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DBM Technologie vous protège des coups de chaud

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Par publié le à 17h21

DBM Technologie vous protège des coups de chaud

Un écran thermique rigide pour une turbine d'hélicoptère

La PME angevine étudie et réalise sur mesure des écrans thermiques supportant jusqu’à 1 400°C pour de nombreux secteurs industriels. De l’Airbus au tracteur agricole en passant par la Formule 1 et les locomotives, ses produits réduisent les émissions thermiques de multiples équipements.

Rencontre cette semaine avec Alain Mounier le dynamique directeur général de DBM Technologie, une PME angevine, fondée en 2005, spécialisée dans la conception et la fabrication d’écrans thermiques haute température, souples ou rigides, tenant jusqu’à 1 400°C. Des produits que l’on rencontre sur des applications de pointe en aéronautique ou en sport automobile par exemple, mais aussi sur des lignes d’échappement de machines agricoles, pour lesquelles le spécialiste du secteur, Donaldson, lui a fait confiance.

« Notre stratégie est de répondre à la demande de protections thermiques allant de la pièce unitaire à la moyenne série. La pièce unitaire pouvant être pour de la protection de ligne d’échappement des Formule 1 Renault, des voitures d’endurance de Peugeot ou des voitures de rallyes de Citroën, tandis que la moyenne série, pouvant aller jusqu’à 5 000 pièces par an, correspond à des engins de TP ou agricole ». Notons que l’aéronautique entre parfaitement dans cette stratégie, puisque les séries vont d’une quinzaine à un millier de pièces par an.

« Par contre nous ne sommes pas encore assez mûrs pour aller dans le domaine automobile. Les séries y sont certes beaucoup plus importantes, mais les prix y sont aussi beaucoup plus serrés. Il faut donc faire de très gros efforts sur l’industrialisation des pièces et investir dans des moyens de production très automatisés, nous n’en sommes pas encore là ».

Il faut dire que DBM Technologie est une petite structure d’une vingtaine de salariés qui a réalisé un chiffre d’affaires de 1,3 millions d’Euros en 2011 et qui vise les 2 M€ pour cette année. Aller sur le marché automobile imposerait un investissement colossal en locaux et en équipement, au bas mot plusieurs dizaines de millions d’Euros.

« Je ne dis pas que nous n’irons pas un jour, mais pour le moment nous avons d’autres priorités que d’aller vers la grande série. De plus, ce sont des technologies de produits un peu différentes de nos savoir-faire actuels. Ce ne sont pas les mêmes aciers, ni les mêmes principes d’assemblage, ni les mêmes machines de production. C’est la même chose, tout en étant très différent. Nous nous contentons donc pour le moment de faire des lots de quelques dizaines de pièces pour des véhicules de présérie ».

Focalisé sur la petite série

C’est le cas par exemple pour Peugeot qui veut régulièrement quelques dizaines de pièces avec des délais très courts pour lesquelles les outillages n’ont pas besoin d’être totalement aboutis. « Les pièces ainsi réalisées reviennent à 100 €, alors que la pièce de série devra être en dessous de 10 €. La grande série c’est un autre projet industriel. Il nous faut d’abord être bien implanté sur notre marché de la moyenne série avant d’y songer ».

Ainsi en aéronautique Alain Mounier estime que DBM Technologie ne représente que 5 %du fournisseur principal du secteur. « Mais comme nous sommes chaque jour plus compétitif et que le marché est en croissance, nous devrions assez rapidement atteindre 20 à 25 % de part de marché. C’est ce que nous avons déjà en partie réussi autour des lignes d’échappement d’engins ». Une croissance due en partie à la réactivité de l’entreprise grâce à sa structure légère, ainsi qu’à la qualité technique de ses produits.

DBM Technologie travaille par exemple sur des protections de parties en composites des nacelles autour des moteurs Leap-X de Snecma qui seront montés entre autres sur les Airbus A320 Neo. « Bien que nous ne soyons pas au panel, nous avons répondu à l’appel d’offres comme 2 ou 3 autres concurrents et c’est notre offre qui a été retenue. Après 18 mois d’attente, nous sommes maintenant entrain de mener l’étude technique détaillée avec eux et cela doit être réalisé dans les 2 mois. Et ca, nos concurrents ne savent pas faire ! »


                                         

                                      Protection souple pour un réservoir


Mais bien souvent DBM Technologie intervient en rang N-2 auprès d’un grand équipementier. C’est le cas avec Liebherr Aerospace qui a une fonction d’ingénieriste pour des tronçons complets d’avion et qui confie toute la partie protection thermique à DBM Technologie.

DBM Technologie travaille aussi dans bien d’autres secteurs, tel le militaire avec Renault Trucks Defense ou la filiale allemande de General Dynamics, le ferroviaire avec Siemens en Allemagne ou Staedtler en Suisse, la manutention avec Manitou, etc.

Des études en 3D

Les donneurs d’ordres fournissent le plus souvent une définition numérique des pièces et des zones à isoler, ainsi que la nature du problème (réduction de température souhaitée, épaisseur et poids maxi, fiabilité escomptée…). DBM Technologie fait alors une proposition sur la nature et l’architecture de la protection : souple ou rigide ; nombre de parties ; nature de l’isolant et des coques l’enserrant… « Tout cela se fait sous formes d’échanges techniques avec les chefs de projets des donneurs d’ordres ».

DBM Technologie utilise Rhinocéros 3D pour l’étude conceptuelle et sous-traite à des prestataires la réalisation des modèles et plans détaillés. Les études font aussi largement appel à la simulation thermique qui est réalisée à l’aide du logiciel Simu-Therm qui traite les problèmes moyennement complexes. Là aussi, les études les plus sophistiquées sont sous-traitées à des prestataires spécialisés disposant d’outils plus performants. « Nous disposons des moyens de base en interne, mais notre métier est avant tout de faire de l’ingénierie d’écrans thermiques, charge à nous de trouver à chaque fois les bons spécialistes pour résoudre les problèmes pointus ».

Cette étude se traduit par un concept décliné dans une géométrie, des natures et des épaisseurs d’isolants, des types d’encapsulation, qui aboutissent à la réalisation de pièces prototypes qui partent en test chez le donneur d’ordres. « Nous faisons des assemblages d’éléments existants pour aboutir au produit qui répond exactement au problème posé ».

Les isolants utilisés sont de multiples natures (aérogels de silice, fibres, mousses de polyimide…) suivant la température de fonctionnement et le différentiel de température à atteindre. Les encapsulations sont en tissus (Nomex, verre, silice… enduits ou non) pour les produits souples ou en feuilles métallique (inox réfractaire, titane, Inconel…) pour les produits rigides. Les assemblages se font par couture ou collage pour les produits souples, ou par pliage et micro-soudure pour les produits rigides.

Des outils en coques de noix

L’étude de la pièce se fait conjointement à celle des outillages d’emboutissage et de découpe nécessaires à la fabrication. Des outils très spécifiques réalisés en résine chargée avec du bois ou des coques de noix, pour donner un volume ‘‘assez souple’’, dont les surfaces actives sont recouvertes de gel-coat durci et renforcé avec de la poudre d’acier. Une technologie qui garantit une bonne efficacité sur des tôles de quelques centièmes de millimètres, une bonne durée de vie et qui reste financièrement abordables pour de la petite série. Il faut aussi réaliser les outillages de montage.

Pour assurer son développement, DBM Technologie a une stratégie internationale (Allemagne, Suisse, Autriche, Grande-Bretagne et Canada). « Nous travaillons par exemple pour Bombardier au Canada, ce qui va nous donner une certaine visibilité sur le marché aéronautique Nord-américain, où une petite implantation industrielle pourrait nous aider à décoller ».

On le voit, DBM Technologie ne manque pas d’idées pour développer ses activités.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.dbm-technologie.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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