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Attention à ne pas casser la dynamique des IRT !

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Par publié le à 19h03

Attention à ne pas casser la dynamique des IRT !

Les 8 instituts de recherche technologique français (IRT), créés en 2012 et 2013, ont relevé le défi (un peu fou) de la recherche mutualisée public-privé. Au lendemain de leur première évaluation par le Commissariat général à l'investissement qui les finance, ils affichent un bilan plutôt très positif. Mais attention à ne pas ajouter à leur mission de départ trop d’objectifs annexes, d’animation de l’écosystème des PME notamment. Qui trop embrasse… mal étreint !

Attention à ne pas casser la machine ! Les IRT (Institut de recherche technologique) ont prouvé qu’organiser en France une recherche public-privé technologique (TRL 4-5) mutualisée, capable de rivaliser avec les Fraunhofer allemands, était un pari fou… mais réalisable. Certes avec un gros coup de pouce financier du Commissariat général à l'investissement qui va investir dans ces 8 nouvelles structures, créés en 2012-2013, 940 millions d’euros du Programme d’investissement d’avenir (PIA), sur 10 ans. Mais à la veille du 4e forum des IRT (qui se tient à Paris Saclay le 18 octobre), et au lendemain de leur première évaluation d’étape des trois ans du type « stop-ou encore » mené par le CGI, les 8 IRT peuvent dormir tranquilles. Le CGI va continuer à tous les financer, sur le mode théorique de 1 euro public contre 1 euro privé.

Pas d'autonomie financière avant 2030

Les 8 IRT en chiffres

106 transferts des technologies

155 brevets

715 publications scientifiques

58 plateformes et équipement

25 participations à des projets européens de recherche

444 partenaires industriels

100 partenaires académiques

615 personnes (dont 167 doctorants)

910 personnes mises à disposition

200 millions d’euros de budget annuel moyene

 

Certes, certains IRT n’auront pas toute la dotation prévue au départ pour la deuxième tranche de 3 ans. Mais contrairement à certains ITE (Instituts pour la transition énergétique), aucun n’est incité à la fusion. Mieux, le CGI a pris bonne note que l’autonomie financière des IRT au-delà des 10 premières années, prévue initialement, était utopique. « L’idée que les IRT peuvent vivre sans PIA à l’horizon 2020 n’est pas réaliste. On parle plutôt de 2030. Mais la courbe n’est pas identique pour tous les IRT, a estimé Louis Schweitzer, Commissaire général à l’investissement, lors d’une conférence. Mais l’évaluation aura néanmoins bien des conséquences pratiques (financières, ndlr)."

Les conclusions de l’audit des IRT ne seront pas rendues publiques. On saura juste qu’a priori, aucun gros problème de gouvernance n’a été pointé. En revanche, les collaborations des académiques, qui ne placent pas forcément leurs meilleurs chercheurs dans les IRT, les grandes entreprises, qui ne placent pas le cœur de leurs projets d’avenir dans les IRT (la coopétition à des limites), et surtout la collaboration avec les PME sont un peu partout à développer. « La France a un problème de coopération entre les grandes entreprises et les petites. Une des missions des IRT de remédier à ces faiblesses », rappelle Louis Schweitzer.

Un IRT ne peut pas tout faire

Vraiment ? Est-ce aux IRT d’organiser l’open innovation des grandes entreprises ? N’était-ce pas, déjà, le rôle des 71 pôles de compétitivité ? De même, les IRT devraient être un acteur majeur d‘attractivité du territoire, en attirant leurs meilleurs chercheurs par l’excellence de leur installation et de leur projet. Mais encore une fois, n’est-ce pas beaucoup leur demander à la fois?

Certes, l’IRT SystemX, vient de lancer son programme Start qui ouvre pour six mois à des PME l’accès aux ressources de l’IRT pour mener à bien un projet de recherche rapide et leur donner accès dans la foulée à des cas d’usage de grand groupe pour réaliser une preuve de concept. La première promotion de 3 start-up sur le thème de la mobilité a été lancée en septembre en partenariat avec Alstom, Bouygues Télécom, RATP et Renault. Mais il s’agit là d’une exception dans les IRT. De même, côté attractivité du territoire, pour L’IRT BCom, Vincent Marcatté évoque un projet mené avec une PME américaine qui a implanté un laboratoire à Rennes. Mais là encore, c’est l’exception.

L'avènement des French Institutes of Technology

Mais qui pourrait le leur reprocher? En trois ans, les IRT ont rempli leur mission première : mutualiser une recherche publique et privé qui s’ignorait, en fédérant 444 partenaires industriels et 100 partenaires académiques ! Mieux, les IRT commencent même à s’imposer sur le plan international comme les « French institutes of technology », du nom de l’association qui les fédère, FIT, créé en mars 2015 et présidée par Vincent Marcatté, également président de l’IRT BCom. « L’agence qui a réalisé l’évaluation affirme même que les IRT sont meilleurs que les "catapult » britanniques », se félicite Louis Schweitzer. En trois ans, les IRT ont également réussi à intégrer 25 projets européens de recherche. Pas mal. Ce n’est peut-être pas le moment de casser la dynamique en demandant aux IRT de pallier à eux seuls les manques (de visibilité, d’attractivité et d’ouverture aux PME) du système de la recherche technologique en France.

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