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Des éoliennes dans le vent ... des camions

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Par publié le à 22h43

Des éoliennes dans le vent ... des camions

Des formes de pales particulièrement étudiées

Une PME développe et industrialise l’idée d’un inventeur qui voulait récupérer l’énergie due au déplacement d’air des camions au bord des autoroutes. Un concessionnaire d’autoroute s’y est impliqué car il entend ainsi alimenter localement ses équipements isolés.

Un camion lancé à grande vitesse créé un gros déplacement d’air. Il suffit de se tenir au bord d’une route pour s’en persuader. Alors pourquoi ne pas utiliser ce ‘‘vent artificiel’’ pour … faire tourner des éoliennes.

C’est l’idée qu’a eu à l’été 2007 Jean-Claude Bois, un inventeur bourguignon, et qui a contacté la société CITA Productions, une PME d’une quarantaine de personnes située à Lamarche-sur-Saône (21), pour la réaliser. Cette chaudronnerie, spécialisée dans les supports de tuyauterie mécano-soudés pour l’industrie nucléaire, y a vu la possibilité de se diversifier et de s’investir dans les technologies ‘‘vertes’’ et le développement durable.

Un projet qui, en 2010, a aussi séduit Bernard Aversenq, Chargé d’affaire à la Direction de la Stratégie et du Développement des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), qui outre l’image de marque ‘‘environnementale’’, y a vu une source d’énergie complémentaire aux panneaux photovoltaïques pour les équipements installés le long des autoroutes (caméras, panneaux de signalisation, station de comptage, station météo…).

Développer une technologie fiable

Reste qu’un gros travail de mise au point a été nécessaire, car ce ‘‘vent autoroutier’’ varie très rapidement et dans de fortes proportions (10 à 100 km/h). Ce qui complique la conception d’un système devant fournir un courant régulier. Pour cela un programme de recherche a été lancé en collaboration avec le Lycée Eiffel de Dijon, qui a développée pour l’occasion une soufflerie expérimentale.

Un prototype d’éolienne exploitant le vent ambiant et l’air déplacé lors du passage des camions a ensuite été construit, testé en soufflerie, puis installé au bord de l’Autoroute du Soleil dans la région d’Auxerre. Des essais qui ont permis d’affiner la conception, tant au niveau de la forme des pales que des dimensions de l’engin.

Le Centre technique des industries mécaniques (Cetim) a également participé au développement en apportant ses compétences en matière de calcul et de dimensionnement de machines, afin d'optimiser la conception et de fiabiliser l’éolienne par des calculs s'appuyant sur des règles de tenue au vent. Cet accompagnement technique c’est fait dans le cadre d’une Action collective régionale (ACR). L’innovation a ainsi bénéficié des contrats de progrès de la métallurgie et de l’appui de la Direccte, du Conseil régional de Bourgogne et du Pôle Innovation de l’Yonne.

Une trentaine de machines

L’éolienne ainsi réalisée mesure 2 m de haut pour un diamètre de 2 m. Mise en service depuis juillet dernier au sud de l’Aire de Venoy, elle développe une puissance de 2 kW. Pour éviter les survitesses, elle est dotée d’aérofreins qui régulent la rotation des pales en cas de rafales de vents violentes.

APRR prévoit de déployer quelques unes de ces micro-éoliennes au bord de son réseau pour alimenter des sites isolés. « Le coût d’une éolienne installée devrait être globalement inférieur à celui des travaux et des câbles habituellement nécessaires pour alimenter nos équipements isolés », explique Bernard Aversenq. Plus besoin alors de tirer des kilomètres de lignes électriques de plusieurs kilowatts pour des besoins réels ponctuels de quelques centaines de watts. Avec ce nouvel équipement, le coût de ces installations pourraient être divisé par dix.

Le marché potentiel serait d’une trentaine de machines rien que pour APRR, et cette technologie semble également intéresser d’autres entreprises. Une fabrication semi-industrielle de ce produit sera lancée dès cet automne.

Une technologie qui pourrait aussi monter en puissance, car APRR envisage maintenant le développement d’éoliennes plus puissantes, de 8 à 10 kW, pour alimenter des sites plus importants (panneaux à messages variables, aires de repos…).

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.aprr.fr  & http://www.cetim.fr

 

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