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XML : le langage qui rend tout possible (03/10/2000)

XML est un standard... qui existe sous une kyrielle de formes différentes ! Qu'importe. Grâce à ce langage, il sera possible d'automatiser les échanges d'information entre entreprises.

 

Voici un raisonnement facile à suivre : l'e-business c'est la collaboration informatisée entre entreprises. D'accord ? Qui dit "collaboration informatisée" dit "intégration des applications". Vous me suivez toujours ? Naturellement, l'intégration des applications implique le dialogue. Et lorsque l'on parle de dialogue que faut-il ? Un langage bien sûr. Et un langage universel de préférence. Eh bien, on peut dire qu'on a de la chance. Ce langage existe ! Il s'appelle XML pour eXtensible Markup Language. Il est en train d'émerger comme le nouveau et grand standard de l'Internet. Un standard, un vrai. Pas un standard de facto, comme ceux auxquels l'informatique nous a habitués :


XML est normalisé par le W3C, une des instances majeures de l'Internet. Ce standard, de plus, est soutenu et même applaudi par tous les ténors de l'informatique, de Microsoft à IBM. Voilà qui assure son succès. Cette reconnaissance unanime, XML la doit à son "intelligence". Plus fort que le langage HTML, il ne se contente pas de présenter le contenu d'une page Web, il dit aux ordinateurs comment traiter le contenu de cette page Web.


L'adopter sans perdre de temps


C'est important pour Internet. C'est crucial pour les applications d'e-business. En s'appuyant sur XML, les ordinateurs des entreprises vont pouvoir échanger des informations entre eux - des bons de commandes, des factures, des plans... - et en traiter une bonne partie de façon parfaitement automatisée. Comme avec l'EDI ? Oui. Exactement. Comme avec l'EDI. Mais mieux. Car avec Internet et XML, les procédures sont infiniment plus légères et les ambitions plus grandes encore.


Parfait. En théorie. En pratique on n'en est pas là. La structure de XML est parfaitement définie et normalisée mais l'étendue du vocabulaire de ce tout jeune langage est pour le moins limitée. Alors, puisqu'il n'est pas question de perdre la moindre minute, dans la plus grande frénésie imaginable, tout le monde définit à tour de bras le vocabulaire qui manque encore à ce jeune enfant pour tenir une conversation. Bien entendu, le vocabulaire défini par celui-ci n'a rien à voir avec le vocabulaire défini par celui-là. La confusion est grande. La situation toutefois n'est pas aussi dramatique qu'on pourrait le craindre. En tout cas, les spécialistes sont unanimes : elle ne doit pas freiner les ardeurs de ceux qui envisagent de bâtir leurs applications Web sur XML. " Les entreprises ont tout intérêt à adopter XML sans perdre de temps même s'il s'agit d'un XML immature ", recommande Henry Peyret, directeur technique d'Euriware.


Un XML standardisé de A à Z ? Impossible !


Un bémol toutefois à cette recommandation. Selon Yefim Natis, analyste du Gartner Group, si XML s'impose absolument dans les relations interentreprises - il n'y a pas d'alternative ! -, l'heure n'est pas encore venue d'en faire le standard pour l'intégration des applications internes à l'entreprise. " La situation va évoluer. Mais à l'heure actuelle je conseillerais d'utiliser XML en interne avec modération. " Pourquoi cette réticence ? À cause d'un défaut inhérent à ce langage : il est extrêmement "verbeux". " Un message XML est de deux à dix fois plus long qu'un message EDI ", souligne Yefim Natis.


En attendant, les dialectes XML pullulent. Qu'ils soient le fait de consortium travaillant, chacun de son côté, à la normalisation ou purement et simplement d'entreprises. On découvre ainsi le xCBL chez Commerce One, le cXML chez Ariba, le Biztalk Framework de Microsoft, l'ebXML issu du consortium Oasis, les PIP de RosettaNet, le tpaML chez IBM, l'aecXML, promu par l'industrie de la construction et bien d'autres encore.


Pour bien comprendre la situation, il faut savoir qu'il existe plusieurs niveaux de vocabulaire à définir pour XML. Le niveau "transport", le niveau "process" et le niveau "contenu". Le premier donne une étiquette à un message XML. Elle indique d'où il vient, où il doit aller et ce qu'il contient. Le niveau process décrit quel type de traitement doit correspondre à tel type d'étiquette. Le niveau contenu, lui, définit la façon dont est présentée une information. Par exemple, il définit comment est décrit un composant, quels sont ses attributs et l'ordre dans lequel on les présente.


Il va de soi qu'à mesure qu'on progresse d'un niveau à l'autre, l'information devient de plus en plus spécifique à un type d'industrie. Si au niveau de la couche transport le même vocabulaire peut convenir à l'industrie électronique comme à l'industrie mécanique, il n'en est plus tout à fait de même lorsqu'il s'agit de décrire le traitement que doit subir une commande. Et il n'y a quasiment plus rien de commun entre la façon dont on décrit un circuit intégré ou un vérin.


Moralité, il va de soi qu'il ne peut, qu'il ne pourra pas et, probablement, qu'il n'est pas souhaitable qu'il y ait un seul XML standardisé de A à Z. Ainsi, on peut sans peine imaginer que les différents consortiums finissent pas se mettre rapidement d'accord sur des normes communes concernant le transport. En revanche, au niveau process, il y aura sans aucun doute des modes de traitement spécifiques aux différentes industries tandis qu'au niveau contenu, fleuriront obligatoirement autant de vocabulaires différents qu'il y a de métiers différents.


L'exemple de RosettaNet


Le problème n'est donc pas de disposer d'un XML et d'un seul, mais au moins, que les intervenants de chaque industrie s'entendent rapidement sur la définition de process et de langages communs. L'industrie des technologies de l'information est aujourd'hui la plus avancée dans cette voie grâce au consortium RosettaNet. Il regroupe tous les grands du secteur (200 entreprises dont Cisco et Microsoft) et planche sur le sujet depuis... 1997.


RosettaNet travaille sur tous les fronts de XML, transport, process et contenu. Ses progrès illustrent bien la problématique actuelle. Ainsi d'un côté, une partie de ses propositions concernant la couche transport a été reprise par un consortium concurrent, ebXML, preuve qu'un consensus est possible. En revanche, RosettaNet montre qu'il n'est pas si simple de faire l'unanimité sur des procédures de travail au sein d'une industrie.


Entre autres choses, le consortium définit en effet des PIP (Partner Interface Processes), autrement dit des procédures de traitement de l'information entre partenaires censées automatiser des activités telles que des ordres d'achats. Au début de l'année, seuls 7 des 23 PIP proposés par RosettaNet ont été adoptés par l'industrie. En août, 42 autres ont été refusés. Le consortium ne désarme pas pour autant. Il doit proposer... 81 nouveaux PIP en décembre.


Que faire alors ? D'abord, comme le conseille Yefim Natis, " surtout ne pas attendre la technologie XML parfaite et standardisée pour commencer à bâtir autour d'XML ". Et, en corollaire, s'apprêter à vivre avec de multiples dialectes XML. De toute façon, " il y a fort peu de chance qu'il y ait de grands consensus avant au moins dix-huit mois " prédit l'analyste du Gartner Group.


Vivre avec plusieurs dialectes ? De par les vertus de la traduction cela n'a rien d'insurmontable. Typiquement, dans une entreprise, un serveur frontal se chargera de recevoir les différents messages XML écrits en différents dialectes et les traduira sous le langage qu'elle utilise pour son informatique interne. Inversement, lors de l'émission de ses messages, le serveur sera chargé de les présenter à l'extérieur sous le dialecte XML ad hoc (voir schéma). Il y a déjà aujourd'hui une multitude de logiciels qui proposent ce type de traduction des langages EDI à XML (ou inversement) et entre différents XML. Bref, encore une fois le grand rêve d'une informatique parfaitement standardisée a fait long feu. Mais au moins, même incomplète, la normalisation d'XML fournit le cadre commun, et très souple, qui rendra possible le traitement automatisé d'un bon nombre de procédures pour l'e- business.

 

 

Un standard... cinq consortiums !

Outre des entreprises, comme Commerce One, qui développent leur propre dialecte XML, (au moins) cinq consortiums, parfois complémentaires, parfois concurrents, travaillent au développement du "standard" XML.

Biztalk

http://www.biztalk.org


Biztalk est une communauté privée créée à l'initiative de Microsoft. Les entreprises qui y participent y éditent leur travail réalisé sur les Biztalk Framework. Ce Framework se veut être une architecture unique pour les applications B to B, B to C et A to A (intégration d'application).


Oasis

http://www.xml.org

Oasis (Organization for the Advancement of Structures Information Standards) est un consortium international à but non lucratif qui travaille à l'adoption de formats de données, dont XML, indépendants des produits. Avec l'UN/cefact, organisme des Nations Unies, Oasis a également créé ebXML (Electronic Business Initiative) qui travaille sur le cadre technique permettant d'utiliser XML dans les transactions de type B to B (http://www.ebXML.org
)


CommerceNet

http://eco.commerce.net

Au sein du consortium CommerceNet, le eCO Framework est un projet pour le développement d'un standard d'interopérabilité entre les différentes applications XML et les différents environnements d'e-commerce.


RosettaNet

http://www.rosettanet.org

Ce consortium regroupe plus de deux cents entreprises de l'électronique, des télécoms et de l'informatique dont (IBM, Microsoft, Compaq, Cisco...). Il veut définir un ensemble de procédures et de formats XML pour ces industries et, éventuellement les proposer aux autres industries. Le nom Rosetta fait référence à la pierre de rosette, utilisée par Champolion pour déchiffrer les hiéroglyphes.


XML/EDI Group

http://www.xmledi.com

Ce groupe travaille à combiner les forces de XML et de l'EDI et développe les technologies de base pour l'utilisation d'XML dans les applications de commerce électronique.

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