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Faurecia investit 2,5 M€ dans un laboratoire d’électronique

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Par publié le à 16h58

Faurecia investit 2,5 M€ dans un laboratoire d’électronique

Yann de la Brière mise sur l'électronique pour développer son activité sièges

La division Siège de l’équipementier automobile investit 2,5 millions d’Euro dans un laboratoire dédié au développement et à la validation des modules électroniques qui seront embarqués dans les sièges automobiles. Nous en avons fait la visite voici quelques jours.

En marge du Mondial de l’Automobile 2012, Faurecia a inauguré début octobre au sein de son centre technique de Brières-les-Scellés (91), un laboratoire d’électronique.

« La division Siège de Faurecia était jusqu’à il y a peu scindable en deux mondes : celui des matériaux durs pour les armatures ; et celui des matériaux souples pour les mousses de garniture. Cette bipolarisation voit maintenant arriver une troisième dimension : l’électronique, qui apporte plein de nouvelles fonctionnalités à nos produits et donc de valeur à nos clients. Et c’est cette électronique qui va nous permettre de développer nos activités », a expliqué Yann de la Brière, PDG du groupe, en introduction de cette cérémonie.

Patrick Koller, directeur de la division Sièges, a expliqué la vision du groupe à horizon 2020 sur ce que devrait être alors un siège automobile et l’importance de l’électronique au sein de ces produits qui seront très communicants (voir notre encadré). « Les architectures électroniques des véhicules vont permettre une décentralisation et donc une intégration de nombreuses fonctionnalités dans les modules présents dans les sièges », estime-t-il.

Dans ces conditions, le laboratoire d’électronique va permettre de développer et de réaliser les prototypes des systèmes de pilotage intégrés pour sièges automobiles, afin d’assurer leur validation, ainsi que la validation de produits en ‘‘vie série’’. « Nous maitriserons ainsi l’ensemble de la chaine de valeur des fonctions électroniques, depuis la conception matérielle et logicielle, jusqu’à la production en série, via des partenaires industriels ».

Ce laboratoire de près de 1 000 m² pour un investissement de 2,5 millions d’euros, dispose de la toute dernière génération d’équipements de test et de contrôle électronique. L’équipe qui l’anime compte aujourd’hui une trentaine de personnes, mais devrait à terme atteindre les 80 personnes. « Nous disposerons alors probablement de la plus grosse entité électronique dans le monde dédiée aux sièges automobiles ». Ce dispositif sera complété par une équipe d’une centaine de personnes en Inde qui assurera le développement des logiciels embarqués.Enfin, une trentaine de personnes assureront la liaison avec les constructeurs locaux en Allemagne, aux USA et en Chine.

L’apport du monde académique

Des partenariats universitaires ont aussi été signés avec une dizaine de grandes écoles dont Supelec pour la France. « Faurecia est l’un des leaders mondiaux de l’ingénierie et de la production des équipements automobiles, dont les technologies sont utilisées par la quasi-totalité des constructeurs mondiaux. Des technologies qui sont tout à fait consubstantielles à ce qu’est Supelec. Sa stratégie scientifique de rapprochement avec le monde académique nous rejoint tout à fait, dans notre démarche qui vise à rapprocher enseignement, recherche et innovation », a estimé Alain Bravo, son directeur général.

Une démarche d’autant plus intéressante que pour répondre aux besoins de l’ensemble du groupe Faurecia, il va falloir être capable de combiner, chaine électronique, chaine mécanique, chaine thermique et chaine électromagnétique. « Le tout dans un environnement scientifique où il va falloir maitriser l’hétérogénéité et l’incertain. Ce qui correspond bien à notre vision, car nous sommes l’école de l’énergie, de l’information et des systèmes. Cela fait donc appel à notre capacité en science des systèmes, où nous retrouvons du multi-physique, du multi-dimensionnel, du multi-disciplinaire. Des solutions qu’il faut imaginer, simuler, prototyper et optimiser, tout en organisant le dialogue entre ces activités, afin d’obtenir les niveaux de sureté de fonctionnement indispensable ».

Un bon terrain pour mobiliser des enseignants-chercheurs qui viennent des mondes de l’automatique, du traitement du signal, de l’électronique, de l’électrotechnique et de l’électromagnétisme. Mais ce sont aussi des opportunités de stages pour les 500 ingénieurs formés chaque année, voire de masters de recherche ou des opportunités de thèses.

L’électronique est au cœur de l’innovation

« L’industrie automobile a un siècle d’existence derrière elle, mais elle est entrée depuis une demi-décennie dans une phase d’accélération technologique autour de la performance environnementale, la diminution des consommations et l’exigence des clients qui impose de transformer la voiture de moins en moins en une performance mécanique et de plus en plus en un lieu de bien-être et de confort de vie. Nous travaillons donc sur ces différents axes en matière d’innovation, et ce laboratoire marque une étape significative sur ce chemin de l’innovation », explique Yann de la Brière.

Les relations avec le monde académique sont aussi importantes pour lui : « Il ya dans l’esprit des entreprises et du monde académique des modifications profondes qui ce sont faites au cours des dernières années, qui débouchent aujourd’hui sur une capacité à travailler ensemble de manière efficace pour le bénéfice de tous. C’est une évolution fondamentale qui n’est probablement pas arrivée à son terme. Nos amis allemands ont un modèle beaucoup plus élaboré que le notre avec les Instituts Fraunhofer, qui est un vrai exemple que nous commençons juste à suivre. Il faut poursuivre plus loin dans cette voie de manière à construire des passerelles fortes entre industrie, technologies et recherche ».

Le siège du futur  

Juste avant la visite du laboratoire nous avons pu découvrir quelques projets utilisant de l’électronique en cours de développement final.

Le Smart Fit est un siège pour véhicule haut de gamme qui ne dispose de pas moins de 11 réglages électriques et pneumatiques pour assurer un confort optimum à son occupant. Inconvénient, il faut étape par étape trouver chaque bon réglage, puis passer au réglage suivant et quelques fois revenir en arrière car les réglages peuvent être interdépendants. Globalement, il faut un quart d’heure lors de la première utilisation et l’on n’est pas sûr d’avoir réalisé le réglage optimum.

« D’où l’idée d’utiliser nos connaissances en terme de confort et de l’électronique, pour simplifier et automatiser toute cette procédure de réglage du confort pour l’utilisateur », explique le chef de projet, Samuel Baudu. Une application sur Smartphone permet d’entrer les données personnelles (taille et poids), de prendre une photo de profil du passager assis sur un tabouret, afin d’en extraire les principales données géométriques de son corps (distances dos/genou, genou/sol et tête/siège), puis de secouer énergiquement le téléphone à bout de bras.

                                          

                                    Une app's pour régler votre siège

L’application dispose alors de l’ensemble des données qui permettent de régler le siège de façon automatique. Une connexion Bluetooth envoie les bons réglages au siège en tenant compte à la fois de l’architecture du véhicule (géométrie, colonne de direction réglable…) et de la morphologie de l’utilisateur. Ces réglages statiques assurent une position confortable de conduite, toujours ajustable, et peuvent être complétés par des réglages dynamiques automatisés en fonction du tracé de la route et du type de conduite pratiqué. « Ainsi un couplage avec un GPS permet de gonfler ou dégonfler les maintiens latéraux suivant le sens des virages ».

On se plait à rêver chez les concessionnaires d’une cabine de numérisation 3D des occupants qui permettrait d’aller encore plus loin dans les réglages automatiques. On nous a assuré que Faurecia était prêt si la demande arrive.

Un Smart Seat utilisant des technologies issues de la plate-forme Smart Fit pourrait voir le jour prochainement chez General Motors sur des véhicules Cadillac destinés au marché américain et chinois.

1 000 m² de laboratoire

Ensuite nous avons pu visiter le laboratoire sous la conduite d’Ignacio Alvarez, directeur R&D Electronique du groupe. Les plus gros équipements sont deux chambres, semi-anéchoïque et réverbérante pour tester la robustesse des modules électroniques face aux radiations électromagnétiques en évaluant leur immunité ou leur conductivité.

Une salle est réservée aux essais climatiques et environnementaux avec 4 chambres climatiques et trois enceintes  permettant d’évaluer l’endurance thermique ainsi qu’aux agressions de l’eau, de la poussière ou du brouillard salin.

De multiples instruments de laboratoire (outils métallographiques, microscopes optiques et machine à rayon X) facilitent l’inspection et l’analyse des modules.

Des bancs assurent les tests fonctionnels automatisés tant pour le matériel que pour le logiciel.

Vous retrouverez notre visite en photos au bas de cet article

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.faurecia.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 31 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

 

  • Laboratoire électronique

    1 000 m² de laboratoire dédiés à l'électronique

  • Pot vibrant

    Un pot vibrant pour soumettre les modules aux pires vibrations possibles

  • Enceintes

    La salle des enceintes climatiques

  • Banc test

    Un banc test de coussins pneumatiques

  • Machine Rayons X

    Une machine à rayons X pour aller voir au coeur des composants sans les détruire

  • Décharge électrique

    Tester la résistance des modules aux décharges électriques

  • Chambre réverbérante

    Le brasseur d'ondes et une antenne de réception dans la chambre réverbérante

  • Chambre anechoïque

    La chmabre anéchoïque pour tester l'émission parasite des modules

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