Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

[Décryptage] Les acteurs de l’éolien en mer alertent sur les conséquences des objectifs de la PPE

| | | |

Par publié le à 10h12

[Décryptage] Les acteurs de l’éolien en mer alertent sur les conséquences des objectifs de la PPE

Seule éolienne en mer en France, Floatgen a été inaugurée en 2017 et mise en service en 2018 au large du Croisic.

Avec au mieux 5,2 GW d’éolien en mer mis en service en 2028, les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sont jugés décevants par la filière. Pour les acteurs de l’éolien flottant, un délai dans le lancement des premiers appels d’offres commerciaux mettrait le secteur en difficulté.

Dévoilée par le gouvernement le 27 novembre 2018, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe un objectif pour l’éolien en mer compris entre 4,7 GW et 5,2 GW mis en service d'ici 2028. Un objectif intermédiaire de 2,4 GW est annoncé pour 2023. Dans un discours à l’Elysée le 27 novembre 2018, le Président de la République Emmanuel Macron a également annoncé le lancement de quatre nouveaux appels d’offres d’ici la fin du quinquennat. Pour France énergie éolienne (FEE), le porte-parole des professionnels français de l’éolien, ces annonces constituent un « sabordage » de l’éolien en mer. « Avec des objectifs réduits de moitié par rapport aux recommandations de la filière, le gouvernement renonce au potentiel énergétique et industriel de cette énergie », déclare FEE dans un communiqué.

Sur l’objectif maximum de 5,2 GW de la PEE, un volume de 3,5 GW est déjà engagé dans trois appels d’offres déjà lancés. Les quatre nouveaux appels d’offres annoncés d’ici 2022 concernent donc 1,7 GW, au mieux, à répartir sur des projets de fermes éoliennes flottantes ou posées. Un objectif bien en deçà de ce qu’avait proposé FEE en amont de l’annonce de la PPE : 4 à 6 GW additionnels sur l’éolien en mer posé et entre 3,2 à 4,2 GW supplémentaires sur l’éolien en mer flottant en plus des premiers appels d’offres, de celui de Dunkerque et des fermes pilotes éoliennes flottantes issues de l’appel à projets EOLFLO de l’ADEME en 2015 (voir ci-dessous).

Saint-Nazaire mis en service d’ici 2022

Les 3,5 GW déjà engagés dans trois appels d’offres lancés en 2011, 2013 et 2016 concernent sept fermes éoliennes. Les six lauréats des deux premiers ont été annoncés en 2012 et 2014 pour l’équivalent de 3 GW. « Durant le quinquennat, nous mettrons en service le premier parc au large de Saint-Nazaire », a assuré Emmanuel Macron lors de son discours à l’Elysée. Le lauréat du troisième appel d’offre pour l’installation de 500 MW au large de Dunkerque devrait être annoncé mi-2019.

Le 28 novembre 2018 à Brest, dans un discours lors des Assises de l’économie de la mer, le Ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy a déclaré : « Nous considérons que la fiabilité technologique est assurée pour l’éolien offshore posé et qu’il faut maintenant se donner les moyens de la réussir pour l’éolien offshore flottant. Et évidemment d’avoir aussi des coûts qui baissent. Les industriels doivent faire l’effort de démontrer qu’on peut avoir des coûts de plus en plus bas et avoir une compétitivité. »

« Il y a visiblement de la pédagogie à faire, répond Paul de la Guérivière, cofondateur d’Ideol qui a conçu la première éolienne flottante mise en service en France au large du Croisic. La fiabilité technologique de l'éolien flottant est aujourd'hui totalement éprouvée et démontrable. » En plus de Floatgen, il prend pour exemple la ferme de 30 MW composée de 5 éoliennes flottantes en service au large de l'Ecosse. « Par ailleurs, nous avons démontré que l'éolien flottant est une filière tout à fait compétitive, poursuit-il. En Bretagne et en Méditerranée, nous avons l’un des meilleurs gisements de vent en Europe. Il est inconcevable de ne pas exploiter cette ressource naturelle qui nous est donnée. »

Éolien flottant : « Nous sommes prêts »

« Nous visons le prix de l'électricité sur le marché spot », indique Germain Peyer, directeur du développement d’Eolfi, porteur d'un des projets de fermes pilotes d'éoliennes flottantes en France. Il rappelle les avantages de l’éolien flottant : possibilité d’aller à des endroits où le fond marin descend en dessous de 50 mètres de profondeur, où les vents sont puissants et constants, et loin des côtes donc plus acceptable. « Nous changeons juste un élément par rapport à l'éolien en mer posé, rappelle Paul de la Guérivière. Le flotteur coûte un petit peu plus cher que la fondation posée, mais en déplaçant le projet dans une zone plus ventée, le prix de l'éolien flottant est directement corrélé au prix de l'éolien en mer posé, soit environ 60 €/MWh. »

Au-delà des capacités annoncées dans la PPE pour 2028, les acteurs de l’éolien flottant sont unanimes : l’enjeu le plus important est le calendrier pour éviter toute rupture entre la construction des fermes pilotes en 2020 - 2021 et le lancement des premiers projets commerciaux. « Tout le monde est prêt, assure Germain Peyer. Il faudrait lancer la préparation des premiers appels d'offres dès 2019 pour avoir les premiers lauréats à partir de 2020 – 2021 et les mises en service en 2027 - 2028. » Paul de la Guérivière indique vouloir continuer à faire preuve de pédagogie afin d’expliquer le temps nécessaire au développement de ce type de projet : « Il est crucial que les appels d'offre soient lancés rapidement. Un décalage dans le temps serait fatal à cette industrie. »

L'éolien en mer en France

Éolien « posé » : sept projets commerciaux pour 3,5 GW

Le gouvernement a lancé trois appels d'offres en 2011, 2013 et 2016. Les six lauréats des deux premiers ont été annoncés en 2012 et 2014. Le dernier le sera mi-2019.

  • Saint-Nazaire (Atlantique, Pays de la Loire) : 80 éoliennes Haliade 150 de General Electric posées sur le fond marin entre 12 et 25 mètres de profondeur avec des fondations de type monopieu, c’est-à-dire un pieu en acier enfoncé dans le sous-sol marin. Avec des turbines de 6 MW, la puissance totale de la ferme atteint 480 MW.
  • Fécamp (Manche, Normandie) : 83 éoliennes Haliade 150 de General Electric posées sur le fond marin avec des fondations de type gravitaire. L’emprise au sol et le poids d’une structure en béton remplie de ballast assurent la stabilité des équipements. Avec des turbines de 6 MW, la puissance totale de la ferme atteint 498 MW.
  • Courseulles-sur-mer (Manche, Normandie) : 75 éoliennes Haliade 150 de General Electric posées sur le fond marin avec des fondations de type monopieu, c’est-à-dire un pieu en acier enfoncé dans le sous-sol marin. Avec des turbines de 6 MW, la puissance totale de la ferme atteint 450 MW.
  • Saint-Brieuc (Manche, Bretagne) : 62 éoliennes SG 8.0-167 DD de Siemens Gamesa Renewable Energy posées sur le fond marin avec des fondations de type jacket, c’est-à-dire des treillis métalliques en acier. Avec des turbines de 8 MW, la puissance totale de la ferme atteint 496 MW.
  • Dieppe – Le Tréport (Manche, Normandie) : 62 éoliennes SG 8.0-167 DD de Siemens Gamesa Renewable Energyposées sur le fond marin avec des fondations de type jacket, c’est-à-dire des treillis métalliques en acier. Avec des turbines de 8 MW, la puissance totale de la ferme atteint 496 MW.
  • Îles d’Yeu et de Noirmoutier (Atlantique, Pays de la Loire) : 62 éoliennes SG 8.0-167 DD de Siemens Gamesa Renewable Energyposées sur le fond marin avec des fondations de type jacket, c’est-à-dire des treillis métalliques en acier. Avec des turbines de 8 MW, la puissance totale de la ferme atteint 496 MW.
  • Dunkerque (Mer du Nord, Hauts-de-France) : La puissance totale de la ferme atteindra environ 500 MW. Le lauréat de l’appel d’offres lancé en 2016 sera annoncé mi-2019.

 

Éolien flottant : quatre fermes pilotes pour 100 MW

En 2016, l’ADEME a révélé les quatre lauréats de l’appel à projets EOLFLO lancé en 2015. Les fermes pilotes doivent être construites en 2020 - 2021.

  • Groix & Belle-Île (Atlantique, Bretagne) : Porté par Eolfi et CGN Europe Energy, le projet vise à implanter 4 éoliennes de 6 MW de General Electric sur des flotteurs semi-submersibles fournis par Naval Energies.
  • Gruissan (Méditerranée, Occitanie) : Porté par Quadran Energies Marines, le projet Eolmed vise à implanter 4 éoliennes de 6,2 MW de Senvion sur des fondations flottantes semi-submersibles en béton conçues et construites par Ideol et Bouygues Construction.
  • Port-Saint-Louis-du-Rhône (Méditerranée, Provence-Alpes-Côte d’Azur) : Porté par la société Provence Grand Large (PGL), filiale d’EDF Energies Nouvelles, le projet vise à implanter 3 éoliennes sur la zone dite de « Faraman ». Siemens Gamesa fournira les éoliennes de 8 MW et SBM Offshore s’associera à l’IFP Energies Nouvelles pour fournir les flotteurs.
  • Leucate - Le Barcarès (Méditerranée, Occitanie) : Porté par Engie et EDP Renewable, le projet « Les éoliennes flottantes du golfe du Lion » (EFGL) prévoit d’implanter 4 éoliennes sur des structures flottantes en acier. General Electric fournira les turbines Haliade 150 de 6 MW. Principle Power et Eiffage fourniront les flotteurs.
Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur