par la contrainte de la société, c'est-à-dire la ressource humaine ou matérielle la plus surchargée et souvent commune à tous les projets.

PROTÉGER LES PROJETS ET RÉDUIRE LES TEMPS DE CYCLE

Lors de la planification, les marges de temps accordées à chaque tâche sont mutualisées et mises à la fin du projet. Ce qui se traduit par une diminution de la durée du tampon de protection du projet (marge globale) et une amélioration de la tenue contre les aléas.

PILOTER LES PROJETS PAR DES INDICATEURS PERTINENTS

La chaîne critique définit un nouvel indicateur que le chef de projet utilise pour mieux appréhender l'avancement de son projet et les risques de dépassement de délai. Cet indicateur mesure le pourcentage de consommation du tampon de protection du projet par rapport à l'avancement de la chaîne critique du projet.

À QUOI ÇA SERT ?

La chaîne critique s'applique à tout type de projet : développement de produits ou process, BTP, informatique, maintenance et rénovation...

Rationaliser la durée surestimée des tâches. Les expériences négatives du passé et les exigences de la hiérarchie poussent les ressources à ajouter une marge de sécurité à chaque tâche. En mutualisant ces marges à la fin du projet, la chaîne critique réduit la durée totale du projet.

Limiter le multitâche. La multiplication des projets incite les ressources à réaliser plusieurs tâches en même temps. Cette habitude ralentit la réalisation de chaque tâche. La chaîne critique limite d'une part le nombre de projets en cours et d'autre part le nombre de tâches à exécuter en parallèle sur un même projet.

Éviter le démarrage des travaux au dernier moment.Avec la chaîne critique, une courte durée des tâches incite les ressources à commencer au plus tôt.

Supprimer l'effet Pavarotti. Il devient possible de prioriser les projets et d'affecter les ressources sur des bases factuelles et non en fonction de celui qui « crie le plus fort ».

COMMENT LE METTRE EN OEUVRE ?

Avoir un soutien sans faille de la direction. Pour réaliser un changement de culture important il faut, par exemple, admettre que l'optimum global n'est pas la somme des optimums locaux.

Nommer le garant de la méthode. Il sera en charge de la mise en place de la chaîne critique puis du pilotage du portefeuille de projets (indicateurs, avancement, etc.).

Faire adhérer l'ensemble du personnel à la démarche. Préciser les rôles et responsabilités de chaque acteur du projet, ainsi que la nouvelle façon de manager les projets.

Identifier la ressource goulot ou la contrainte. Comme toute la théorie des contraintes, une des clés est l'identification et la gestion de deux types de ressources distinctes : les goulots et les non-goulots.

Créer l'ensemble des indicateurs/plannings selon la méthode et installer un logiciel de gestion de la chaîne critique.

Tester la méthode sur un projet pilote. L'étendre dès que possible à l'ensemble du portefeuille de projets.

L'AVIS DE L'EXPERT

PHILIP MARRIS

DIRECTEUR GÉNÉRAL

DE MARRIS CONSULTING

« Boeing Dreamliner, tunnel sous la Manche, Bibliothèque nationale... Nous avons pris l'habitude de voir régulièrement échouer les projets : délais non tenus, dépenses très supérieures au budget initial, etc. Même si cette approche a fait ses preuves aux États-Unis ces 15 dernières années, il n'y a que quelques mises en oeuvre en France à ce jour. Il ne faut pas craindre d'être pionnier. »

LES PIÈGES À ÉVITER

Critiquer une ressource qui est « en retard » par rapport aux durées prévues. C'est désormais normal ; ce qui compte c'est le délai du projet dans son ensemble.

Ignorer la gestion des risques. Il faut compléter la démarche par une gestion des risques car la chaîne critique se concentre sur la synchronisation des tâches et le respect du délai final.

Ne pas oser une très forte réduction des délais (>40 %). Les durées prévues des projets sont redéfinies presque arbitrairement lors du basculement : il faut avoir le courage d'opérer une rupture sinon les résultats ne seront pas au rendez-vous.

Ne pas oser réduire fortement le nombre de projets en cours.

Retourner dans les travers du management de projets traditionnels. La tentation est grande d'augmenter la durée des tâches ou le nombre de projets en cours dès les premiers résultats obtenus.

Pour aller plus loin : www.chaine-critique.com

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