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Connecting Food lance une blockchain dédiée au secteur agroalimentaire

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Par publié le à 09h11

Connecting Food lance une blockchain dédiée au secteur agroalimentaire

Illustration de la blockchain Connecting Food dédiée à l'agroalimentaire

Afin de s’assurer de la conformité des produits agroalimentaires et restaurer la confiance du consommateur, la start-up Connecting Food travaille sur une blockchain dont la première version devrait sortir cette année.

 

Des oeufs au Fipronil, des lasagnes à la viande de cheval et dernièrement du lait infantile contaminé à la salmonelle… Les scandales alimentaires, causés par des erreurs survenues lors des différentes étapes de la fabrication des produits, se sont multipliées ces dernières années, menaçant la santé des consommateurs et attisant leur méfiance. Plus connue pour ses applications dans le secteur des cryptomonnaies, la blockchain, ce grand registre distribué et infalsifiable, où chaque interaction entre les acteurs se trouve archivée, pourrait s’avérer efficace pour restaurer la confiance des consommateurs.

Comment ? En se substituant au cahier des charges actuellement utilisé. « Aujourd’hui, quand on détecte un problème, il est souvent trop tard. Remonter toute la chaîne de production afin de déterminer l’origine de l’erreur prend du temps. L’idée est donc d’inverser le processus, afin d’être averti tout de suite », explique Stefano Volpi, co-fondateur de Connecting Food. La start-up a choisi de mettre au point une blockchain dédiée à cinq des principales filières, particulièrement sensibles : le porc, les oeufs, la volaille, le boeuf et le lait. « Il s’agit d’une plateforme digitale qui audite en temps réel le parcours des produits agroalimentaires en fonction d’un cahier des charges spécifique à chaque filière, ajoute Stefano Volpi. Il s’agit de tracer les produits afin de s’assurer de leur conformité et d’apporter par exemple la preuve d’un label « sans OGM », « sans antibiotique », ou assurant le bien-être animal… ».

En partenariat avec IBM et le CEA List

Pour ce faire, la start-up a créé un partenariat avec IBM, l’un des pilotes du projet Hyperledger (une plateforme open source de développement de chaînes de blocs). Mais aussi avec le CEA List, chargé de développer des couches algorithmiques supplémentaires permettant de configurer la blockchain selon les besoins. A la différence d’une blockchain publique, comme celle de bitcoin, il s’agit ici de blockchain “à permission”. Les acteurs, en nombre restreint, se limitent aux producteurs, transformateurs, distributeurs et doivent certifier leur identité à l’entrée afin de garantir la confidentialité des données partagées.

En pratique, le système développé par Connecting Food repose sur des smart contracts que la technologie blockchain, distribuée, rend infalsifiables. Chaque étape ou information est donc enregistrée dans la blockchain, afin d’en garder la trace. En cas de problème, l’algorithme est capable de détecter les incohérences ou erreurs, de remonter l’historique et de déterminer la responsabilité des différents acteurs.

Remonter jusqu’à la source

Sara Tucci, chercheuse au CEA List détaille son fonctionnement : « Un producteur qui affirme produire des oeufs sans antibiotiques, lorsqu’il enregistre cette déclaration dans la blockchain, ne peut le faire sans enregistrer en même temps un certificat délivré par un organisme certificateur. Ce certificat a une validité. Le système de dating, intégré à la blockchain va donc la vérifier à intervalles réguliers. Si un jour il n’est plus valide, l’alerte est donnée. » Un signal de couleur rouge s’affiche alors sur l’application smartphone des acteurs et la production est immédiatement stoppée. Ou si un jour on trouve des antibiotiques dans les oeufs, l’algorithme pourra remonter jusqu’au livreur qui s’est par exemple trompé de sac de grains destinés aux poules.

« Afin d’être certain que les données enregistrées en entrée sont vraies, celles-ci, encore saisies manuellement chez les acteurs les moins connectés, pourraient être collectées automatiquement en temps réel via des puces RFID par exemple et analysées par l’algorithme pour détecter les incohérences en cas de fausse information », ajoute la chercheuse. Une première version industrielle doit voir le jour en juillet 2018 en France. La start-up développe également ce projet en Italie, Grande-Bretagne et Espagne. A l’été 2017, IBM avait déjà annoncé collaborer avec 10 poids lourds du secteur agroalimentaire autour de telles solutions. Wallmart, Nestlé et Unilever en font partie.

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