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CIMV et Technip industrialisent le raffinage des résidus agricoles

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Par publié le à 14h48

CIMV et Technip industrialisent le raffinage des résidus agricoles

Valoriser les déchets agricoles

La CIMV va industrialiser son procédé de bioraffinage lignocellulosique en partenariat avec l’ingénieriste Technip. Ce procédé permet de valoriser tous les composants de la plante sous forme de molécules d’intérêt en pétrochimie. L’usine traitera à terme 200 000 tonnes de résidus agricoles par an.

La Compagnie Industrielle de la Matière Végétale CIMV a développé un procédé de raffinage permettant de séparer les trois constituants principaux de la lignocellulose : lignine ; hémicellulose et cellulose. La lignocellulose représente le composant majoritaire des résidus agricoles. Le procédé permet ainsi de valoriser les parties les plus ''coriaces'' des végétaux.

Validé sur un démonstrateur basé à Pomacle (51), qui traite 5 tonnes de paille par an depuis 2006, le concept entre dans sa phase industrielle avec l’apport de l’ingénieriste Technip. Ce dernier va assurer la construction d’une première usine à Loisy Sur Marne (51). Celle-ci devrait traiter entre 180 000 et 200 000 tonnes de paille par an selon Michel Delmas, le directeur scientifique de CIMV.

Valorisation en pétrochimie

L’innovation du procédé CIMV repose dans sa capacité à extraire la lignine sans la dégrader. Ces travaux ont été conduits, pour une partie importante, avec l’Université de Toulouse, et plus particulièrement avec l'école INP-ENSIACET. « Aucun autre procédé ne permet de séparer ce composant de la lignocellulose avec une bonne pureté », souligne Michel Delmas.  

L’extraction s’opère grâce à un mélange d’acides acétiques et formiques, « deux solvants abondants et non toxiques », précise Michel Delmas. Sur le modèle de l’extraction sucrière de la betterave, les pailles sont entrainées sur un convoyeur et lavés dans ces solvants. Ces derniers entrainent la cellulose, l’hémicellulose et la lignine. Par des étapes de distillation et de précipitation successives, les trois composés végétaux sont ensuite purifiés. Chacun est revendu comme molécule d’intérêt pour divers dérivés pétrochimiques.

Rentabilité du bioéthanol

Le procédé pourrait intéresser les producteurs de bioéthanol. Pour éviter que les biocarburants n’entrent en compétition avec les besoins alimentaires, ceux-ci s’intéressent de près aux résidus agricoles comme matière première. La cellulose qu’ils contiennent, un polymère du glucose, peut être digérée en alcool par fermentation naturelle. 

« Pour l’instant, les procédés de production d’éthanol cellulosique dégradent la lignine, ce qui empêche sa valorisation. En séparant au préalable la lignine, on peut augmenter leur efficacité économique globale », souligne Michel Delmas. La lignine est une source de phénols, une famille d’intermédiaires pétrochimiques entrant dans la fabrication de colles, enduits, peintures ou encore matériaux d’isolation.

Hugo Leroux

Pour en savoir plus : http://www.cimv.fr/ 

 
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