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L'architecture navale bretonne prépare les navires tout électriques

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Par publié le à 07h23

L'architecture navale bretonne prépare les navires tout électriques

NOé, un navire doté de piles à combustible, n'est pas encore prêt à faire face au déluge. Pour être autorisé à naviguer, il devra attendre une évolution réglementaire.

Dans le cadre du salon Euromaritime, qui se tient du 31 janvier au 2 février à Paris, le bureau d’architecture navale breton Coprexma présente ses deux derniers projets de navires de transport de passagers, Katel et NØé. Ils sont tous deux électriques, mais NØé présente une petite particularité : il est alimenté par des piles à combustible hydrogène. Une technologie qui n’a encore jamais été validée sur l’eau.

Dans la salle de bain, l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage. En mer, le mariage entre les deux éléments est déjà bien consommé : les navires sont propulsés par l’électricité depuis 1886 selon Siemens. Une électricité longtemps produite par des moteurs diesel, mais les évolutions des batteries électriques permettent aujourd’hui de repenser les navires. Deux projets viennent par exemple d’être présentés par le bureau d’architecture navale Coprexma, basé à Pont L’Abbé (29), lors du salon Euromaritime, qui se tient du 31 janvier au 2 février à Paris.

Katel, le premier projet, est un catamaran pouvant accueillir 120 passagers. Avec ses cinq tonnes de batterie lithium/cadium, environ 10% de sa masse, le navire présente deux heures d’autonomie à 5 nœuds (10 km/h). « C’est un navire adapté pour la navigation fluviale, dans les ports et les zones maritimes protégées », précise Jean-François Ansquer, directeur de Coprexma. « Il se recharge en une vingtaine de minutes une fois arrivé à destination. » Sa propulsion est en fait hybride. Deux groupes électrogènes à régime variable permettent d’effectuer des traversées plus longues, jusqu’à 20 nœuds (37 km/h) et, comme une voiture, de recharger ses batteries.

NØé présente une autre innovation : des piles à combustible hydrogène. « En fait c’est comme si l’on mettait 2 ou 3 voitures à pile à hydrogène dans un bateau », s’amuse Jean-François Ansquer. Le problème c’est qu’il reste des paramètres à valider pour avoir le droit de naviguer avec. Comment se comporte une pile en mer ? Comment effectuer le ravitaillement ? Et plus important encore, il faut prouver la non dangerosité du procédé. « En Europe, il est interdit d’utiliser sur un bateau des combustibles dont le point d’éclair est inférieur à 55°C. Mais celui de l’hydrogène est bien inférieur à zéro! » Coprexma espère démarrer prochainement une phase de prototypage pour évaluer la réactivité des piles et découvrir comment se formaliser avec la législation européenne.

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