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L’Airbus qui défie la pesanteur

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Par publié le à 15h37

L’Airbus qui défie la pesanteur

Il vous offre 22 secondes d'apesanteur à chaque parabole

Novespace vient d’effectuer le premier vol scientifique de son nouvel Airbus Zéro-G. Cet ancien A310 de transport VIP de la flotte gouvernementale de la Luftwaffe prend la succession d’un A300 qui a servi pendant 18 ans et qui vient de prendre la direction du musée. Mais tout a commencé avec une Caravelle Zéro-G dans les années 80. Petit voyage dans (presque) l’espace et dans le temps.

Dès la fin des années 50 l’Europe, et la France en particulier, songe à l’espace. Pour entraîner les astronautes à ces conditions de vol très difficilement reproductibles sur terre, le Centre d’essais en vol (CEV) de la Délégation générale de l’armement (DGA) envisage d’avoir recours à un avion effectuant des vols paraboliques, qui lors de la phase de descente reproduisent des conditions de microgravité pendant une vingtaine de secondes. Une pratique alors courante aux Etats-Unis pour l’entraînement des astronautes du programme Mercury.

Ces vols, bien que de courte durée, contribuent principalement aux avancées de la recherche, mais aident aussi au développement d’équipements spatiaux. Effectivement, pour beaucoup d’expériences embarquées, il n’est pas nécessaire d’aller dans l’espace car la durée d’apesanteur offerte par ces vols suffit à produire des résultats probants.

                           

La Caravelle Zéro-G

Finalement, ce n’est qu’en 1984 que le projet aboutira, lorsque le CEV affectera l’une de ses Caravelle à cette mission. Après des essais ayant pour but de valider la faisabilité, le Centre national d'études spatiales (CNES), réalise en 1987 un vol qui montre que cette Caravelle peut maintenir une pesanteur de 0,02 g pendant plus de 20 secondes. Les modifications permettant de recevoir des équipements d’essais et de mesure sont réalisées et les premiers vols paraboliques du CNES ont lieu en février 1989.

                             

               

La Caravelle Zéro-G, exploitée par Novespace, effectuera 50 campagnes d’essais jusqu'en juin 1995. Cela représente 130 vols et près de 4 000 paraboles, soit près de 24 heures de vol en impesanteur. Retirée du service en 1996, elle est maintenant au Conservatoire de l'air et de l'espace d'Aquitaine, à Bordeaux-Mérignac.

L’Airbus A300 Zéro-G

En 1996, c’est un Airbus A300 B2 qui a pris la relève, devenant l’A300 Zéro-G. Plus gros, il pouvait accueillir 40 passagers dans ses 200 m3 de volume dédiés aux expérimentations. Unique en Europe, c’était le plus gros appareil au monde réservé à ce genre d’activités. Il permettait d'effectuer des paraboles reproduisant les conditions de pesanteur martienne (0,38 g) et lunaire (0,16 g), ainsi que l’absence de gravité (0 g). Il effectuera 112 campagnes d’essais totalisant plus de 6 000 heures de vols et environ 13 000 paraboles représentant 70 heures d’apesanteur cumulées jusqu’en octobre 2014. Plus de 10 000 chercheurs y ont participé. Notons que certains vols étaient accessibles depuis 2012 au public moyennant 6 000 euros. L’A300 Zéro-G est aujourd’hui retraité au musée de l’air de Cologne.

             

 

L’Airbus A310 Zéro-G

Ce genre de vol parabolique fatigue environ 35 fois plus la structure que les vols commerciaux et dès 2010, un remplaçant a été cherché, car les coûts de maintenance devenaient prohibitifs. Le choix s’est porté sur un Airbus A310 de transport VIP de la flotte gouvernementale de la Luftwaffe, l’Armée de l’air allemande. Un appareil moins gros, mais capable de générer 50 % d’électricité en plus pour alimenter les expériences menées à bord. Dans un excellent état, parfaitement entretenu et avec peu de vols à son actif (7 500 cycles), l’ex-Konrad Adenauer a subi, au centre de maintenance de Lufthansa Technik à Hambourg, une série d’aménagements lui permettant de passer d’un statut d’avion militaire, à celui d’avion laboratoire.

             

Cet A310 Zéro-G a effectué le 5 mai son premier vol scientifique au départ de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, avec à son bord 40 scientifiques sélectionnés par l’Agence spatiale européenne (ESA), le Centre national d’études spatiales (CNES) et l’Agence aérospatiale allemande (Deutsches Zentrum für Luft und Raumfahrt - DLR). Ils ont effectué 31 paraboles pour réaliser toute une gamme d’expériences en apesanteur. L’A310 Zéro-G devrait rester en service pendant une vingtaine d’années et effectuer en moyenne 5 à 6 campagnes de vols paraboliques par an.

Et les vols seront de nouveaux ouverts au grand public, par Novespace et son partenaire Avico sous la marque AirZeroG, à partir du 17 juin. Pas moins de 6 vols de 40 passagers sont prévus cette année.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.novespace.fr & http://www.airzerog.com

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