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Fuite de gaz chez Total : le point sur les opérations de contrôle

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Par publié le à 17h49

Fuite de gaz chez Total : le point sur les opérations de contrôle

La plate-forme offshore de Total sur le champs d'Elgin

Confronté à une fuite de gaz sur l’une de ses têtes de puits au dessus du gisement offshore d’Elgin, en Ecosse, le pétrolier français a enclenché deux opérations de contrôle simultanées. Les navires et équipements affrétés se positionnent. Mais des informations manquent encore sur la nature exacte de la fuite, ainsi que sur les conditions de sécurité sur la plate-forme désertée pour envisager précisement la suite des opérations.

Enfin une nouvelle encourageante pour Total, confronté à une fuite de gaz sur le puits G4 de sa plate-forme offshore d'Elgin, à 240 km de la ville écossaise d’Aberdeen : la torchère s’est éteinte d’elle-même samedi 31 mars, évitant l'explosion du nuage de gaz. Pour contrôler à présent la fuite de gaz, le plan d’action de Total se précise. Deux opérations seront menées en parallèle.
 
Pour comprendre l'importance de la réussite de ces initiatives, il faut savoir que la tête de puits, scellée il y a un an car sa pression insuffisante ne permettait plus l’extraction du gaz, s’est rappelée au souvenir de Total. Quelques jours avant la fuite, une pression anormale avait été détectée dans le puits. Selon le pétrolier, cet afflux de gaz imprévu proviendrait d’une formation rocheuse située à 4 000 mètres sous le plancher océanique. Il estime qu'une poche de gaz à haute pression pourrait avoir infiltré le conduit (ou annulaire) qui la traverse, pour atteindre le véritable gisement se situant en effet à 5 500 mètres sous le plancher océanique. La fuite est estimée à quelques 200 000 mètres cube de gaz par jour.
 
Deux opérations en parallèle
 
Deux actions sont lancées simultanément par Total pour arrêter la fuite de gaz. 
 
  • La première est une tentative de colmatage. Elle consiste à injecter depuis une barge flottante des boues de forage directement en tête de puits. Ce mélange lourd de composés minéraux doit ainsi interrompre la fuite de gaz . Appelée ''topkill'' dans le jargon de l’offshore, cette opération colmatage nécessite la présence de personnels à bord de la plate-forme. Total et l'autorité de sûreté britannique (HSEHealth and Safety Executive) attendent d’avoir davantage d’informations sur les conditions garantissant la sécurité du personnel engagé. Les navires d’assistance nécessaires pour entreprendre ces opérations sont en train de se positionner. 

  • La seconde consiste à forer deux puits de secours sous l’eau, juste au dessus du niveau de la fuite. Total a mobilisé deux plates-formes de forage (ou rigs) pour réaliser ces puits. Celles-ci sont pour lors affairées sur des champs voisins d’Elgin (à respectivement 6 et 400 km). Elles se rendront sur Elgin dès que leurs opérations en cours seront achevées. 
 
Dans l'expectative, Total maintiendra engagés ces deux dispositifs d’action en parallèle. « En cas de succès avéré de la première opération, le groupe suspendra la seconde opération », a néanmoins précisé Michel Hourcard, directeur développement E&P du groupe, lors d’une conférence téléphonique tenue le lundi 02 avril. En cas d'échec du ''topkill'', en revanche, les opérations de colmatage pourraient s'étaler sur six mois. Le coût lié au manque à produire est estimé à 1,5 M$/jour et celui des opérations de maitrise, à encore 1 M$/jour, selon les chiffres annoncés par Patrick de la Chevardière, directeur financier, lors de cette même conférence.
 
Les origines de la fuite encore mal connues
 
Les investigations continuent par ailleurs pour comprendre les causes exactes de la fuite, qui restent pour le moment mal connues, contrairement à sa localisation, déjà bien engagée. Total a signalé avoir dépêché deux autres navires sur zone à cet effet. Le premier est un navire équipé d’un robot d’intervention (ROV), mobilisé pour des opérations d'inspection sous-marine autour de la plate-forme d'Elgin. Le second devrait réaliser des études du fond marin, afin de déterminer le meilleur emplacement des puits de secours. 
 
Un impact écologique ''relativement faible''
 
Autre interrogation encore en suspens : l’impact de la pollution maritime résultant de cet évènement. Selon Total, il serait ''relativement faible'' :  « le gaz, qui s’échappe en tête de puits, et non sous l’eau,  est relativement peu chargé en hydrogène sulfureux (H2S), [ndlr : un composant commun des gisements gaziers, très toxique pour les organismes vivants]. Par ailleurs, il s’agit majoritairement de méthane, qui se disperse rapidement dans l’atmosphère », a ainsi déclaré Patrick de la Chevardière.

La fuite présente également une composante liquide : les condensats. Cette essence très légère est constituée de petites chaînes moléculaires qui se condensent lors de la libération du gaz dans l’atmosphère. Là encore, pas de risque de marée noire : « Il  s’agit principalement d’hydrocarbures saturés de type paraffines, comme la cire de bougie, qui devraient former de petites boulettes insolubles dans l’eau », estime Christophe Rousseau, Directeur adjoint du Centre de documentation, de recherche  et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre). Celui-ci précise néanmoins que l’ampleur de la fuite de condensats et le comportement physico-chimique du mélange doivent être mieux connus pour modéliser l’ampleur de la pollution.
 
Hugo Leroux
 
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