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Kaspersky Lab mène la course aux virus

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Par publié le à 14h20

Kaspersky Lab mène la course aux virus

La course automobile et la traque des virus ont en commun le besoin d'excellence

Petit tour de piste au Mans cette semaine pour rencontrer Eugene Kaspersky, fondateur de KasperskyLab, entreprise spécialisée dans la traque des virus. L’occasion d’évoquer les évolutions à venir de ce marché qui va s’étendre bien au-delà du PC pour atteindre nos téléphones portables, nos voitures, amis aussi les applications industrielles.

Fébrilité chez Kaspersky Lab, « le moteur sera-t-il à la hauteur des performances que l’on attend de lui et tiendra-t-il la distance ? Nous le saurons dans 24 heures ». Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas du moteur de l’anti-virus édité par la société, mais de celui de la Ferrari 458 Italia GT2 d’AF Corse que sponsorise l’éditeur pour cette 79e édition des 24 Heures du Mans. Et dans le stand, l’homme qui est penché sur le moteur de la voiture n’est pas un mécano, mais Eugene Kaspersky en personne. 

« Outre la visibilité qu’apporte ce sponsoring, nous partageons les mêmes valeurs et le même état d’esprit avec Ferrari. C'est-à-dire innover pour être au fait de la technologie et être rapide tout en garantissant la sécurité, pour au final être vainqueur de nos courses respectives », justifie Eugene Kaspersky.

Le monde est aujourd’hui en ligne. Education, divertissement, travail, vie sociale, vie privée, services… tout passe à des degrés divers via Internet. Ce qui attire de plus en plus les pirates. « Alors qu’en 2004, nos laboratoires ne trouvaient que quelques centaines de programmes malins dans l’année, ils en ont découvert près de 20 millions en 2010. Nous sommes sur une courbe exponentielle. Et les attaques se font à des échelles toujours plus importantes. Il n’est de voir que les récentes attaques contre les plates-formes de jeu en ligne de Sony pour s’en convaincre ».

« Le cyber-crime fait partie intégrante du monde digital. C’est une industrie souterraine parfaitement organisée contre laquelle il faut lutter en permanence. Nous aidons plus de 300 millions d’utilisateurs à le faire à travers le monde avec nos produits, mais il faut aussi que les pouvoirs publics éduquent les populations, mettent en place des législations dissuasives et des cyber-polices pour les faire respecter. Cela commence à être le cas et les cinq dernières années devraient être à l’avenir considérées comme l’Age d’Or du cyber-crime : c'est-à-dire une période révolue ».

50 % de l'effectif en R&D

Pour cela, Kaspersky mène depuis 21 une lutte discrète faite de beaucoup de R&D sur les algorithmes, ainsi que sur l’automatisation du scrutage et de la détection des ‘‘malwares’’. Près de 1 000 personnes, 50 % de la société, y travaillent. « Un travail d’autant plus important que les menaces s’étendent. Il faut à la fois protéger les données et vérifier en permanence les flots de trafic d’information. Un exemple, si on laisse se développer les spams dans une entreprise, les serveurs vont avoir de plus en plus de travail et donc consommer de plus en plus d’énergie pour faire face. Outre le ralentissement global de l’installation, cela va aussi avoir un impact non négligeable sur la facture énergétique de l’entreprise ».

Une approche sécuritaire que la montée en puissance du Cloud Computing va renforcer. « Il va falloir classiquement protéger les données et les réseaux des attaques des hackers, mais là dans un contexte beaucoup plus virtuel et en temps réel. Ce qui va imposer aux grandes entreprises de disposer de ‘‘Response teams’’ capables de détecter instantanément les menaces et d’en trouver les parades, ce qui implique des experts de très haut niveau ».

Autres domaines menacés ceux du téléphone portable et de l’automobile. Aujourd’hui un téléphone portable devient à votre grès porte-monnaie ou ‘‘support de votre identité’’ pour récupérer un billet virtuel d’avion ou de train. Il intéresse donc de plus en plus les pirates. « C’est pourquoi nous menons de plus en plus de recherches autour de systèmes d’exploitation comme Androïd, d’autant plus que l’on va le retrouver au sein d’applications communicantes dans les domaines de la domotique, de la photo, des loisirs, etc. ».

L’automobile aussi

De même, l’automobile devenant de plus en plus communicante, elle est de plus en plus menacée. « Une voiture de milieu de gamme, c’est aujourd’hui 10 millions de lignes de code, c'est-à-dire autant qu’un système d’exploitation tels Windows NT4 », rappelle Vincente Diaz, spécialiste des menaces dans le domaine automobile chez Kaspersky. Et une voiture haut de gamme peut compter jusqu’à 70 processeurs et plus de 100 Mo de données dont nombres sont en relation avec la sécurité même de la voiture, ainsi que sa communication avec le monde extérieur. « Bientôt les Applications vont y devenir aussi courantes que sur les actuels Smartphones et vont bien souvent partager le même réseau que les systèmes de sécurité, ce qui ne sera pas sans poser de gros problème en cas d’attaque malicieuse. C’est pourquoi Ford et Microsoft travaillent sur un projet de segmentation et d’encryptage de ses réseaux baptisé Sync ». Et les menaces vont pouvoir venir de multiples sources : applications téléchargées, communication, CD ou DVD virusés, réparateur mal intentionné… Il deviendra alors facile aux voleurs d’obtenir une ouverture du véhicule convoité à distance et d’en prendre le contrôle dans en avoir les clés.

On voit donc que l’un des prochains ‘‘marchés’’ des pirates sera l’automobile où l’informatique embarquée devient incontournable. « Donc face à cette explosion des menaces, vous avez un futur brillant ? ». « Malheureusement, oui ! », conclut malicieusement Eugene Kaspersky.

A la semaine prochaine,

Pour en savoir plus : http://www.kaspersky.com/racing

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis près de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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