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Ausy en avance sur son plan de marche

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Par publié le à 16h48

Ausy en avance sur son plan de marche

Jean-Marie Magnet (à gauche) et Phillipe Morzillo

L’un des spécialistes français de l’ingénierie a réussi, dans un contexte difficile, à atteindre en 2 ans les objectifs de son plan triennal. Il a joué pour cela la complémentarité de ses différentes acquisitions tant aux points de vue expertise que géographique. Une stratégie transnationale qui sera bien évident au cœur de son futur plan de développement.

« Nous avions avec notre plan Avenir l’objectif de doubler de taille en trois ans entre 2009 et 2012. Nous avons atteint cet objectif en seulement deux ans, puisque nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 293,8 millions d’euros l’an passé, tout en conservant notre rentabilité » constate fièrement Jean-Marie Magnet, PDG d’Ausy, société d’ingénierie et de conseil en hautes technologies. « Mais il nous reste un certains nombre de chantiers à réaliser : Insuffler une nouvelle dynamique d’appréciation des marges sur nos nouveaux périmètres ; Sécuriser les positions sectorielles acquises à travers nos croissances externes en santé, énergie, pharmacie ; Renforcer nos positions géographiques en Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne et Inde ; et enfin préparer un nouveau plan de développement ».

2011 a été une année structurante pour Ausy, marquée par des acquisitions devant aider à conquérir de nouveaux marchés avec de nouvelles offres, ainsi que par une forte croissance organique (+10,3 %). En effet, Ausy a fait l’acquisition d’Aptus, d’APX-AS et d’Elan, ce qui lui a permis ‘‘d’embarquer’’ un chiffre d’affaires de 100 M€ en année pleine.

« Cette évolution nous a aussi permis de conforter notre offre near-shore en Roumanie et de compléter notre offre off-shore en Inde où nous avions déjà un réseau de partenaire, mais où nous disposons maintenant de notre propre filiale », complète Philippe Morsillo, directeur général du groupe.

La complémentarité near-shore off-shore

« Nous tenons beaucoup à avoir cette dualité, car on se rend compte que les projets que l’on envoie en near-shore ne sont pas le mêmes que ceux que l’on envoie en off-shore. En Roumanie nous avons une zone francophone en vraie proximité géographique qui offre des facilité ‘‘logistiques’’ rassurantes pour un client, car envoyer un projet en off-shore est souvent ressenti comme un ‘‘risque’’ par celui-ci. Le near-shore permet d’aller chercher une ‘‘légitimité’’ en terme de coût, tout en contenant au maximum les risques. On constate que c’est souvent une première étape avant la migration vers l’off-shore où l’on va un cran plus loin dans la recherche de compétitivité. Les deux approches sont donc très complémentaires ».

Côté international, Ausy est maintenant très présent en Allemagne avec près de 300 collaborateurs, principalement dans l’aéronautique avec une vraie spécialisation en conception et calcul d’aéro-structures.

Des évolutions qui ont fait passer la part internationale du chiffre d’affaires du groupe de 11 % en 2009 à 21 % en 2011. Une part qui correspond à la fois à l’accompagnement de clients français sur les marchés étrangers, mais aussi à la conquête de clients locaux.

Si l’on s’intéresse aux secteurs industriels clients on s’aperçoit qu’il y a un véritable équilibre entre eux avec partage quasiment égal entre prestations de R&D et Système d’information. L’aéronautique/défense représente maintenant 27 % du chiffre d’affaires (78,3 M€) avec une croissance de 121 % entre 2009 et 2011. « Nous y avons fait une très belle croissance organique sur des comptes tels EADS, Safran et Thales, mais les acquisitions d’Elan et Aptus on aussi eu une forte influence ».

Le deuxième secteur est les télécoms/multimédia (avec 24 % du CA : 69,1 M€) en croissance de 125 % sur les 2 années porté par les opérateurs télécoms mais aussi par ST Ericsson. Le troisième secteur est Service/transport (20 % du CA : 59,9 M€) où se retrouve entre autres l’automobile. « Essentiellement via des équipementiers et pour moins de 5 % du chiffre d’affaires », précise Philippe Morsillo.
Tandis que la Banque/Finance/Assurance représente 16 % du CA (47,5 M€), l’Energie/Environnement représente 7 % (CA de 21 M€). « L’année a été un peu en 2011 parce que Fukushima, avec beaucoup de questions sur le nucléaire, alors que l’Oil & Gas fonctionne plutôt bien. Heureusement 2012 semble être plus serein ».

Renforcer les expertises

« Nous allons essayer de renforcer nos positions dans un contexte incertain tout en confortant nos marges. Ce ne sera pas facile mais on n’a pas le sentiment d’être en période crise. Tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes, mais nous ne sommes pas en 2009. Faire preuve d’un optimisme démesuré serait tout aussi déplacé, même si certains secteurs comme l’aéronautique et les télécoms restent très dynamiques. Il faut aussi faire très attention au risque de pression accru sur les prix, qui peut être atténué par l’importance des work-packages, qui sont négociés sur des engagements pluriannuels ».

Sur les tendances structurelles, on constate un resserrement des panels qui met l’accent sur l’importance des référencements. « Un fournisseur qui avait un panel de 10 à 15 prestataires, il y a 2 ans a réduit celui-ci à 5 ou 6 aujourd’hui. C’est un risque bien sûr, mais c’est aussi une opportunité fantastique. Il suffit de voir ce qui vient de se passer chez Safran ».

De plus, les clients demandent un accompagnement de plus en plus global, tant à l’international que dans le spectre des prestations. Ce qui pousse leurs fournisseurs vers l’approche work-package avec derrière une logique d’expertise.

« Pour renforcer cette logique d’expertise et devenir incontournable, il faut apporter au client des solutions innovantes, ce qui pour un prix équivalent à la concurrence voir plus cher, va vous faire choisir et sortir d’une logique de guerre des prix. Cela passe par la qualité des embauchés, qui vont aussi vous permettre de réduire les délais de développement ».

L’Espagne va devenir du near-shore

Des besoins clients qui confortent Ausy dans sa stratégie, d’autant que celui-ci entend augmenter de 1 à 2 points ses marges, grâce à une meilleure analyse de la rentabilité de ses projets. « Cela se fera en développant les synergies transnationales. Nous avons par exemple des projets aéronautiques actuellement répartis entre Hambourg et Toulouse, mais une partie de ces projets basculera vers Madrid. Car l’Espagne va devenir une zone near-shore de l’Europe, ou des projets pourront être traités correctement pour 25 % moins cher. La capacité à prendre des work-packages complets en transnational en fonction des spécificités de chaque zone géographique sera un vrai relais de croissance et de rentabilité pour les fournisseurs qui sauront le faire. Nos clients l’on déjà intégré dans leur stratégie et prend de l’ampleur sur les derniers mois ».

On va ainsi passer de zones High-Cost vers Middle-Cost, puis Low-Cost. En High-Cost on cherche de la proximité client, de la réactivité, du savoir-faire et à limiter les risques au maximum. En Middle-Cost, on cherche sur des projets matures une légère réduction des coûts, tout en limitant les risques. « C’est par exemple ce qui se passe dans le domaine des télécoms autour des projets intégrant de la technologie 3G ». En Low-Cost on cherche surtout à tirer les prix, mais sur des projets en fin de vie. « C’est quelque chose qui fonctionne bien chez nous depuis environ 18 mois ».

Une logique, qui passe par le développement à l’international ce qui sera au cœur du nouveau plan de développement qui débutera en 2013.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.ausy.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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