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Bertin ou la passion de l’innovation

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Par publié le à 16h06

Bertin ou la passion de l’innovation

Les produits propres iun aspect méconnu de l'activité de Bertin.

Rencontre avec Luc Renouil, directeur Business Development de Bertin Technologies, l’occasion d’évoquer avec lui les grands axes d’innovation de cette entreprise spécialisée dans la R&D depuis près de 60 ans.


 

S’il est un nom qui évoque en France la R&D et l’innovation, c’est bien celui de Bertin et de son fondateur, le polytechnicien Jean Bertin.

Celui-ci quitta la Snecma en 1956 pour fonder la société qui porte son nom en l’axant sur l’innovation technologique et la R&D. Touche à tout de génie, il a alors participé pendant une vingtaine d’année à tous les grands défis technologiques nationaux et mondiaux : la dissuasion nucléaire ; l’énergie ; le transport à grande vitesse ; les économies d’énergies ; l’automatisation dans l’industrie ; la sécurité et la santé ; etc.

Avec comme emblème le célèbre Aérotrain, un engin futuriste des années 60 et 70 qui emmenait 80 passagers sur coussin d’air, une invention de Louis Duthion, ingénieur chez Bertin, à plus de 430 km/h sur une voie en béton.

56 ans plus tard la passion de l’innovation est toujours là chez Bertin Technologies, même si s’en est fini de la ‘‘boite d’ingénieurs’’. « Effectivement nous avons connu une longue période de notre vie où, très présent dans la stratégie industrielle de nos clients pour lesquels nous développions des produits ou des procédés très innovants, nous n’avions pas une vision claire de notre propre stratégie industrielle. Nos ingénieurs développaient sans trop se soucier de notre rentabilité. Si nous gagnions de l’argent tant mieux, si nous en perdions tant pis. Une ‘‘boite d’ingénieurs’’ au sens le plus noble du terme, purs et durs. Dans ce sens, notre dépôt de bilan en 1998, notre LBO, puis notre reprise par le groupe CNIM en 2008 ont été un électrochoc salutaire pour l’entreprise », explique Luc Renouil, directeur Business Development de Bertin Technologies.

Bertin est repartie en 1998 avec deux axes principaux de développement, la défense et la santé/biotech. Un secteur à l’époque en émergence mais ou Bertin avait déjà développé pas mal d’outils et d’automates pour le Généthon. « Nous sentions bien que les biotechnologies allaient devenir porteuses et ne nous sommes pas trompés. Nous avons redémarré avec 170 personnes pour un chiffre d’affaires de 15 à 20 millions d’euros. Aujourd’hui nous sommes plus de 500 personnes avec un chiffre d’affaires de 60 M€ ».

Trois axes de développement

Evolution majeure aussi dans la stratégie, même si les études à façon restent très importantes pour Bertin, la société est moins présente sur les prototypes et les ‘‘moutons à 5 pattes’’, et recherche le développement et la vente de produits récurrents, 40 % du CA. « Nous sommes une société qui continue de résoudre des problèmes pour des clients, et nous essayons de le faire de la manière la plus répétitive possible et aussi un peu égoïste en ayant une logique de produits ».

Maintenant Bertin travaille dans le groupe CNIM, une société industrielle à capital familial, comme ‘‘apporteur de l’innovation’’. Bertin a ainsi aidé les CNIM à développer des centrales d’incinération d’ordures ménagères plus performantes et moins polluantes, notamment au niveau des fumées, grâce à l’acquisition de la société lyonnaise LAB, spécialisée dans la purification de l’air.

De son côté, CNIM apporte des moyens industriels et une présence notamment dans les secteurs énergie et environnement. « Aujourd’hui nous fonctionnons suivant trois axes principaux : la défense ; l’énergie/environnement ; la santé/biotech ».

Les deux sociétés collaborent ainsi, avec Marine Elec et Siemens, au projet de développement d’un navire rapide de maintenance destiné aux futurs champs d’éoliennes off-shore. Bertin se voyant confier des sous-ensembles pour le pilotage du navire ou de manutention. « Nous allons fournir les pelles aux chercheurs d’or ! », plaisante Luc Renouil. Même si cela n’empêche pas CNIM et Bertin de mener des développements exploratoires dans le domaine de l’éolien flottant ou de l’hydraulien, afin d’y proposer ses propres produits.

Une multitude de produits propres

Dans le domaine des produits propres, Bertin est par exemple le fournisseur agréé de l’Armée française pour les équipements de détection biologique et chimique (caméras de détection, laboratoire de terrain…). Autre exemple, les petits drones aériens tels ceux utilisés par la Sécurité Civile en cas de catastrophe naturelle. « Nous sommes aussi de plus en plus présents dans le domaine de l’informatique, le renseignement et la sécurité des systèmes d’information pour le Ministère de la Défense. Dans le domaine de l’énergie et de l’environnement, nous proposons SterilWave, un équipement permettant de banaliser et de réduire les déchets DASRI (Déchets des Activités de Soins à Risques Infectieux) ».

Il s’agit de broyer finement les déchets, réduisant ainsi leur volume de 80 %, et de les porter à plus de 100°C par chauffage micro-onde pour réduire la population bactérienne et virale, afin de pouvoir les éliminer sans avoir recours à une collecte sélective. Une machine capable de traiter 500 kg en une heure et dont le prix se situe entre 60 et 100 k€. « On pourrait même envisager d’associer à terme à cette machine un incinérateur capable de valoriser énergétiquement ces déchets ». Un marché de quelques dizaines à quelques centaines de produits par an.

Autre produit innovant de Bertin, Quantom, un système de tri par laser de matériaux permettant de traiter les 50 % de polymères noirs constituant le flux des polymères issus du recyclage des déchets électriques et des véhicules hors d’usage, qui sont actuellement mis en décharge faute d’une solution adaptée de tri.

Il s’agit de focaliser une impulsion laser sur un échantillon pour l’ioniser partiellement et de déduire sa nature par analyse spectrale du plasma créé. Une technologie qui fonctionne sur des convoyeurs ayant des vitesses de plusieurs m/s. Une technologie qui permet de déduire la nature du polymère de base, mais aussi celle de ses additifs. Une technologie qui fonctionne aussi sur les métaux. « Nous travaillons avec le CEA à Grenoble sur des technologies mixant les Rayons X et d’autres bandes de fréquences, pour analyser simultanément un plus grand nombre de familles de matières plastiques ».

Autre domaine le solaire thermique, avec la participation directe à un certain nombre de projets et une station de mesure de la ressource solaire, pour les centrales thermodynamiques à concentration, tenant compte du niveau de l’ensoleillement, des conditions climatiques et de l’empoussièrement des miroirs.

Dans les biotechnologies Bertin a développé des petits équipements ergonomiques de préparation d’échantillons pour l’extraction d’ADN, développés à l’époque de la crise de la vache folle pour réaliser des tests sur le prion.

« Bien souvent ces produits sont issus d’études d’amélioration de technologies confiées par un industriel, avec qui l’on négocie la mise au point à nos propres risques, en lui donnant une exclusivité modulable sur les résultats. Par exemple en déclinant cette technologie dans des secteurs où l’industriel ne veut pas aller », conclut Luc Renouil.

La passion de l’innovation multisectorielle du fondateur est donc toujours présente chez Bertin.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.bertin.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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