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Des bateaux ronds aux îles voyageuses

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Par publié le à 14h09 , mise à jour le 14/10/2014 à 15h28

Des bateaux ronds aux îles voyageuses

Utopia : une ile de 100 mètres de diamètre capable de faire le tour du monde

L’utopie est quelquefois à l’origine de belles innovations. En imaginant des cuirassés ronds, les ingénieurs militaires du XIXe siècle étaient loin d’imaginer qu’un jour leurs successeurs proposeraient des paquebots plus proches des îles paradisiaques que des formes longilignes des lévriers des mers.

L’histoire des techniques semble quelquefois tourner en rond tant, à quelques décennies d’écart, les mêmes préoccupations conduisent aux mêmes solutions. Dernier exemple en date : Utopia, un paquebot grand luxe… rond!



                                                        Le paquebot... rond

L’idée des bateaux ronds remonte à l’Antiquité. Il s’agissait de disposer d’une plate-forme légère et stable, capable de transporter une charge ou un nombre de passagers important au regard de la surface du bateau. On retrouve des traces de telles embarcations sur les bords de l’Euphrate en Mésopotamie dans des tablettes d’argile datant de 4 000 ans. Un concept mondial qui a même traversé les siècles puisqu'on retrouve encore de tels esquifs en Inde, en Asie, notamment au Vietnam, ou plus près de nous en Irlande avec le célèbre Coracle. Leur simplicité de construction, accessible aux artisans, n’est pas étrangère à cette survivance, car la structure est en lattes de bois tressées, très proche de la vannerie, recouverte d’une peau ou d’une toile rendue étanche.

Ce type de plate-forme navale revint sur le devant de la scène lorsque les ingénieurs du XIXe siècle souhaitèrent développer des navires de guerre très stables pouvant supporter des canons dont le tir serait ainsi plus précis. Le plus connu d’entre eux est le cuirassé russe Novgorod construit en 1871 suivant les idées du Vice-Amiral Andrey Popov. D’un diamètre de 30 mètres, ce bâtiment de 2 500 tonnes était propulsé à 7 nœuds par 6 moteurs à vapeur d’une puissance totale de 3 000 cv. D’une bien piètre valeur militaire avec un pont très bas balayé par les vagues, le concept fut rapidement abandonné.



                   Le Novgorod fit preuve de peu de qualités militaires

Enfin, pas tout à fait, car d’autres ingénieurs se saisirent des idées d’Andrey Popov pour cette fois construire en 1880 un yacht confortable pour la tzarine à qui l’on voulait éviter le mal de mer. Pour d’évidentes contraintes d’hydrodynamique, on abandonna toutefois la forme ronde exacte au profit d’une forme de feuille rhomboïdale, ayant une largeur de 47 m pour 79 m de long. Le Livadia fut lancé en 1880. Mais une fois encore, malgré les efforts de l’architecte naval russe Erast Gulyaev, le résultat ne fut pas à la hauteur des espérances.

Côté performances, ce navire de 4 500 tonnes atteindra 16 nœuds grâce aux 12 400 cv de ses 3 moteurs à vapeur, une vitesse que des navires classiques de même tonnage de l’époque atteignaient avec une puissance motrice de 2 à 3 fois plus faible. De plus, de nombreux rivets ne résistèrent pas aux efforts colossaux des vagues sur cette structure géante. Ce qui entraîna des réparations difficiles, notamment parce qu'aucune cale sèche de l’époque ne pouvait accueillir un navire aussi large. Et côté confort, les vagues battaient bruyamment la partie inférieure de la coque et balayaient les superstructures car la coque ne suivait pas les mouvements de la houle. Le yacht impérial fut désarmé en 1883.



    Le Livadia faisait preuve d'une grande originalité mais de peu de qualités nautiques.

Les bateaux ronds avaient vécu. Mais, l’histoire n’étant qu’un éternel recommencement, un nouveau projet vient de voir le jour chez Yacht Island Design et BMT Nigel Gee. Il s’agit cette fois d’une plate-forme de 100 mètres de diamètre baptisée Utopia. Elle repose sur l’eau via un plot central et quatre ‘‘jambes’’ se terminant par des flotteurs équipés de pods pour la navigation. Une structure très proche de celle de certaines plates-formes offshore.

Mais le confort y sera digne de celui des plus beaux paquebots ou yacht de rêve. Ainsi, sur les 11 ponts du navire on retrouvera : une galerie marchande, une salle de spectacle, des restaurants, des bars, des discothèques, un casino, un terrain de sport, etc. Une oasis sous serre découvrable occupera le pont supérieur, le tout étant surmonté d’un pont d’observation culminant à 65 m au-dessus du niveau de la mer et offrant un panorama à 360°.

Utopia repose sur un plot central et 4 ''jambes'' motorisées.

Les concepteurs d’Utopia se défendent de vouloir créer un nouvel objet pour voyager, préférant parler « d’un lieu où il faut être ». Une île paradisiaque capable de se déplacer en quelque sorte.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.yachtislanddesign.com

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