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Disques durs : comment la production est revenue à la normale

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Par publié le à 18h05

Disques durs : comment la production est revenue à la normale

Les fabricants de disques durs font face à une demande accrue de capacité de stockage du fait de la montée en puissance du

Un an après les inondations qui ont touché la Thaïlande en octobre 2011, la production de disques durs, qui avait été fortement impactée par les intempéries, revient à la normale. Les prix redescendent, sans toutefois retrouver leurs niveaux d’avant la catastrophe. Une situation qui pourrait changer avec l'arrivée de nouvelles technologies qui permettraient d'atteindre les 60 To. Nous avons mené l’enquête sur le sujet.

Fin de la période noire pour la production de dispositifs de stockage informatique. Suite aux inondations en Thaïlande en octobre dernier, les fabricants de disques durs que sont Seagate et Western digital avaient vu leur production fortement affectée, soit que leurs usines aient été directement touchées, soit que leurs sous-traitants aient été affectés. Résultat : un envol des prix moyens, passé d’environ 45 dollars par unité de stockage en septembre 2011 à environ 65 dollars fin juin 2012.

Interrogé par Industrie & Technologies, Fred Milon, Directeur Commercial Europe du sud de Western Digital, affirme que « la production a redémarrée à 100 % au dernier trimestre. Nous pouvons servir le marché à hauteur de la demande ». Il précise que malgré les 2 mètres d’eau dans les usines, « la relance de la production n’a demandé que 46 jours ».

Une problématique que Seagate n’a pas eu à affronter : « nos sites sont géographiquement diversifiés et nos usines n’ont pas été directement touchées » explique Jean-Louis Cazenave, Directeur Général de Seagate France. Ce n’est pas le cas des sous-traitants car les fabricants de composants qui sont essentiellement japonais (la Thaïlande comprend 450 filiales d’entreprises nipponnes) ont tous été touchés directement ou indirectement par les inondations.

« Il a été nécessaire de reconstruire la chaîne d’approvisionnement » précise Jean-Louis Cazenave. Fred Milon explique « que certains fournisseurs dotés de petites unités ont mis du temps à retrouver une situation normale ». Cet évènement a renforcé les liens entre les géants des disques durs (Western Digital, avec 34 000 salariés est le premier employeur de Thaïlande) et leurs fournisseurs.

Des prix en hausse à cause d'une forte demande

Reste à savoir pourquoi les prix des disques durs ne retrouvent pas leur niveau antérieur. « Nous ne sommes plus que trois acteurs » explique Fred Million. « Le marché change : il y a deux ou trois trimestres la demande moyenne concernait des capacités de l’ordre des 600 à 700 Mo alors que le marché d’aujourd’hui veut 1 To » précise Jean-Louis Cazenave.

En parallèle, la montée en puissance du Cloud explique une forte demande en capacité de stockage. « En 2007, Seagate produisait 25 hexaoctets contre 150 prévus sur 2012 soit 6 fois plus ! Sur 2011 le cloud représentait 25 % du volume de stockage produit, en 2020 cette technologie devrait peser 60 % » détaille Jean-Louis Cazenave. C’est un problème : « la densité de stockage progresse en moyenne de 25 % par an, alors que la demande de volume de stockage progresse de 60 % ! » précise Fred Million.

Cette situation engendre un déficit d’espace de stockage produit. Pour Fred Million, « avec les technologies actuelles, la barre des 4 To par disque dur est un seuil. Nous travaillons sur de nouvelles technologies pour le dépasser. Mais ce n’est pas le seul axe d’innovation puisque nous avons annoncé en septembre travailler sur des disques durs hybrides capables de répondre à de nouvelles demandes ».

Seagate développe aussi des technologies pour faire progresser la densité du stockage. « Des investissements colossaux sont à venir notamment pour lancer la technologie heat-assisted magnetic recording ou HAMR sur laquelle nous travaillons depuis 10 ans » précise Jean-Louis Cazenave. Un système qui pourrait potentiellement  engendrer des unités offrant 60 To. Ces affirmations prouvent que les disques durs et leurs 220 pièces mobiles assemblées dans des salles blanches classe 100 sont bien des produits de haute technologie.

Mathieu Brisou

 

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