Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Article Suivant
Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

Intelligence artificielle : ce que peut changer le rapport Villani

| | |

Par publié le à 13h24

Intelligence artificielle : ce que peut changer le rapport Villani

Le très attendu rapport Villani sur l'intelligence artificielle est désormais sur la table. Cette approche ambitieuse et multi-disciplinaire veut jeter les bases d'une nouvelle économie réconciliant numérique et industrie.

Depuis son annonce, en septembre 2017, la mission du mathématicien Cédric Villani sur les enjeux de l’intelligence artificielle (IA), suscitait un mélange d’espoir et d’interrogations. Interrogations, car l’intelligence artificielle (IA) demeure un pan de la recherche française encore méconnue du grand public. Espoirs, car ces nouveaux algorithmes pourraient bien se retrouver au cœur d’un renouveau économique. Le voile a été levé mercredi 28 mars en fin de journée, avec la remise du rapport auprès des pouvoirs publics. Intitulé « Donner un sens à l’intelligence artificielle », ce document est, de l’aveu de ses auteurs, une « démarche ambitieuse » brassant des secteurs et des compétences diverses.

  • Un enjeu stratégique

Pour les auteurs du rapport, la recherche sur l’IA dépasse le cadre de la compétitivité économique. Il est devenu un élément de politique internationale. Certains pays comme les Etats-Unis ou la Chine possèdent une nette avance dans ce domaine. Pour Cédric Villani, il est important de rester « dans la course » et de développer une IA européenne capable de rivaliser avec celles développées par les autres pays. Il faut développer la recherche pour ne pas faire de la France et de l’Europe « une colonie numérique » des géants chinois ou américains, cite le rapport.

  • Les data au cœur de l’économie

Véritable carburant de l’intelligence artificielle, les données sont au cœur des enjeux liés à l’IA. Selon le rapport, il est devenu important de faciliter leur accès afin d’en accroître la valeur. « Les données en tant que telles ont souvent peu de valeur, mais en gagnent quand elles sont contextualisées, croisées avec d’autres. », indiquent les auteurs. Selon eux, il convient de mutualiser au maximum les données pour en « maximiser l’utilité économique et sociale », mais aussi pour garantir la sécurité des solutions d’IA. La source des données peut être publique, mais également privée. Selon le rapport Villani, un premier verrou a été levé par les grandes plateformes du numérique, concernant les données personnelles. Reste maintenant à se concentrer sur le partage des données sectorielles, ce qui permettrait à la France et à l’Europe, de rivaliser avec les géants mondiaux. « La puissance publique doit porter un autre modèle de production et de gouvernance des données, qui met l’accent sur la réciprocité, la collaboration et le partage pour favoriser le partage de données entre les acteurs d’un même secteur », prône le rapport. Il s’agirait là des fondations d’une intelligence artificielle typiquement européenne.

  • Rendre visible l’écosystème français de l’IA

Si l’Europe et la France disposent d’un tissu industriel et académique d’excellente qualité concernant l’IA, elles peinent à s’imposer à l’échelle internationale. Le rapport avance des pistes pour renforcer l’aura de l’écosystème français. Du point de vue de la recherche, le rapport propose de fédérer les forces vives du pays avec la création d’instituts interdisciplinaires, baptisés 3IA, qui devraient permettre une coordination des efforts de recherche à l’échelon national. Cette recherche s’appuiera sur une puissance de calcul dédiée, que la France se doit de mettre en place afin de rivaliser avec les géants du numérique. Un supercalculateur spécifique à l’IA et doté d’un forfait d’accès via le cloud pour le secteur privé pourrait prochainement voir le jour à l’échelle européenne.

  • Injecter de l’éthique

Positif pour les uns, négatif pour les autres...une chose est sûre l’IA aura un impact sur le monde du travail et l’emploi. Le rapport propose d’anticiper le plus possible ces changements à venir, en privilégiant les formations et en préparant le dialogue social. L’éthique devrait également servir de moyen de contrôle des IA. Un comité prévu à cet effet aura pour mission d’orienter les décisions en matières d’intelligence artificielle et pourrait demander à tout moment de remonter le « raisonnement » effectué par les IA. Par ailleurs, au préalable de la mise en activité d’une IA, une étude d’impact des décisions prises par la machine devra être menée pour évaluer avec précision le caractère discriminant de certains choix. Une approche qui se généraliserait dans certains secteurs sensibles comme la justice ou l’assurance.

Reste à savoir quelles pistes seront retenues par le gouvernement afin d'assurer à la France un rôle clé dans un secteur en plein développement. Le Président Emmanuel Macron s'exprimera dans la journée du jeudi 29 mars pour transformer les idées du rapport en action politique. Les attentes sont nombreuses, notamment dans l'industrie, qui considère déjà l'IA comme l'un des piliers de son usine du futur. Pour preuve, le salon Global Industrie, qui se tient actuellement au parc des expositions de Paris Nord Villepinte, s'est emparé du sujet et une table ronde, animée par Muriel de Véricourt, rédactrice en chef d'Industrie & Technologies, a donné la parole à des acteurs majeurs de l'utilisation du machine learning pour des usages industriels. Et si les idées du rapport sont globalement saluées, chacun attend avec impatience les engagements chiffrés du gouvernement avant de déboucher le Champagne...

Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur