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Fessenheim fermera bien en 2018 (ou pas)

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Par publié le à 15h35

Fessenheim fermera bien en 2018 (ou pas)

Centrale de Fessenheim

Ségolène Royal a annoncé dimanche la publication du décret sur l'arrêt de la centrale de Fessenheim. Celui-ci est prévu pour 2018... pour peu que les conditions soient réunies.

Ségolène Royal a annoncé dimanche 9 avril la publication au journal officiel du décret actant la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). Il s’agit plus précisément de l’abrogation de l’autorisation d’exploiter de la centrale de Fessenheim, à compter de la date de mise en service de l’EPR de Flamanville. Toutefois, la loi prévoit que seul EDF est habilité à demander lui-même cette abrogation. Il faudra donc qu’EDF en fasse la demande, six mois avant la mise en service de l’EPR de Flamanville. Enfin, le décret précise qu’il faut que la fermeture soit « nécessaire pour assurer le maintien du plafond fixé par la loi », soit une capacité nucléaire maximale de 63,2 GWh.

Arrêter Fessenheim pour démarrer Flamanville

La centrale de Fessenheim est la plus ancienne centrale en fonctionnement du parc nucléaire français existant. Dotée de deux réacteurs de 900 MW, elle a été mise en fonctionnement en 1977 et génère environ 10 TWh par an, soit environ 2% de la production électrique annuelle de la France. Sa fermeture est une promesse de campagne de François Hollande, celle-ci arrivant à l’âge de quarante ans, qui correspond au dimensionnement initial prévu pour les centrales nucléaires françaises. Les débats actuels portent sur la durée d’exploitation de la centrale  mais aussi sur le fait qu’elle est proche d’une zone sismique. Enfin, l’arrêt de la centrale permettrait de réduire la part du nucléaire dans le mix électrique français, prévue dans le cadre de la loi de transition énergétique. Celle-ci prévoit que la part soit ramenée de 72,3 % en 2016 à 50 % en 2025, et ne dépasse pas 63,2 GWh, ce qui correspond à la taille actuelle du parc français. La mise en fonctionnement de l’EPR de Flamanville signifie donc qu’il faut fermer en parallèle un ou deux réacteurs correspondant ou supérieurs à la puissance de l’EPR : c’est le cas de la centrale de Fessenheim.

La fermeture de cette centrale cristallise le débat autour de la prolongation ou non de l’ensemble des réacteurs nucléaires français, qui vont peu à peu arriver à 40 ans, tandis qu’EDF se prépare activement à prolonger leur durée de fonctionnement d’au moins dix ans à travers son programme dit du « grand carénage ».

En fait, le décret publié par Ségolène Royal reprend les conditions décidées par le conseil d’administration d’EDF lorsqu’il s’est réuni autour de ce sujet le jeudi 6 avril. L’électricien a pris acte du plafonnement de la capacité nucléaire prévue dans le cadre de la loi sur la transition énergétique mais stipule, ce qu'a repris Ségolène Royal, que la demande d’abrogation du fonctionnement de la centrale de Fessenheim soit concommitante avec la demande de mise en opération de l’EPR Flamanville 3, prévue en 2018.  Cela permet toutefois à EDF de se laisser la possibilité de fermer plus tard la centrale de Fessenheim si le chantier de l’EPR prenait encore du retard, ou si un autre réacteur devait être définitivement arrêté, ce qui pourrait être le cas du réacteur normand Paluel 2, arrêté de fait depuis deux ans.

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