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Hyperloop : les technos du train ultra-rapide qu'Elon Musk testera bientôt

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Par publié le à 12h55

Hyperloop : les technos du train ultra-rapide qu'Elon Musk testera bientôt

Elon Musk, le fondateur du fabricant des voitures électriques de luxe Tesla, a annoncé jeudi qu'il allait probablement construire une voie pour expérimenter l'Hyperloop, son projet très attendu de transport en commun ultra-rapide. Un projet ambitieux qui se heurte cependant encore à plusieurs obstacles.

Elon Musk multiplie décidément les annonces ces derniers jours. Le milliardaire a annoncé jeudi qu’il allait probablement construire une voie dédiée aux tests d’Hyperloop, un nouveau type de transport en commun qui repose sur des coussins d'air. « Nous allons construire une voie pour permettre aux entreprises et à des équipes d'étudiants de venir tester leurs capsules. Il est plus que probable que ce soit au Texas », a indiqué sur son compte Twitter le fantasque M. Musk, sans toutefois préciser la date à laquelle il allait commencer les travaux.  

Si le projet est dévoilé depuis déjà 2013, l’hyperloop reste aujourd’hui encore de l’ordre du fantasme. Elon Musk le présente comme un moyen de transport à très grande vitesse capable de relier Los Angeles à San Francisco en 30 minutes, tandis que la durée d’un vol varie de 1h15 à 1h30. Le ticket serait alors moins cher que le prix d'un billet d'avion, selon Elon Musk.

La capsule circule dans un tube à basse pression, sur des coussins d’air. Un moteur "avale" l'air situé à l'avant de la capsule et le
"recrache" à l'arrière, permettant de propulser les passagers à très grande vitesse. Ce "train" pourrait atteindre au moins une vitesse de 965 kilomètres/heure. Pour accélérer les capsules, l’Hyperloop s’appuierait sur la technique dite du "canon de Gauss". Un ensemble d’électro-aimants, où chaque solénoïde attirerait magnétiquement la capsule, ferromagnétique, puis l’expulserait ensuite violemment vers le suivant par une inversion du courant d'alimentation.

Le financement participatif pour développer la technologie

Pour l'instant la technologie reste de l’ordre du concept. Un groupe d’une centaine d’ingénieurs, dont certains employés par Boeing ou la Nasa, et utilisant le financement participatif sont rassemblés au sein  de la compagnie Hyperloop Transportation Technologies. Un rapport de 57 pages mis en ligne en 2013 pointe plusieurs avantages à la technologie. Son coût de construction serait bien inférieur que celui nécessaire aux nouvelles voies ferrées car il suffirait d’utiliser des routes déjà existantes pour construire juste à coté des pylônes supportant les tubes à basse pression où circuleraient des capsules. Des panneaux solaires le long du trajet permettraient d’alimenter en électricité les tubes, ce qui en ferait un moyen de transport écologique. La disparition de certaines lignes aériennes signifierait aussi la disparition de nuisances sonores et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Enfin, il ne serait plus nécessaire d’attendre pour embarquer sur un vol subsonique puisque des départs seraient possibles presque à tout moment dans des gares connectées aux tubes de l’Hyperloop.

                           Une présentation vidéo du projet Hyperloop

Les difficultés à surmonter pour l'Hyperloop

De nombreuses obstacles restent cependant à dépasser pour qu'Elon Musk réussisse son projet fou. Dans son blog des "ingénieurs économistes", le journal La Tribune donne la parole à un ingénieur des Mines, Hervé de Tréglodé, qui pointe du doigt quelques difficultés liées au projet.

D'une part, la construction des voies en surface semble difficile dans les zones très urbanisées d'Europe, à moins que les tubes d'acier ne soient placés sous le sol. Par ailleurs, l'acier est élastique, donc soumis aux pressions des températures externes et internes, mais aussi aux vents. Là encore, la maîtrise des tubes serait beaucoup plus facile s'ils étaient enterrés, comme le sont d'ailleurs la plupart des pipelines, et si les capsules restaient suspendues sous l'effet de forces magnétiques, et non sous l'effet de la gravitation équilibrant la pression d'une fine couche d'air. Du point de vue de l'industrialisation de la technologie, elle nécessite de concevoir des tubes dont la surface intérieure serait assez lisse pour qu'aucune imperfection ne vienne gêner la course de skis glissant sur les coussins d'air dont l'épaiseur serait inférieure à 1,5 mm.

En outre, l'ingénieur s'interroge sur la fréquence de départ annoncé pour l'Hyperloop, soit un départ toutes les trente secondes, une fréquence impressionante lorsque l'on sait que l'Europe réfléchit à la possibilité de faire des départs toutes les 200 secondes pour des trains lancés à 320 km/h. Enfin, Hervé de Tréglodé s'interroge sur la pertinence même du projet en France tandis que les plus grosses villes sont ou seront bientôt reliées par le TGV mais aussi que grâce à l'essor de terminaux mobiles, les temps de transports sont maintenant pleinement utilisés par les usagers.

Mais Elon Musk sait faire montre de persévérance face aux obstacles et rend déjà envisageable ce qui ne l'était pas dans l'aérospatiale avec Space X. Alors l'Hyperloop, science fiction ou non ? En tout cas, sûrement source d'innovations.

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