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L’intelligence artificielle des systèmes critiques se développe à Toulouse

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Par publié le à 09h59

L’intelligence artificielle des systèmes critiques se développe à Toulouse

L'IRT Saint-Exupéry, à Toulouse, s'apprête à donner le coup d'envoi à un grand projet de recherche technologique en IA (Intelligence Artificielle) pour l'aéronautique, l'espace et les systèmes embarqués. Un partenariat franco-canadien donnera bientôt une ambition internationale à l'initiative toulousaine.

Les développements récents autour du « machine learning » et du « deep learning » ont ouvert de nouvelles perspectives en termes de performances pour les systèmes embarqués, mais encore faut-il être en mesure d'en assurer la robustesse. Le projet DEEL, pour DEpendable & Explainable Learning, sera lancé officiellement à Toulouse en septembre prochain par l'IRT Saint-Exupéry. Doté d'un budget de plus de 15 millions d'euros pour une durée de 5 ans, ce grand projet de recherche technologique (le plus grand projet collaboratif conduit par l'IRT Saint-Exupéry) compte associer dans une même dynamique des industriels et des laboratoires de recherche pour conduire à maturité des technologies d'intelligence artificielle pour les amener au stade de l'embarquement sur avions, engins spatiaux et véhicules terrestres de nouvelles générations. « Notre ambition est de proposer aux industriels de l'aéronautique, de l'espace et des systèmes embarqués, des briques technologiques et des outils d'IA fiables et « certifiables », notamment dans les domaines du traitement d'images ou du positionnement », souligne Ariel Sirat, directeur général de l'IRT Saint-Exupéry.

Vers une « FactorIA »

Si le premier objectif de DEEL est de créer de la connaissance scientifique mondialement reconnue pour offrir aux industriels des garanties de fiabilité et de robustesse, le deuxième objectif est de créer au sein même du projet les conditions de transfert rapide de ces travaux vers les partenaires industriels. Ce volet spécifique de DEEL, baptisé « FactorIA », doit permettre sur des formats courts d'aller très concrètement vers la mise en œuvre de POC (preuve de concept), issus de cas d'usage industriels. « Nous veillerons au sein de la gouvernance même du projet à ce que les industriels puissent ainsi tirer partie en quasi temps réel des dernières avancées du projet », insiste Ariel Sirat.

Des gros industriels partenaires

Plusieurs grands industriels de l'aéronautique, du spatial et de l'automobile ont déjà répondu présent, parmi lesquels le constructeur aéronautique Airbus et sa division Airbus Defence and Space, le groupe Thales, le Cnes, ou encore le groupe Continental. Côté recherche publique, DEEL embarque le CIMI (Centre International de Mathématiques et d'Informatique), qui associe à Toulouse l'IMT (Institut de mathématiques de Toulouse) et l'IRIT (Institut de Recherche en Informatique de Toulouse), mais aussi le LAAS-CNRS et des équipes de l'ISAE (Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace) et de TSE (Toulouse School of Economics). « D'autres partenaires devraient confirmer prochainement leur participation, dont des grands équipementiers de l'aéronautique et un constructeur automobile », confie Gilbert Casamatta, président de l'IRT Saint-Exupéry.

Une équipe à Toulouse et Montréal

DEEL s'inscrit par ailleurs dans le cadre d'un partenariat signé entre l'IRT Saint-Exupéry, l’Institut de Valorisation des données (IVADO) et le Consortium de Recherche et d’Innovation Aérospatiale du Québec (CRIAQ), à Montréal. Côté canadien, le projet devrait être lancé au début de l'année prochaine, avec un budget du même ordre de grandeur que le volet français. D'ici quelques mois, l'équipe projet, qui associera des chercheurs, des ingénieurs de l'industrie, des spécialistes de la sûreté de fonctionnement, mais aussi des experts de la certification, des data scientists de classe mondiale et des « geeks », sera bi-localisée à Toulouse et à Montréal. Pour favoriser les synergies et multiplier les passerelles entre les écosystèmes toulousains et québécois en matière d'IA, une gouvernance commune du projet devrait être mise en place, avec des programmes d'échanges de personnels (chercheurs, doctorants et post-doctorants) et l'organisation d'événements communs, de types conférences scientifiques, mais aussi workshops avec les industriels partenaires.

Avec cette double ambition nationale et internationale, le projet DEEL devrait certainement contribuer à pousser fort la candidature toulousaine dans la course ouverte pour accueillir l'un des futurs Instituts Interdisciplinaires d'Intelligence Artificielle (Instituts 3IA), chers au député et mathématicien Cédric Villani. La création prochaine a été annoncé par le président de la République Emmanuel Macron au mois de mars dernier dans le cadre de son nouveau plan national sur l'Intelligence artificielle.  

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