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L’industrie photovoltaïque française cherche à rebondir

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Par publié le à 03h16

L’industrie photovoltaïque française cherche à rebondir

Relancer la machine

A l’occasion du colloque national photovoltaïque, s’est tenue une table ronde sur le thème : mettre l’innovation et le développement industriel au cœur des décisions.
Principal enseignement : une politique d’innovation audacieuse sera capitale pour sortir de la crise qui secoue la filière. Inventaire des propositions.
 

Le moral n’est pas au beau fixe dans la filière photovoltaïque. Personne ne le niait à l’entrée du Colloque national photovoltaïque 2012, qui s’est tenu à paris le 04 avril. Entre la baisse des tarifs d’achat de l’électricité sur les marchés moteurs de l’Europe (Allemagne, Italie), et la concurrence féroce des acteurs chinois, les industriels doutent. Dernier naufrage en date : celui du géant allemand Q-Cells.

« Les états ne soutiendront pas une industrie qui peine à atteindre la maturité économique. Nous, industriels, ne pouvons compter que sur nous-mêmes. A nous de nous montrer lucides et offensifs », a exhorté André Antolini, président de l’association France PV Industrie, en introduction de la table ronde intitulée ''Mettre l’innovation et le développement industriel au cœur des décisions''. A moyen terme, le photovoltaïque a pourtant toute ses cartes à jouer. Face à la contraction du marché européen, ceux des pays émergents sont en plein boom. « Le photovoltaïque constitue déjà une source d’électricité compétitive dans certaines régions du monde », a souligné André Antolini.

La course au rendement

La filière industrielle photovoltaïque française se trouve dans une période charnière. Comment la surmonter ? En misant sur l’innovation, ont répondu les participants de la table ronde. «  La course aux volumes de production est perdue depuis que les chinois ont  investi massivement en 2007  », estime le PDG de Photowatt, Vincent Bes. Pour se démarquer, ce dernier insiste sur l’augmentation du rendement. Dépasser la barre des 20 % pour un photovoltaïque haut de gamme : «  la technologie historique polycristaline a encore un bel avenir », prévoit-il.

D’autres technologies balbutiantes

Deuxième constat partagé par les intervenants : il faut abaisser le coût global des installations. « On a tendance à se focaliser sur les performances des panneaux. Or, il s’agit de marchés encore jeunes, caractérisés par une concurrence féroce. D’autres métiers existent, de la conduite des systèmes à leur installation. Il y a là des gisements industriels qu’il faut développer », a souligné Claude Graff, conseiller à la direction générale des NTIC chez Schneider Electric. L’industriel français s’est spécialisé dans la transmission et la transformation de l’électricité du panneau à l’utilisateur.

Dans cette approche globale, de nombreuses  technologies possèdent une bonne marge de progression, comme celles relatives aux onduleurs. Autre secteur encore balbutiant : l’intégration des  technologies de l’information et des communications (TICS). Celles-ci s’avéreront indispensables pour le pilotage des systèmes, aussi bien que pour l’injection de leur production intermittente sur des réseaux électriques plus souples - les fameux Smart Grids.

S’adapter aux marchés émergents

Les industriels se tournent également vers les marchés émergents. « Nous développons notre offre sur les sites isolés. Des régions où un fort ensoleillement, couplé à l’absence de réseau électrique, rendent le photovoltaïque très compétitif », a pointé Benoît Rolland, directeur général de Tenesol. En partenariat avec l’Institut National de l’Energie Solaire (INES), l’industriel travaille notamment sur le stockage de l’électricité à l’aide de batteries pour l’auto-consommation.

S’appuyer sur une recherche de niveau mondial

Dernier point clé : l’importance capitale des partenariats académiques-industriels, saluée par tous les intervenants. La recherche française, INES en tête, développe dans le photovoltaïque des recherches de niveau mondial sur lesquelles les industriels peuvent s’appuyer. Ces collaborations,  scellées au sein des pôles de compétitivité et des clusters, fournissent un tremplin vers l’innovation. L’ancien fabricant de CD MPO a mis à profit ses compétences en chimie et sérigraphie pour reconvertir son site industriel dans la production de photovoltaïque. Il a salué les compétences technologiques des chercheurs de l’INES pour la mise en œuvre du projet.

« C’est une grande qualité des chercheurs français dans le photovoltaïque : ils ont toujours œuvré dans une optique de développement industriel », a salué Daniel Lincot, directeur de recherche au CNRS. De son côté, Jean-Marc Auffret, directeur des ventes du groupe Bosch, a déclaré vouloir développer des partenariats de R&D dans la région lyonnaise. L’industriel Allemand a récemment reconverti son site de Venissieux, qui fabriquait des pompes d’injection pour moteurs diesel, en une ligne de fabrication flambant neuve sortant 150 MW de modules par an.

Pour une véritable feuille de route

Le message délivré lors de cette table ronde était donc volontariste. Les industriels sont mobilisés. Ils peuvent s’appuyer sur une recherche excellente. Manque, de l’avis général, une politique énergétique ambitieuse et stable. « Nous attendons des pouvoirs publics une véritable feuille de route, sans arrêts intempestifs dans les appels à projet », a résumé Daniel de Poix, président de MPO. A l’heure de la réindutrialisation, le message aux présidentiables est clair.

Hugo Leroux

 

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