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« L'innovation est liée à l'espace de jeu qu'on laisse aux gens », Sylvie Guinard (ESTACA)

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Publié le à 07h04

« L'innovation est liée à l'espace de jeu qu'on laisse aux gens », Sylvie Guinard (ESTACA)

Sylvie Guinard, présidente de Thimonnier et vice-présidente de la Fédération des industries mécaniques.

Chaque semaine, Industrie & Technologies prend les chemins de traverse et donne la parole à des personnalités qui ont l'innovation dans la peau. En 12 questions, ces personnes du monde de l'industrie tirent le portrait de cette discipline. C'est le point de vue de Sylvie Guinard, présidente de Thimonnier depuis 2009, que nous vous présentons aujourd'hui. Cette ingénieure de l'École supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile (ESTACA) est lauréate d'or du Trophée national des femmes chef d'entreprise 2016. Depuis juin 2016, elle est également vice-présidente de la Fédération des industries mécaniques.

Si l'on vous dit innovation, spontanément, vous répondez ?

Cela me fait penser à l'aventure et à la création. L'innovation ne doit pas forcément être de la rupture mais elle a toujours le côté enthousiasmant de la découverte de l'inconnu. C'est vraiment quelque chose qui s'ouvre avant tout aux curieux.

Votre dernière rencontre avec l'innovation, c'était quand et où ?

C'était lors de ma dernière réunion, dont je sors à l'instant ! J'ai l'impression de baigner dans l'innovation tout en passant d'un projet à l'autre. En ce moment, nous équipons une machine d'emballage agro-alimentaire avec une intelligence artificielle afin qu'elle s'auto-adapte et s'auto-optimise. C'est particulièrement intéressant de voir la machine réagir en autonomie, car le travail avec des sachets flexibles (Doypack) nous oblige à plus d'inventivité.

Quelle innovation avez-vous dans la poche ?

Le smartphone, évidemment. Mais c'est surtout pour sa capacité à m'apporter de l'information à tout moment que je l'apprécie. J'adore comprendre les choses, c'est mon côté ingénieur, alors je sors sans cesse mon téléphone pour vérifier tout et n'importe quoi. C'est une formidable fenêtre sur le monde de la connaissance.

Votre innovation préférée ?

Mon hamac ! (Rire) En ce moment, je suis fascinée par les recherches pour cartographier le cerveau. L'outil principalement utilisé est l'imagerie par résonance magnétique (IRM), alors je pense que c'est celle-ci qui est mon innovation préférée du moment.

Et celle que vous détestez ?

Je dirais les émissions de télé-réalité. Je ne sais pas si l'on peut vraiment parler d'innovation mais on n'a rien fait de pire pour « bêtifier » les gens et les éloigner des véritables rapports humains.

Si vous deviez remettre le Nobel de l'innovation, quelle personnalité récompenseriez-vous ?

Hum, je pense plutôt l'innovation comme une approche collective. J'aurais du mal à remettre un prix unique à une personne ou une entreprise pour une innovation que je pense commune.

La qualité qu'il faut cultiver pour innover ?

La curiosité. Sans curiosité, on ne cherche pas à sortir des sentiers battus. Je prends beaucoup de plaisir à exercer ma curiosité mais c'est pourtant difficile à travailler. Certains préfèrent l'expertise et le perfectionnement, c'est nécessaire aussi, mais cela devient aussi plus dur d'innover.

Et le défaut qu'il faut corriger ?

Être trop sûr de soi. Il y a une vraie part d'inconnu dans l'innovation et il faut de l'humilité pour l'accepter.

Citez un livre qui vous a inspiré en matière d'innovation ?

J'ai beaucoup de lectures très différentes mais je n'ai rien que je pourrais rapporter à l'innovation... si ce n'est les récentes découvertes en physique quantique.

En matière d'innovation, vous êtes plutôt...

…start-up ou grand groupe ?

Aucun des deux. Je pense que l'innovation n'est liée ni à l'un, ni à l'autre. Elle est liée à l'espace de jeu qu'on laisse aux gens. Peu importe la structure, il faut laisser le droit à l'erreur. Je suis d'ailleurs très critique face au monde des start-up. Les grands groupes, eux, ont un cadre qui donne facilement accès aux experts capables d'innover. Mais ce cadre peut être très lourd et doit souvent être transformé pour offrir plus de liberté.

…technologie ou service ?

Plutôt technologie. C'est ce que l'on fait aujourd'hui chez Thimonnier mais il est aussi vrai que, petit à petit, on se dirige vers de plus en plus d'innovations sous forme de service. Cela ne s'adapte pas à tout, malgré tout.

...continue ou disruptive ?

Un peu des deux, ici aussi. L'amélioration des technologies existantes nous permet de faire du disruptif. Tout s’accélère aujourd'hui et on fait des bonds là où l'on faisait encore des petits pas lorsque je commençais ma carrière. Il n'y a qu'à voir l'évolution de la répartition du prix d'une machine. Avant, c'était 60 % de matériel et 40 % de main d’œuvre. Aujourd'hui, c'est plutôt 90 % de  mécatronique et 10 % de coût de montage et d'installation.

Enfin, de quelle innovation rêvez-vous (pas seulement la nuit) ?

J'adorerais que l'on découvre un moyen de se téléporter et de voyager dans l'espace-temps.

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