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Arts & Métiers : 235 ans et toujours à la pointe de la technologie

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Par publié le à 16h43

Arts & Métiers : 235 ans et toujours à la pointe de la technologie

La réalité virtuelle à la pointe de l'expertise scientifique du centre d'Angers

C’est l’une de nos plus anciennes et grandes écoles d’ingénieurs dont l’origine remonte à 1780. Les Arts & Métiers ont toujours su s’adapter aux évolutions technologiques et faire évoluer leurs cursus de formation pour répondre aux besoins des industriels. Aujourd’hui, le centre d’Angers célèbre ses 200 ans en ouvrant la réalité virtuelle, l’une de ses spécialité, au grand public.

Arts & Métiers, une institution synonyme d’ingénieurs proches des réalités industrielles ! C’est ce qu’évoque le nom de cette grande école d’ingénieurs et ce depuis 212 ans, puisque la création officielle de la première ‘‘Ecole d'Arts et Métiers’’ remonte à un décret de Napoléon Bonaparte, signé en 1803.

Mais ce décret ne faisait que remanier une école créée 23 ans plus tôt par Duc de La Rochefoucauld sur son domaine de Liancourt, dans l'Oise, l’Ecole professionnelle de la Montagne.

Une idée philanthropique

Le Duc François Alexandre de la Rochefoucauld-Liancourt (1747-1827) est un homme épris de progrès scientifique et technique, mais aussi du progrès social, il créera une sécurité sociale pour les ouvriers de ses entreprises de tissage et de faïence, et participera à la fondation de la Caisse d’épargne et de prévoyance de Paris en 1818.

                                 
                    François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld,
                     duc de Liancourt, est à l'origine en 1780 de ce qui
                                   deviendra les Arts & Métiers

Mais dès 1780 il crée, en s’inspirant des réformes anglaises issues de la révolution industrielle, l'École professionnelle des enfants de la patrie, pour les orphelins et fils des soldats pauvres de son régiment de Dragons, dans le but de les former pour devenir officiers ou ‘‘maîtres d'ateliers’’. En 1786, un édit du roi Louis XVI, transforme cette école en ‘‘Etablissement du Royaume’’. En 1788, l'établissement compte déjà 130 élèves.

Pendant la Révolution, l'Ecole, devenue ‘‘nationale’’, connaît les contrecoups des guerres révolutionnaires. En 1800, elle est transférée au Château de Compiègne, dans des locaux plus vastes et mieux adaptés. À la suite d'une visite du Premier Consul, Napoléon Bonaparte, on lui donne une vocation industrielle élargie.

Celui-ci dote l'Ecole d'un nom et d'un statut par décret du 25 février 1803, en l’érigeant en École française des Arts et Métiers. L'enseignement y est théorique mais aussi très pratique. On y apprend entre autres le dessin industriel et la géométrie descriptive. L’Ecole est transférée à Châlons-sur-Marne en 1806, c’est l’Ecole impériale d'Arts et Métiers, et elle est bientôt considérée comme le meilleur établissement technique d'Europe. La Rochefoucauld est nommé Inspecteur général des Arts et Métiers. Il le restera jusqu'à son limogeage en 1823 par Louis XVIII pour ses opinions libérales.

L’Ecole de Châlons va être ensuite complétée par plusieurs autres centres : Angers en 1815, Aix-en-Provence en 1843, Lille en 1900, Cluny en 1901, Paris en 1912, Bordeaux en 1963. Le nom de l’école évoluera au fil du temps et des régimes politiques pour finalement devenir Ecole nationale d’Arts et Métiers en 1870.

Du contremaître à l’ingénieur

Dès 1806, la priorité est donnée à l’apprentissage d’un métier industriel et à la culture générale. C’est une école professionnelle, qui forme des jeunes à partir de 12 ans. Un âge d’admission qui va passer à 15 ans en 1848. La durée des études est alors de 3 années et 4 années pour les meilleurs élèves. Après un examen de sortie satisfaisant, les élèves reçoivent un ‘‘Certificat d’études’’, puis à partir de 1885 un ‘‘diplôme d’Elève breveté’’. La majorité des diplômés était alors embauchée en tant que contremaître ou chef d’atelier dans les manufactures de l’Etat ou dans des industries privées.

L’âge d’admission passera à 17 ans en 1901 et 19 ans en 1921, car dès 1901 un concours d’entrée voit le jour et il faut être titulaire d’un certificat d’études pratiques industrielles ou Certificat d’études supérieures (1901), puis d’un brevet d’enseignement primaire (1921), et enfin d’un baccalauréat mathématiques et techniques (1947). Car le 22 octobre 1907, Gaston Doumergue (alors ministre de l'Industrie et du Commerce) fait promulguer la loi créant le diplôme d'ingénieur Arts et Métiers.


           La salle d'enseignement du dessin industriel au début du XXe siècle au centre de Cluny,
                                           très similaire aux bureaux d'études de l'époque.

 

Ainsi, après 3 années d’études et avoir satisfait aux examens de sortie, les élèves obtiennent un brevet d’ingénieur des Arts et Métiers (1907). Et en 1947, tous les élèves des différents centres sont regroupés pour une 4e année terminale à Paris. Ils obtiennent alors un ‘‘diplôme d’ingénieur de l’Ecole nationale d’Arts et Métiers’’. Enfin en 1963, un ‘‘diplôme d’Ingénieur ENSAM’’, suite à la création de l’Ecole nationale supérieure d’Arts et Métiers, qui a le statut d'établissement public d’enseignement supérieur, doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière.

Notons que de 1901 à 1963, période où l’essor industriel a été très important, l’ensemble des écoles d’Arts et Métiers représentait sur le plan national, chaque année, plus du dixième des ingénieurs formés, avec une forte dominante mécanique, tant en conception qu’en fabrication.

De la mécanique au développement durable

A partir de 1963, la formation devient plus généraliste avec des dominantes qui s’appuient sur les sciences de l’ingénieur (mécanique, structures, matériaux, énergétique, informatique et mathématiques), les sciences et techniques de production (génie industriel, génie électrique) et les sciences économiques et sociales (langues vivantes...). Parallèlement, l’école va se doter entre 1974 et 1990 d’une structure recherche, dans un premier temps à Paris, puis progressivement dans tous les centres régionaux.

Depuis 1990, l’ENSAM est devenu un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPCSCP), placé sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche, lui permettant d’ouvrir des formations doctorales. Après plusieurs réformes pédagogiques et restructuration de sa recherche, afin de s'adapter aux innovations technologiques comme aux besoins de l'industrie, le cursus actuel se définit comme la formation de l'ingénieur en technologie pour l'Europe (FITE), s'inscrivant dans le schéma européen LMD (licence, master, doctorat), complété par une approche interdisciplinaire de la formation et des thèmes d'expertise définis par des objectifs métiers en troisième année, spécifiques à chaque centre.

                          
                            La recherche est au cœur de l'école depuis 1974
 

L'Ecole nationale supérieure d'Arts et Métiers est aujourd’hui une ‘‘Grande école d'ingénieurs’’ qui a formé plus de 85 000 ingénieurs depuis sa création en 1780 et en diplôme actuellement un millier par an. Elle fait partie du pôle de Recherche et d’Enseignement supérieur PRES ParisTech dont elle est membre fondateur et, à ce titre, arbore depuis 2007, la marque Arts et Métiers ParisTech. Elle comprend 8 centres d’enseignement et de recherche, ainsi que 3 instituts répartis sur le territoire français, ce qui lui confère une proximité exceptionnelle avec le milieu industriel en régions. Elle a pour mission principale la formation initiale d'ingénieurs généralistes aux disciplines du génie mécanique, du génie énergétique et du génie industriel, dans un approche développement durable, mais assure aussi la formation continue des ingénieurs et cadres de l'industrie.

Les 200 ans du centre d’Angers

Des valeurs que l’on retrouvera le samedi 24 janvier pour le lancement des festivités célébrant le bicentenaire du centre d’Angers, qui dispose d’une expertise scientifique reconnue en superplasticité, en réalité virtuelle et en fonderie.

A ce titre, le campus Arts et Métiers d’Angers inaugurera une Salle de réalité virtuelle, ouverte en accès libre tout au long de l’année 2015. Le public y découvrira deux applications développées par des étudiants en master Ingénierie du virtuel, proposé sur l’antenne de Laval. Une de ces applications présentera le bicentenaire sur tablette tactile, en réalité augmentée. L’autre utilise la technologie de réalité virtuelle par immersion : le visiteur porte un casque avec écrans intégrés et se retrouve virtuellement dans le cloître de l’Abbaye du Ronceray, où il peut déambuler à sa guise.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.ensam.eu/

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