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Energies renouvelables : Pourquoi DCNS part à la conquête des mers

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Par publié le à 08h09

Energies renouvelables : Pourquoi DCNS part à la conquête des mers

L'hydrolienne de la start-up OpenHydro rachetée en 2013 par DCNS.

Le constructeur naval militaire DCNS se dote d'une filiale dédiée aux énergies marines : DCNS Energies, en partenariat avec la banque publique Bpifrance et deux partenaires industriels, Technip et BNP Paribas.

Le 6 janvier 2017, DCNS, leader européen du naval de défense, et le fonds SPI géré par Bpifrance, ont annoncé la constitution de DCNS Energies, nouvel acteur industriel des énergies marines renouvelables, auquel s’associent également le groupe Technip et BNP Paribas Développement.

Cette filiale, dotée de 100 millions d’euros de fonds propres, consacrera son activité au développement industriel et commercial de trois technologies pour la production d’électricité à partir d’énergies marines renouvelables (EMR) : l’énergie hydrolienne qui utilise l'énergie cinétique des courants marins, l’énergie thermique des mers (ETM) et l’énergie éolienne en mer, via les flotteurs semi-submersibles. DCNS Energies se positionne ainsi en tant que constructeur de centrales EMR clés en main destinées au marché français et à l’exportation. DCNS peut ainsi valoriser les compétences acquises sur ses projets traditionnels. « Il n’y a rien de plus semblable à une hydrolienne qu’une propulsion sous-marine, a ainsi estimé Hervé Guillou, président-directeur général du goupe DCNS lors de la conférence de presse. Il y a une seule différence : alors que c'est le sous-marin qui bouge en poussant l’eau, dans le cas de l'hyrolienne, c’est l’eau qui bouge et qui pousse l’hélice. »

La création de DCNS Energies se situe aussi dans la continuité des travaux de R&D menés par le Groupe depuis 2008, et de l’acquisition de la start-up OpenHydro en 2013. L’heure semble donc venue de concrétiser. L’expertise que Technip a acquise en termes d’ingénierie et de conduite de projets complexes en environnement marin, notamment pour l’exploitation de champs pétrolier en pleine mer devrait s'avérer très utile.

Energies marines renouvelables : DCNS reste pragmatique

DCNS se concentre sur trois technologies marines, laissant de côté l’énergie houlotrice ou marémotrice, par exemple. « Pourquoi avons-nous sélectionné ces trois technologies ? Sur deux critères, a précisé Hervé Guillou lors de la conférence. Le premier est la capacité et la conviction que nous nous étions faites que ces trois technologies étaient susceptibles d’apporter et de vendre de l’énergie à des coûts acceptables dans les mix énergétiques, même à l’interne, sans subvention, et donc, de porter une véritable économie réelle et de la croissance intrinsèque. Le deuxième critère consistait à garder des différences technologiques fortes, pour évidemment de ne pas avoir un nouvel entrant tous les matins, et donc, d’essayer de constituer une barrière à l’entrée extrêmement forte, qui est celle de la technologie issue de notre connaissance industrielle. »

Hydrolien : Openhydro

Tandis que les pales d’éolienne tournent sous l’effet de la poussée du vent, une hydrolienne en mer fonctionne de manière analogue, mais sous l’effet de poussée des courants marins. La France possède des gisements importants au large de ses côtes d’énergie hydrolienne, pour un total de 3 à 5 GW, sur lesquels des fermes d'hydroliennes pourraient produire l'équivalent de la production de deux réacteurs EPR.

En 2013, DCNS a racheté la start-up OpenHydro et son concept d’hydrolienne. Pour augmenter la force du courant, l’hydrolienne de DCNS est spécifiquement dotée de chaque côté d'un venturi, sorte d'entonnoir amenant l'eau au centre de la turbine en l'accélérant. Les pales se placent dans le sens du courant qui change en fonction des marées. Deux hydroliennes de DCNS ont été mises à l’eau en 2016 en France pour être immergées dans un parc d'EDF.

Mettre des hydroliennes à l’eau n’est toutefois pas si simple. General Electric, un concurrent direct de DCNS a même renoncé officiellement, annonçait ce 6 janvier Les Echos, à immerger sa turbine Océade, affirmant que le « marché n’est pas au rendez-vous ». Dans le même article, le quotidien note que DCNS a depuis dû ramener à terre ses deux hydroliennes pour des raisons de boulons qui n’auraient pas supporté la corrosion.

Le relevage de l'hydrolienne l'Arcouest de DCNS et OpenHydro en 2014

Eolien flottant : Sea Reed

Pour se développer dans les espaces maritimes plus profonds, les porteurs de projets de fermes éoliennes offshore se tournent vers des technologies de fondations flottantes. En France, des fermes pilotes d’éoliennes flottantes pourraient être reliées dès 2018 au réseau électrique français. Dans le cadre du projet Sea Reed, DCNS et General Electric (GE) travaillent spécifiquement à l'adaptation de l'éolienne de 6 MW de GE, l'Haliade 150, sur un flotteur développé par DCNS.

Vue d'artiste d'un parc d'éoliennes flottantes issues du projet Sea Reed.

Energie thermique des mers : NEMO

La filière d’énergie thermique des mers (ETM) utilise la différence de température entre les eaux chaudes de surface et les eaux froides des profondeurs pour produire de l’électricité. DCNS prévoit avec la société Akuo Energy la mise en service d'un prototype à échelle 1 en 2020 en Martinique : Nemo ("New Energy for Martinique and Overseas"). La plate-forme flottante ancrée en mer aura une capacité totale de puissance de 16 MW et ira chercher l’eau froide à 1000 mètres de profondeur !


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