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Aztec : l'innovation remonte les pistes

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Par publié le à 17h28

Aztec : l'innovation remonte les pistes

La dameuse Aztec entame la descente d'une piste.

Pour défier les lois de la traction, l’entreprise grenobloise Aztec a réinventé le système de treuil qui assiste les dameuses dans leur ascension de pistes de plus en plus pentues et de moins en moins pourvues en neige.

 

Les couches de poudreuse ont beau s’amincir, les sports d’hiver attirent chaque année de plus en plus de skieurs et surfeurs. Une dameuse de plus de dix tonnes tentant de gravir une piste à la seule force de ses chenilles risquerait de faire plus de mal que de bien au manteau neigeux. Les engins sont donc désormais dotés de treuils. Ils montent en haut des pistes par des chemins de traverses, s’accrochent au sommet et sont assistés par un câble lors de leurs descentes et montées.

Ce câble de 1 200 mètres, communément en acier enroulé sur un touret vertical à l’arrière de la dameuse pèse plus de 800 kilogrammes et empêche le conducteur de voir derrière lui. Partant de ce constat la société grenobloise Aztec s’est rapprochée de l’entreprise nordiste de cordage Cousin Trestec. Celle-ci lui a proposé un câble en fibres synthétiques capable de supporter 12 tonnes de traction. Aztec a ainsi pu développer une dameuse avec un touret à l’horizontale dont le poids était réduit à 80 kilogrammes. La consommation de carburant de la machine est ainsi réduite de 20 %. Un fil luminescent a été intégré lors du tressage du câble, le rendant visible la nuit.

Eviter le coup de fouet

Autre avantage, ce câble synthétique est comme un fil de laine : il n’a aucune élasticité. S’il lâche, il tombe sans claquer ni s’enrouler là où un câble acier en tension pouvait avoir un comportement de fouet, extrêmement dangereux. Lorsque ce fil synthétique casse, nul besoin de remplacer tout le câble. La fibre, creuse, se répare en dix minutes, sur le site, par épissure : il suffit d’insérer l’extrémité tombée dans celle restée sur la machine.

Ce type de cordage a tout de même un inconvénient : il est sensible à l’abrasion. Pour que la fibre synthétique soit la moins touchée possible mais qu’elle s’enroule de façon homogène sur le touret, le plan incliné qui le porte monte et descend alternativement tout au long de l’avancée. Enfin, pour éviter les tête-à-queue, la structure qui supporte le point de rotation de la potence est déformable. Elle peut se déplacer d’un mètre. Que la dameuse descende ou remonte la piste, la force de traction du câble s’exerce ainsi toujours en amont de son centre de gravité, comme le montre cette vidéo :

 

        
 



Explications à la seconde près :

De 0 :00 à 0 :04, la dameuse vient de s’accrocher en haut de la piste et s’apprête à la descendre.

De 0 :04 à 0 :10, tandis que la dameuse fait demi-tour, la potence qui guide le câble du treuil tourne elle-aussi pour être toujours derrière l’engin.

De 0 :26 à 0:43, lorsque la dameuse est vraiment dans la pente, la structure déformable portant le point de rotation de la potence se déplace d’un mètre vers l’arrière. Ainsi, la force de traction du câble s’exerce toujours en amont du centre de gravité, évitant tout tête-à-queue.

De 0 :44 à 1 :00, la dameuse a fait demi-tour est remonte la piste, tractée par le câble. La potence est toujours en amont de la machine. Le câble supporte 3 à 4 tonnes sur les 11 que pèse l’engin.

Charles Foucault.

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