Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

Au pied des Alpes, Xerox accélère (incognito) dans le Big Data

| | | |

Par publié le à 17h29

Au pied des Alpes, Xerox accélère (incognito) dans le Big Data

Le centre de recherche européen de Xerox (XRCE), situé à Meylan, s'est spécialisé dans le big data.

La rédaction d'Industrie & Technologies s’est récemment rendue à Meylan, là où Xerox a implanté il y 20 ans son centre de recherche européen. De la Smart City à l’agent virtuel, découvrez les projets méconnus de Xerox dans le Big Data. 

Un château et, en second plan, la chaîne des Alpes. Certains pensent que nous nous sommes trompés de destination. Pourtant, c'est bien à Meylan, situé à une vingtaine de minutes en voiture du centre de Grenoble, que Xerox a choisi d’implanter il y a un peu plus de 20 ans son centre de recherche européen, le XRCE. Un cadre exceptionnel qui a permis d’attirer de nombreux talents. 120 chercheurs de 20 nationalités différentes planchent aujourd’hui sur une batterie de projets, bien souvent très éloignés du cœur de métier initial de Xerox, les photocopieurs.

Depuis le rachat de la société américaine Affiliated Computer Service (ACS) pour 6,4 milliards de dollars en 2010, Xerox a entamé un virage de taille. Désormais, 56 % du chiffre d’affaires de l’entreprise est généré par les services. « Nous essayons de prédire le futur et de créer les technologies et les services qui permettront à nos clients de surfer sur les vagues du changement », assure Monica Beltrametti, astrophysicienne de formation et directrice du XRCE, devant les journalistes venus assister au Media Technology Day, qui s’est déroulé il y a quelques jours.

Le virage "Big Data" de Xerox

Sur une slide, elle présente une courbe de l’évolution des technologies, d’abord dominée par l’ère du PC, puis par Internet, les smartphones, et aujourd’hui l’Internet des objets. Mais, « what's coming next ? ». La question, rhétorique, s'adresse à l’ensemble de la salle. « Les machines intelligentes »,  révèle la slide suivante. « Vous pouvez les entraîner à apprendre, elles peuvent prendre des décisions pour vous, vous parler, dialoguer » énumère Monica Beltrametti, en faisant notamment référence aux algorithmes de Machine Learning, l’une des spécialités du XRCE, qui plus largement oriente ses recherches dans les technologies du Big Data et leurs usages dans différents domaines comme les transports, le service client ou encore la sphère juridique. Objectif : répondre aux attentes des entreprises de plus en plus grandes en la matière.

Pour démontrer l’existence de cet intérêt grandissant et la pertinence de son pivot, Xerox a dépêché sur place un analyste du cabinet Forrester. Dan Bieler prend alors la place de Monica Beltrametti et décortique pour la salle une étude réalisée pour l’occasion. Menée auprès de 330 cadres d’entreprises de cinq pays européens, elle révèle que les solutions de Big Data figurent en haut des priorités TIC en 2015. On y apprend également que 72 % des entreprises interrogées voient dans le Big Data un moyen d’améliorer leur avantage compétitif. Toutefois, « pour porter ses fruits, le Big Data doit être pensé de manière stratégique, et pas que d’un point de vue technologique », plaide l’analyste.

Des projets de smart cities dignes d’IBM et de Cisco

 

 

Après une série d’explications, l’heure est à la démonstration. Xerox veut prouver qu’il joue désormais dans la cour des grands, aux côtés de géants comme IBM et Cisco, spécialistes des Smart Cities. Les journalistes sont alors répartis en trois groupes pour découvrir en petit comité dans le showroom les projets phares du XRCE. Nous rencontrons Onno Zoeter. Depuis juin 2012, il pilote le projet LA Express Park. Développée à Los Angeles, l’initiative permet d’adapter le prix des stationnements en fonction de l’offre et de la demande grâce aux données des parcmètres et celles issues de 8 000 capteurs capables de détecter si une place de parking est occupée ou non. « Les prix ne changent pas en temps réel, mais une fois toutes les trois semaines, pour que les automobilistes puissent s’habituer et se rendre plus facilement dans les zones où les tarifs sont moins chers », précise le chercheur. Basée sur la solution technologique Merge, LA Express Park aurait permis de diminuer de 10 % les problèmes de congestion de la ville provoqués par la recherche de places libres. Un résultat qui a séduit la ville de Washington DC avec laquelle Xerox est récemment entré en négociations.

Après la Californie, direction l’Australie et plus précisément l’agglomération d’Adélaïde, où Xerox a déployé son offre Mobility Analytics Plateform (MAP) afin d’optimiser le réseau de transports publics. La plate-forme s’appuie sur les données issues des tickets de transports pour aider les opérateurs à mieux prédire les besoins des usagers, et comprendre leurs trajectoires. Un outil de simulation permet notamment de visualiser les effets provoqués par une hypothétique panne sur une ligne de métro, pour voir quelles alternatives seront privilégiées par les usagers, et anticiper un renforcement des trames en conséquence. Déclinable pour les parkings, la solution MAP est actuellement testée par Vinci Park à Neuilly.

Un agent virtuel franco-américain

Autre domaine de prédilection du XRCE : l’analyse sémantique. Présenté par Christophe Legras, l’agent virtuel WDS est issu des recherches menées par le XRCE et le PARC (Palo Alto Research Center). Il s’appuie sur des technologies d’analyse de langage naturel et des algorithmes de Machine Learning et d’optimisation d’arbres de décision. Objectif : comprendre le plus rapidement possible le problème du client et lui proposer une solution, comme le ferait un véritable être humain. Sur un écran, l’ingénieur simule une discussion entre un client, qui ne comprend pas pourquoi son smartphone ne veut pas se connecter à Internet, et les réponses de l’agent virtuel qui l’invitera à réaliser plusieurs manipulations jusqu’à la résolution du problème. « Nos technologies d’intelligence artificielle vont permettre à l’outil d’apprendre de ses précédentes expériences pour qu'il puisse, lorsqu’un problème similaire se représentera, trouver plus rapidement la bonne solution » assure Christophe Legras. Une autre plate-forme capable d’analyser en temps réel les données issues des réseaux sociaux, vise, quant à elle, à épauler les agents des centres d’appels. En fonction du problème soulevé sur Twitter, tel ou tel agent, selon ses compétences, appellera le client. Les données issues des réseaux sociaux doivent également permettre de mieux cerner la personnalité de chaque client pour apporter une réponse la plus personnalisée possible. 

 

 

La visite se poursuit autour d'une grande table tactile qui intègre l’outil de gestion de documents Smart Document Review. Développée au XRCE, cette technologie permet à plusieurs personnes de sélectionner du bout des doigts les documents les plus pertinents parmi d’énormes volumes de données via un système de mots clés et des algorithmes d’analyse sémantique. A l’état de prototype, l’interface intéresse particulièrement le monde juridique, notamment dans les pays anglo-saxons, où en amont des procès les deux parties doivent échanger l’ensemble des documents juridiques.

Le temps d’une demi-journée, la firme de Norwalk a réussi son pari : celui de laisser dans les esprits l’image d’une entreprise innovante résolument tournée vers les services et à la pointe des Big Data. Xerox semble désormais désireux de mettre en avant cette (trop) discrète mutation...

Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur