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La cafetière italienne entre dans l’histoire

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Par publié le à 19h11

La cafetière italienne entre dans l’histoire

Un design intemporel qui n'a pas changé depuis 1933.

Déjà vendue à plus de 300 millions d’exemplaires, la Moka Express est l’un des symboles du savoir-vivre à l'italienne. L’un de ses pères, Renato Bialetti, vient de décéder et l’a choisie comme sépulture.

La cafetière à expresso Moka Express est l’un des symboles du savoir-vivre à l'italienne, à tel point que cette macchinetta (petite machine) est appelée souvent cafetière italienne. Cet ustensile né dans les années 30 est devenu un objet design exposé dans de nombreux musées d'art moderne à travers la planète.

On trouve à l’origine de cet objet familier Alfonso Bialetti, un ingénieur italien qui après avoir travaillé une dizaine d’année dans l'industrie française de l'aluminium au début du 20e siècle, était retourné en Italie pour créer en 1919 à Crusinallo, dans son Piémont natal, une fonderie d’aluminium travaillant en coquilles. Mais passionné de design, il transforme rapidement sa fonderie en un studio de design travaillant toutefois principalement autour de l’aluminium.

C’est ainsi qu’il a l’idée en 1933 de créer une cafetière à expresso que l’on peut utiliser chez soi sur le coin de la cuisinière. Le corps est bien entendu en aluminium avec une poignée en bakélite. L’usage de l’aluminium est alors très novateur pour les ustensiles domestiques et le design de la cafetière à 8 facettes, très Art déco, a certainement été influencé par les travaux des designers en vogue à l’époque travaillant dans ce secteur comme Josef Hoffmann, Jean Puiforcat, Luigi Genazzi ou Henin frères.



  L'omino con i baffi
La Moka Express part à la conquète du monde

Jusqu’en 1940, les ventes restent locales puisqu'Alfonso Bialetti commercialise ses cafetières uniquement sur les marchés. Il vendra tout de même 70 000 cafetières en 6 ans. Malheureusement la Seconde Guerre mondiale va rendre le café et l’aluminium très rares et Alfonso Bialetti est obligé de mettre ses affaires en sommeil. En 1946, son fils, Renato Bialetti, prend les rênes de l'entreprise. Il axe sa production sur un seul produit : la Moka Express. Il lance une grande campagne d’affichage publicitaire dans la région de Milan, puis dans toute l’Italie, allant même jusqu’à faire de la publicité à la télévision. On voit aussi à la Fiera di Milano de 1956 une reproduction géante d'une Moka Express en train de verser un expresso.

Le succès est au rendez-vous, allant même jusqu’à susciter des vocations de contrefacteurs. Aussi Renato Bialetti comprend vite qu’il lui faut miser sur un marketing fort s’il veut assurer la pérennité et le succès de la marque Bialetti. Et comme il ne manque pas d'humour, cela passe par un logo facilement mémorisable, ce sera l'omino con i baffi, le petit homme à la moustache, qui est sa caricature créée par le dessinateur Paul Campani. Pour assurer la production Bialetti se dote dès 1956 d’une usine ultra-moderne à Omegna (Piémont).

La gamme s’élargit pour couvrir des capacités de 1 à 18 tasses de 50 ml. En 1986, Renato Bialetti prend sa retraite et cède ses parts dans l'entreprise au groupe Faema. La marque conserve toujours le design qui a fait son succès et n'a pas pris une ride, mais suit l'évolution des technologies en proposant par exemple depuis 2010 des modèles compatibles avec les plaques à induction. Par contre depuis 2010, l'usine historique d'Omegna a été fermée et la production délocalisée en Turquie, en Inde et en Roumanie. Plus de 300 millions de Moka Express ont été fabriquées à ce jour.


               Clin d'oeil à la mort, il a choisi une Moka Express comme dernière demeure

Renato Bialetti est décédé le 11 février dernier à l’âge de 93 ans. Et comme un pied-de-nez à la mort, il a demandé à ce que ses cendres soient placées dans une Moka Express, ce symbole du savoir-vivre à l'italienne, avant de rejoindre sa sépulture. Ce qui fut fait.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.bialetti.com/

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