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DCNS développera 12 sous-marins pour l’Australie pour plus de 34 milliards d’euros

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Par publié le à 11h59 , mise à jour le 27/04/2016 à 00h06

DCNS développera 12 sous-marins pour l’Australie pour plus de 34 milliards d’euros

Des bâtiments très furtifs qui entreront en service en 2030

Nouveau succès pour les industriels français de l’armement, avec DCNS qui remporte le contrat de renouvellement de la flotte sous-marine de l’Australie, portant sur 12 navires pour un montant total de 34,3 milliards d’euros.

La rumeur enflait depuis la semaine dernière, c’est maintenant officiel, c’est le consortium français emmené par DCNS qui entre en négociations finales exclusives avec l’Etat australien pour le renouvellement de sa flotte sous-marine, dans le cadre du programme SEA 1000.

Trois consortiums industriels étaient en lice depuis février 2015 pour tenter de décrocher cet énorme contrat. Outre DCNS, il y avait l’offre de sous-marins japonais Soryu, associant Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Kawasaki Shipbuilding, filiale de Kawasaki Heavy Industries (KHI), et celle du constructeur allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS). Les candidats étaient évalués selon cinq critères : la conception des sous-marins, leur industrialisation, leur maintenance sur trente ans, leur capacité à intégrer un système de combat américain et leur prix, élément déterminant de l’offre.

Le consortium japonais aurait été éliminé car il n’a pas l’expérience de la construction de tels navires à l’étranger, contrairement aux deux industriels européens. Le groupe allemand a quant à lui proposé un projet qui a été jugé inadapté aux besoins australiens, car il n’a jamais conçu de sous-marins de la classe des 4 000 tonnes demandée par Canberra, le double de la taille des bâtiments qu’il produit.

Du coup, c’est le projet français qui a été retenu pour la construction en Australie de 12 sous-marins pour un montant estimé à 50 milliards de dollars australiens, soit 34,3 milliards d’euros. L’annonce officielle en a été faite ce matin par le Premier ministre australien Malcolm Turnbull : « Les recommandations lors du processus d’évaluation des offres ont été sans équivoque : l’offre française est la plus à même de répondre aux besoins uniques de l’Australie ». Il était accompagné pour l’occasion par la ministre de la Défense, Marise Payne, le ministre de l’Industrie, de l’Innovation et de la Science, Christopher Pyne et le Chef d’état-major de la marine australienne, Tim Barrett.

« Cette décision a été motivée par la capacité de DCNS à répondre à l’ensemble des exigences du gouvernement australien. Le Groupe a notamment su proposer des performances supérieures en matière de senseurs et de furtivité, ainsi que des capacités de projection et d’endurance similaires à celles de nos sous-marins de la classe Collins. Le gouvernement australien a également pris en considération le prix, le calendrier, l’exécution du programme, la maintenance et l’engagement de l’industrie australienne ».

Mais il semble qu’outre les capacités à naviguer sur de longues distances du futur sous-marin, ce soit sa discrétion qui ait fait la différence. La France aurait en effet accepté de transférer sa technologie de furtivité, quasi unique au monde. On notera par exemple un système de propulsion où l’hélice est carénée pour être à la fois plus efficace et plus silencieuse, ainsi que des barres stabilisatrices rétractables pour réduire la trainée et les bruits hydrauliques.

Des milliers d’emplois à la clé

Le choix étant fait, DCNS vont maintenant entrer dans une phase de négociations portant sur les modalités du programme en termes de conception, de transferts de technologie, de production, d’intégration du système de combat (d’origine américaine, Lockheed Martin ou Raytheon) et de maintenance pendant 50 ans. Les sous-marins australiens, qui mesureront 97 m seront dérivés des sous-marin français de type Barracuda, à la différence près que la propulsion serait conventionnelle (hybride diesel – électrique) et non nucléaire.

La majorité des études (4 millions d'heures de travail) sera faite en France, notamment sur les sites DCNS de Cherbourg (Manche), Nantes-Indret (Loire-Atlantique) et Lorient (Morbihan), mais aussi chez les grands partenaires de l’industriel, tel Thales pour les sonars, ce qui mobilisera plus de 4 000 personnes pendant six ans et pourrait conduire à la création de milliers d’emplois. En revanche, la construction aura lieu en Australie aux chantiers navals d’Adelaïde (ASC), qui devraient pour l’occasion embaucher 2 800 personnes.

Il est prévu que la conception du futur sous-marin débute dès cette année et que la mise en service du premier sous-marin intervienne en 2030. Ces douze bâtiments remplaceront la flotte actuelle de six sous-marins Collins. Sur les 34,3 milliards d’euros de ce contrat, la part revenant aux industriels français est estimée à 8 milliards d’euros.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://fr.dcnsgroup.com/

Le sous-marin Shortfin Barracuda en images

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