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Disparition de l'un des pères de la CAO française

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Par publié le à 10h15

Disparition de l'un des pères de la CAO française

Michel Théron nous a quitté

 Michel Théron, l'un des deux pères du logiciel de CAO 3D Euclid, et co-fondateur de Matra Datavision, est décédé hier.

Michel Théron, figure emblématique du monde de la CFAO française des années 70 à la fin du 20e siècle, est décédé hier des suites d’une longue maladie, à l’âge de 69 ans. Son parcours professionnel est un résumé de la naissance et de la démocratisation de la CFAO dans l’industrie française.

A la fin des années 60, Michel Théron, jeune ingénieur-chercheur au Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur (LIMSI) du CNRS à Orsay, travaille avec Jean-Marc Brun à la mise au point d’une définition mathématique permettant de modéliser en 3D des objets, afin de faire de la simulation numérique d’écoulements de fluides. Ce langage écrit en Fortran IV, qui fût le sujet de thèse de Michel Théron, s’appelait Euclid.

Présenté dès 1970 au club des utilisateurs des tables traçantes Benson, il intéressa des architectes et l’équipementier automobile DBA qui y vu tout de suite le moyen d’automatiser la conception de pièces mécaniques et demanda des développements spécifiques. La reprise de cet équipementier par Bendix en 1974 arrêta le projet. Mais pour la première fois un logiciel de conception de produits en 3D venait de voir le jour, alors que jusqu’alors les logiciels existants s’intéressaient essentiellement à la fabrication des outillages et au pilotage des machines outils à commande numérique naissantes.

Le projet Euclid fut soutenu par la toute jeune Agence nationale de valorisation de la recherche (Anvar) et l’association Micado basée à Grenoble, comme quelques autres outils destinés à la ‘‘manipulation d’objets 3D en mécanique’’. Michel Théron fut alors détaché en 1977 et 1978 à la Direction des industries électriques et informatique du Ministère de l’industrie (Dieli) pour promouvoir ces projets auprès des industriels français et combattre la suprématie des logiciels américains qui commençaient à envahir l’Europe.

Mais ces projets, encore trop proches de la recherche, trouvèrent peu d’échos auprès des industriels. Toutefois les CNIM, Renault, Messier-Hispano et les Cristalleries d’Arques lanceront des développements autour d’Euclid.

Fondateur de Datavision

Sentant un réel intérêt, Jean-Marc Brun, Michel Théron et Alain Nicolaïdis (sous-directeur à la Dieli) décident de créer une société pour industrialiser et commercialiser Euclid. Ainsi est né Datavision en janvier 1979 dont l’Anvar détenait 40 %, en échange du droit d’exploiter Euclid en toute propriété.

Orienté vers le service à façon autour du logiciel, la société de 4 personnes réalisera un chiffre d’affaires de 1 million de francs pour son premier exercice. Parmi les premiers clients, Matra pour ses activités militaires. Finalement, le groupe de Jean-Luc Lagardère, voulant sécuriser ses approvisionnements, se porte acquéreur de Datavision en octobre 1980 et filialise l’activité sous le nom de Matra Datavision. Alain Nicolaïdis en devint le PDG, Michel Théron, le directeur général et Jean-Marc Brun, le directeur technique.

Des dissensions avec le groupe amenèrent Michel Théron à quitter la société en 1987. Il se lança alors dans le conseil en créant Mithec, puis MT Consulting, qu’européen convaincu il associa au réseau européen de conseil en ce qui allait devenir le PLM, CATN Network.

Doté d’un très bon esprit de synthèse et d’une réelle aptitude pour l’écriture, bannissant la langue de bois, il lança aussi la Lettre CFAO Synthèse et une étude annuelle sur le Marché Français de la CFAO, qui faisaient références sur le marché. Une aventure à laquelle j’ai eu le plaisir de participer pendant 6 ans.

Michel Théron, rattrapé par la maladie, cessa ses activités au début des années 2000 et se retira dans la vallée de la Loire.

Personnage truculent à la faconde méditerranéenne, avec les excès que cela implique, bon vivant et très bon professionnel, il ne pouvait laisser indifférent et restera un grand souvenir pour tous ceux qui ont eu le plaisir de le rencontrer ou de travailler avec lui.

Adieu Michel.

Jean-François Prevéraud

 

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