Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

Eurocopter transfert à Spring son savoir-faire documentation d’assemblage

| | | | | | |

Par publié le à 16h57

Eurocopter transfert à Spring son savoir-faire documentation d’assemblage

Apporter la bonne information aux opérateurs

Le fabricant d’hélicoptères, après avoir demandé à la SSII le développement d’une application spécifique pour gérer ses documents utilisés sur ses lignes d’assemblage, lui transfert une bonne partie de son savoir-faire pour qu’elle l’intègre dans un produit générique. Il gagne ainsi en coût mais aussi en performances, bénéficiant des innovations suggérées par les autres clients.

C’est en 1988 que la division hélicoptères de l’Aérospatiale a contacté Spring, une toute jeune PME qui développait des logiciels à façon dans le domaine de la CFAO essentiellement pour de grands groupes automobile. Il s’agissait de développer des fiches techniques d’assemblage (Projet FTA) destinées à accompagner les opérateurs, en leur donnant accès à des documents de référence décrivant très précisément la séquence des actes et gestes à accomplir à chaque poste.

Un projet gérer alors par Marc Belluau et Jean-Luc Sturlese, aujourd’hui à la tête du site de Méaulte d’Aérolia. Il s’agissait de transférer vers les opérateurs un savoir-faire sur les processus et les contenus métiers.

Une fois l’application réalisée, les dirigeants de Spring entrevoient dans le résultat, un produit généralisable à de nombreuses autres filières industrielles. « Nous avions constaté déjà à l’époque, que les grands éditeurs n’avaient pas de solution comparable. Nous avons donc proposé à Eurocopter de transformer ce développement à façon en produit du commerce qui demeurerait la propriété de Spring », explique Gilles Battier, PDG de Spring Technologies.

« Nous avons fait valoir les profits que le groupe pourrait retirer de ce passage au mode logiciel standard : une réduction des coûts et des évolutions fournies dans le contrat, d’autant plus pertinentes qu’elles s’appuieraient sur le retour d’expérience d’autres utilisateurs. Sensible à nos arguments, Eurocopter a très vite accepté de nous transférer le savoir-faire fonctionnel de FTA ».

Ce que confirme Georges-Éric Mouffle, Chargé de l’innovation de la Global Supply Chain chez Eurocopter : « Dès la fin des années 80, il était de notre intérêt d’utiliser des logiciels standard pour suivre une évolution technologique ne relevant pas de notre cœur de métier. Nous avons profité des optimisations suggérées par les autres clients et utilisateurs, de coûts moindres, ainsi que de l’innovation apportée constamment par Spring Technologies ».

De FTA à Raft

En 1989, Spring devient donc éditeur en commercialisant son système de gestion de données techniques Raft. Il est issu du savoir-faire développé dans le cadre du projet FTA et de la collecte des spécifications d’autres industriels, qui ont permis de distinguer les fonctions génériques, des spécificités métiers. Eurocopter déploiera Raft en lieu et place de son application propriétaire FTA à partir de 1993.

Appuyé sur des technologies de Microsoft, le logiciel fonctionne à partir d’un code standardisé, tout en comprenant une partie paramétrable qui permet à l’utilisateur d’adapter les fonctions génériques à son métier. « C’est tout l’intérêt de notre produit qui a évolué avec le temps. En 2003, nous l’avons rendu plus collaboratif, adapté aux environnements PC et rebaptisé WipLink. Et à mesure que sont apparus le web, des formats numériques nouveaux et des techniques de Workflow toujours plus performantes, nous avons continué à le transformer sur la base des meilleures pratiques du moment », constate Gilles Battier.

Aujourd’hui, WipLink permet aux utilisateurs de créer et de gérer des documents techniques complexes, contenant des données numériques, alphanumériques, graphiques, son et vidéo. Il rend possible des requêtes rapides pour identifier des informations contenues dans un grand nombre de documents – par exemple une pièce ou un process – et procéder à des modifications de masse. Les mises à jour effectuées sont ensuite diffusées immédiatement à tous les utilisateurs de l’entreprise, en France ou à l’étranger, qui sont alors assurés de disposer de l’information la plus à jour pour leur travail quotidien.

Eurocopter dispose de milliers de documents, de 3 à 300 pages dans WipLink. Cette solution est parfaitement adaptée aux normes et aux processus d’Eurocopter. Elle concerne le montage et l’assemblage de toutes les gammes Écureuil, Dauphin, Super Puma, EC175, Tigre et NH90, mais aussi celui des pièces mécaniques, des sous-structures ou la fabrication des pales. Elle est en cours d’introduction dans l’atelier électrique et au MRO, pour la réparation des hélicoptères.

Des fiches techniques à la réalité virtuelle

Au fil du temps, Eurocopter a bien demandé à ses partenaires dans le domaine de l’ERP ou du PLM s’ils pouvaient fournir des solutions équivalentes à WipLink. « Mais notre savoir-faire est unique. Notre solution métier a fait les preuves de sa performance et de sa robustesse non seulement chez Eurocopter – mais aussi, grâce à cette référence prestigieuse, chez Alstom, Latécoère ou Thales – et chaque année, le groupe nous demande des évolutions ou des extensions. Actuellement, il est prévu d’élargir notre solution, qui compte déjà 500 utilisateurs, au service après-vente et MRO », se réjouit Gilles Battier.

Il faut dire que, à l’heure où Eurocopter vend des heures de disponibilité de ses machines, il est crucial pour le constructeur d’insister sur la disponibilité opérationnelle. Ce qui lui impose de garantir à ses clients une qualité de maintenance et de réparation à travers le monde dont l’une des clefs principale est la disponibilité et la fiabilité de la documentation. Un sujet qui n’est pas trivial vu que les appareils varient non seulement en fonction des générations, mais aussi des customisations demandées par les clients.

« Nous sommes en mesure d’accompagner le groupe sur ce sujet stratégique… Tout comme sur les futures mutations technologiques pour lesquelles nous sommes en avance de phase. Nous réfléchissons ensemble sur les méthodes de travail des cinq ou dix prochaines années en envisageant d’intégrer la réalité virtuelle dans les phases de montage aidé », conclut Gilles Battier qui espère également un déploiement dans toutes les filiales du groupe EADS, dont Airbus.

« Dans un contexte réglementaire de plus en plus contraignant, la solution WipLink garantit la qualité et la fiabilité de nos produits. Utilisée dans nos usines françaises, brésiliennes et espagnoles, elle facilite également nos collaborations avec des fournisseurs, nationaux ou étrangers, et le traitement de l’obsolescence », estime de son côté Georges-Éric Mouffle.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.springplm.com/

Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur