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Biennale du design : Design mutant pour travail mutant

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Par publié le à 09h27

Biennale du design : Design mutant pour travail mutant

« Working promesse, les mutations du travail », est le thème de la 10e biennale du design de Saint-Etienne.

La Biennale du design de Saint-Etienne (9 mars - 9 avril) a pour thématique le travail, ses mutations et ses promesses. Une invitation aussi à s’interroger sur les mutations du design lui-même.

« Working promesse, les mutations du travail » : tel est le thème de la dixième édition de la Biennale du design de Saint-Etienne (9 mars-9 avril). Un sujet d’actualité avec la poussée de la robotisation, notamment logicielle. Mais en s'interrogeant sur le travail, et sa possible fin, ce n'est-ce pas surtout sur ses propres mutations que s'interroge là le design ?

Normal me direz-vous, le thème de cette 10e biennale a été choisi et mis en scène par le directeur du centre de recherche de la Cité du design, Olivier Peyricot. Et un chercheur, surtout un chercheur designer, cela interroge les usages. Alors pourquoi pas les usages du design lui-même.  « Nous sommes en train de quitter le confort de la modernité, prévient Olivier Peyricot. Et le design lui aussi mute. Il passe de l’illustration du projet moderne par le design de beaux objets à un design de service, un design critique ou un design social. » Le chercheur parle même d’un design en rupture sur ses fondamentaux, les objets, mais qui deviendrait un outil de plus en plus puissant de conception social et politique.

A quoi peut servir ce design mutant ?

Voilà pour les hypothèses. Mais en pratique, à quoi peut servir ce design mutant face aux mutations du travail ? À accompagner toujours plus la délocalisation du travail de l'entreprise au foyer, à instrumenter le digital labor (travail gratuit ou presque, produit par nos connexions) pour le rendre plus visible, ou encore à dessiner de nouveaux mobiliers et lieux de travail collaboratifs, comme le propose l’exposition Panorama des mutations du travail ? À invoquer la science-fiction pour imaginer le travail en équipe à 20, 100... 200 ans et son archéologie, comme dans l’exposition Extra-Vaillance / Working Dead? À valoriser, pour mieux les protéger, les savoir-faire métiers de nos territoires comme autant de chef d'œuvre en péril, comme dans l’exposition Best-of des métiers ? À expliquer -il n'en est que temps!- ce que sont les tiers lieux (exposition Fork the World) ? À prendre soin des travailleurs allongés, contraints ou incités par les smartphones à travailler de plus en plus... au lit, comme le propose l'exposition Cut & Care) ? Ou encore à imaginer la fin du travail, non comme un dystopie, mais comme une utopie (exposition Player Piano) ?

Certes, dans toutes ces expositions de la Cité du design, on est loin de l'objet et des questions de forme et de fonction à la base du design industriel. On est aussi très loin de l'esthétisme ingénieux, marque de fabrique du design français. En se posant ces questions, le design sort de sa zone de confort, de ses certitudes. Trop ? Les designers sont-ils légitimes à interroger la sociologie du travail ? Forcément, cela fait débat.

Le visiteur, travailleur malgré lui ?

Le public de cette 10e biennale risque d’être encore plus dérouté que d’habitude. Il n’aura surtout pas d'autre choix que de s'interroger sur lui-même et sa condition de travailleur, parfois malgré lui. Est-ce que fabriquer les yaourts à la maison, c'est un travail ? Et faire le ménage ? Et liker un post sur Facebook ? Et bricoler dans un fab lab ? Et les robots ? Vont-ils nous voler notre travail, nous en libérer, ou (juste) détruire des emplois, comme l’interroge la stupéfiante installation vidéo "Le monde comme entrepot de livraison" dans la salle des lavabos (dite salle des pendus) du musée de la Mines au Puits Couriot ?

D'ailleurs, avoir un travail, est-ce d’abord et avant tout trouver un emploi correspondant à ses compétences, comme l’interrogent les étudiants chercheurs de l’ESADSEf dans l’exposition la Gueule de l’emploi (Cité du design). Passionnantes questions. Qui, quelles que soient les réponses proposées, donnent une toute autre dimension au design.

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