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Innovation : comment Engie valorise les idées de ses salariés

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Par publié le à 09h06

Innovation : comment Engie valorise les idées de ses salariés

Le projet Rolling Drones initié par des salariés d'Engie Ineo RHT s'appuie sur une solution où les câbles haute tension sont tirés grâce à des drones. (crédit : INEO RHT)

Le groupe Engie a remis mardi 7 juin 2016 ses Trophées de l’innovation, un concours interne vieux de trente ans qui récompense les collaborateurs qui développent en interne des innovations.



Plus de 580 projets portés par 2 500 salariés déposés dans 62 pays ou Engie est présent !  L’année dernière, le nombre était de 530. Un record pour un concours interne d'innovation vieux de trente ans, qui illustre son succès auprès des salariés d’Engie. Les lauréats des Trophées de l'innovation ont même eu l’opportunité de présenter leur idée aux côtés d’Isabelle Kocher, la directrice générale du Groupe depuis le mois de mai. « Les salariés se sentent mis en valeur, se félicite Stéphane Queré, à la tête de la direction de l’innovation. « Nous créons de notre côté les conditions pour qu’ils aient envie d’innover ».

Lancée en 2014 et dotée d’une vingtaine de personnes pour mieux organiser l’innovation, la Direction de l’innovation gère un fonds d’investissement, la mise en incubation des projets et l’animation générale de l’innovation au sein du Groupe. Stéphane Queré détaille : « Les collaborateurs ont deux manières d’apporter leurs idées au sein du Groupe. D’une part, au contact des problèmes rencontrés sur le terrain, ils inventent des solutions : c’est de l’innovation spontanée. Charge à la Business Unit responsable de décider d’aller plus loin. C’est le cas typique des innovations récompensées par les Trophées. D’autre part, devant une solution développée à l’extérieur, ils peuvent se dire : on ne le fait pas, mais je pense que ça a de la valeur pour le Groupe. Ils peuvent alors déposer leur proposition sur la plate-forme innov@engie. En un an et demi, 500 idées y ont ainsi été déposées ». L'objectif ? Innover sous la contrainte opérationnelle, non pas managériale.

Incubés à l'extérieur

Les projets les plus sérieux rentrent dans un incubateur externe au Groupe, histoire aussi de s’inspirer des autres projets incubés. Les porteurs du projet ont alors le choix de rester salariés ou de créer leur entreprise. Dans ce deuxième cas, ils seront "lâchés" quand celle-ci aura montré la preuve de sa pérennité, même si depuis le lancement de ce dispositif, aucun incubé n’a fait le choix de créer une start-up externe au groupe. Tous les trois mois, la Direction de l’Innovation regarde avec le porteur du projet s'il peut continuer ou pas. Créée il y a dix ans, l’offre d’incubation compte 19 projets actuellement en phase d’incubation. LNGeneration, qui avait remporté le Prix de l’innovation stratégique en 2015, fait partie de ces projets qui ont donné lieu à la création d’une filiale d’Engie. La solution lancée en 2013 par Karine Vernier, une collaboratrice d’Engie, se propose d’acheminer du gaz naturel liquéfié par camion à destination des industriels non raccordés au réseau, un marché estimé à 10 % du marché gaz ! LNGeneration est toujours hébergé par l’incubateur Paris Innovations Belleville, et devrait atteindre l’équilibre financier cette année. D’autres projets, « la majorité », nous précise Stéphane Queré, sont tout simplement développés en interne, au sein des activités existantes.

Développer de nouveaux services pour le Groupe

Le projet Nialm, qui a remporté cette année le Prix Success stories des Trophées de l’innovation, fait partie de ces derniers. Le Prix Success stories récompense les projets lauréats ou nominés lors d’éditions précédentes ayant prouvé un développement significatif. Le service développé avec Nialm a été intégré parmi les offres d’Engie. Nialm (Non Intrusive Appliance Load Monitoring), est une technologie de la start-up Smart Impulse, qui a développé un compteur unique pour le suivi des consommations électriques, principalement dans le tertiaire. En décomposant et analysant le signal, Smart Impulse sait reconnaître la signature des différents équipements. Décelant dans la start-up une innovation prometteuse, des collaborateurs d’Engie ont introduit la technologie dans les filiales du Groupe, à laquelle ils ont ajouté les services associés. La prochaine étape consistera à proposer ce service pour des entreprises externes.

Des projets initiés dans un garage

Valoriser les innovations issues des salariés est évidemment profitable pour Engie. Mais celles-ci s’initient malgré tout sur le temps libre des salariés, qui doivent montrer de l’opiniâtreté pour pousser leur projet jusqu’au bout. C’est le cas du projet Rolling Drones qui a remporté le Prix Performances opérationnelles, techniques et technologiques. Le projet a démarré au sein de INEO RHT, le département au sein la filiale d’Engie INEO qui pose des câbles électriques haute tension. INEO utilise déjà depuis deux ans des drones conçus sur-mesure pour ses propres besoins d’inspection des lignes. Conçus sur-mesure, cela veut dire bricolés par un salarié passionné, celui qui est aujourd’hui devenu selon ses propres mots le "Monsieur Drones" de son bureau. « Les drones ont d’abord été mis au point dans le garage, explique-t-il. Depuis, un atelier a été emménagé à Lyon et la récompense est au bout : les drones ont fait la preuve de leur utilité. Ils sont mêmes primés cette année pour une application pour le moins innovante : ils remplacent avec profit les hélicoptères Puma pour tirer au-dessus des pylones des câbles légers. Ceux-ci sont reliés aux lourds câbles haute tension et permettent de les tirer ensuite au-dessus des pylones ».

Un fab lab en interne

Né dans un garage, c’est aussi le cas du projet Stop-robinet qui a remporté le Prix spécial Innovation frugale, et qui doit son existence à l’imagination d’un salarié de GRDF, elle aussi filiale d’Engie. L’invention en question, c’est un assez simple capuchon imprimé en 3D à poser sur les robinets de gaz inutilisés, afin de les bloquer et d’éviter qu’ils ne soient ouverts inopinément. « Il fallait trouver un système de condamnation de robinets », témoigne Romuald Carré, l’un des salariés initiateurs de l’idée. Le premier bloc de condamnation assez "brut" a été bricolé à la maison. Mais le principe était trouvé, et le design du capuchon s’est peu à peu amélioré par impression 3D, montrant rapidement son utilité. Devant le succès du Stop-robinet, la direction de la région Méditerannée de GRDF a lancé un fab-lab doté de deux imprimantes 3D. « Nous produisons maintenant pour l’ensemble de GRDF, conclut Romuald Carré. Nous le faisons aussi pour GRTGaz, et nous sommes en association avec Tridymake, une PME qui imprime industriellement. Et à partir d’un million de modèles, on passe sur des techniques de moulage ».

 
 
 
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