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L'utilisation de CRISPR-Cas9 sur des embryons humains autorisée au Royaume-Uni

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Par publié le à 10h47

L'utilisation de CRISPR-Cas9 sur des embryons humains autorisée au Royaume-Uni

La manipulation génétique d’embryons humains a été autorisée au Royaume-Uni pour une équipe de chercheurs. De quoi relancer les débats sur le caractère éthique de telles recherches, dont la possibilité technique est permise grâce à la technique Crispr-Cas9.

Le Royaume Uni a donné son autorisation de manipuler génétiquement des embryons humains à des chercheurs de l’Institut Francis Crick, à Londres. Ces manipulations sur l’embryon ont pour principal objectif de mieux comprendre les échecs du développement embryonnaire lors de tentatives de procréation médicalement assistée (PMA). Les échecs sont encore en effet nombreux pour cette technique. Ainsi en France, d’après l’Inserm, les chances de grossesse sont estimées à 13 à 30% par tentative. Les chercheurs n’auront pas le droit de réimplanter les embryons sur lesquels ils ont travaillé dans un utérus. L’objectif de ces travaux est d’inactiver des gènes intervenant dans le développement embryonnaire précoce, dans les premiers jours suivant la fécondation. Les chercheurs arrêteront les expériences au bout de sept jours, quand le blastocyste contiendra au maximum 256 cellules, et les embryons seront détruits.

Ils bénéficient en cela des progrès notables dans la manipulation du génome permis par la technique Crispr-Cas9, dont le mode d’emploi a été délivré par une Française Emmanuelle Charpentier et une américaine Jennifer Doudna, en 2012. Nous décrivons plus détail la technique ici.  Kathy Nathian, qui dirigera les travaux à l’Institut Francis Crick a déjà fait savoir qu’elle utilisera cette technique.

De fortes craintes sur une dérive éthique

La technique Crispr est depuis quelques mois l’objet d’importants débats sur la reconnaissance de son véritable « inventeur ». L’enjeu est d’autant plus important que la technique est aujourd’hui adoptée partout dans le monde tant elle vient bouleverser les manières de procéder. Et celui ou ceux qui seront reconnus comme ses véritables parents ont de bonnes chances de figurer dans le palmarès des prix Nobels. Crispr est en outre l’objet d’intenses débats bioéthiques. La technique Crispr-Cas9 a en effet déjà été utilisée sur des embryons humains, mais jusqu’ici sans aucun cadre légal. En 2015, des chercheurs chinois avaient annoncé qu’ils avaient utilisé cette technique avec succès pour corriger un gène responsable d’une maladie dans des embryons humains.

Dès le début de l’année 2015, des chercheurs s’inquiétaient dans les lignes des prestigieuses revues Science et Nature des recherches effectuées sur les embryons et les cellules germinales humaines (cellules sexuelles, spermatozoïdes, ovules). Certaines équipes auraient en effet franchi le pas au Royaume-Uni, en Chine, ou encore aux Etats-Unis, sans que cela n’y soit formellement interdit. En France, en revanche, les manipulations du génome humain sont formellement interdites. Des scientifiques travaillent sur l’embryon humain. Ces scientifiques exprimaient leur crainte que la modification génétique d’embryons n’ouvre la porte à la possibilité de créer des bébés génétiquement modifiés, qui en outre pourront transmettre ces modifications à leur descendance.

Les manipulations génétiques des embryons sont très différentes des recherches classiques effectuées par exemple en France. Le génome de l’embryon n’est pas modifié directement, mais des cellules souches embryonnaires (dotées de gènes pathologiques ou non) prélevées sur les embryons sont placées en culture. Elles se multiplient alors spontanément en conservant leur état indifférencié. En modifiant les conditions de culture il est possible d’induire et d’orienter leur différenciation vers tel ou tel type de cellules spécialisées.

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