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"Introduire de l’éthique dans le numérique devient primordial !"

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Par publié le à 07h00

Introduire de l’éthique dans le numérique devient primordial !

Jérôme Béranger

Les big data, le cloud computing, les NTIC sont autant de technologies devenues incontournables pour les entreprises. Que ce soit pour améliorer les processus, gagner du temps ou aborder une démarche proactive dans le travail, il est cependant difficile de déterminer l'utilisation réelle de toutes les données générées. Jérôme Béranger, co-fondateur du label ADEL (Algorithm Data Ethics Label) et expert en éthique du numérique en santé chez Keosys nous confie les raisons pour lesquelles il est important d'introduire l'éthique dans le numérique dès le départ. 

D’une manière générale, la technologie permet à l’homme, en lui procurant des outils toujours plus performants, de construire un univers socio-économique propre et d’innover par rapport à cette construction. Avec la croissance d’Internet, de l’usage des réseaux sociaux, de la téléphonie mobile, du cloud computing, des objets connectés, les systèmes experts auto-apprenants, et bientôt de la blockchain, l’information est aujourd’hui plus abondante que jamais et sa croissance est chaque jour plus rapide. Cela modifie le paradigme même de la donnée numérique, dont la valeur réside dans le partage et la mutualisation. Dès lors, ce tournant digital apparaît comme une révolution à la fois épistémologique et sociale, puisqu’on ne positionne plus les données dans des catégories de la raison, mais on va plutôt pouvoir les exploiter une à une, de façon singulière et différentielle, impactant directement la société.

Désormais, dans l’exercice quotidien de leurs activités, les personnes en relation avec les data sont soumises à des interrogations multiples, successives, complexes où se confrontent en permanence le respect des valeurs humaines considérées comme universelles et les limites contraignantes des décisions concrètes à prendre. De nombreuses questions relatives au volume conséquent de données, à leur collecte, leur utilisation, leur stockage en particulier par des outils informatiques vont en effet se poser dans des secteurs très variés.

L’enjeu est de rendre une maîtrise de ses informations au consommateur et au citoyen. Toute la question réside alors dans le positionnement du curseur. Qui utilise quelles données ? Dans quel but ? Quel est le libre arbitre des utilisateurs de données, à l’heure des algorithmes ? Où sont-elles stockées ? Comment puis-je garder le contrôle sur mes données personnelles ? L’utilisateur perd souvent toute maîtrise concernant la dissémination potentielle de ses données, comme le montrent de nombreuses enquêtes. L’asymétrie d’information entre utilisateurs et fournisseurs de services a tendance à s’amplifier via des nouveaux modes de production, des nouveaux types de producteurs, et des nouvelles modalités de traitement. C’est l’ère des Big Data. Un monde dirigé par les données dont il faut comprendre les enjeux et les buts. A quoi vont-elles servir ? Qui va les traiter et les maîtriser ? Comment ?

Dans ces conditions, l’interaction de la société avec les nouvelles technologies de l’information et la communication (NTIC) représente un système instable, voire précaire. Les risques associés aux big data sont importants, tant sur le plan économique que pour garantir un espace numérique protecteur de la vie privée et des libertés fondamentales.

Introduire de l’éthique dans le numérique devient alors essentiel, voire primordial ! Nous n’avons pas la prétention d’inventer une nouvelle éthique, mais plutôt de repenser et réinventer l’éthique existante afin de la faire évoluer vers ce que nous appelons l’« éthique algorithmique », appliquée exclusivement au numérique. Cette nouvelle démarche a pour finalité d’intégrer des valeurs et principes éthiques sur la conception, la mise en œuvre, à l’usage des big data notamment dans le domaine de la médecine. Cette éthique doit mobiliser l’intelligence afin d’affronter la complexité qui encadre le processus communicationnel de l’information médicale via les NTIC.

C’est à partir de ce constat que nous avons créé le label ADEL (Algorithm Data Ethics Label) sur l’éthique du traitement des données numériques via les systèmes d’information automatisés. Sa force se situe dans son caractère à la fois interactif, scientifique, transversal, multidimensionnel, actif tourné vers le sens, la connaissance et la téléologie du digital. Ce label souhaite fournir un cadre de réflexions et de bonnes pratiques éthiques sur l’élaboration, la mise en place et l’utilisation des big data afin de mieux les encadrer, les accompagner, les contrôler et les suivre au sein des entreprises. L’objectif est de donner aux acteurs concernés par cette révolution digitale les premières clés de lecture qui permettront aux entreprises d’acquérir une approche éthique des NTIC, en apportant de la cohérence, de la légitimité, de la transparence, de la sécurité et de la confiance dans le traitement des données numériques auprès de leurs clients.

Enfin, cette évaluation éthique appliquée tout le long du cycle de vie de la donnée numérique constitue le fondement même d’une nouvelle approche, respectueuse de tous les acteurs, orientée en direction des valeurs humaines et morales. C’est l’introduction de l’ « Ethics by design » ou de la « Responsability by design » dans l’écosystème numérique …

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