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[World Satellite Business Week] Petits satellites : la privatisation de l’espace poursuit son envol, tiré par les télécoms

Aline Nippert

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[World Satellite Business Week] Petits satellites : la privatisation de l’espace poursuit son envol, tiré par les télécoms

Sur l’ensemble des 13 910 lancements de satellites que prédit Euroconsult d’ici à 2030, 61 % seront destinés au marché des télécoms (à savoir 8 500 unités).

© GomSpace

Le World Satellite Business Week, organisé par le cabinet Euroconsult, se termine ce jeudi 15 décembre. Au programme notamment, une discussion autour des perspectives de croissance du marché des petits satellites, que la crise sanitaire n'a pas ralenti. Ces derniers attirent de plus en plus d'opérateurs télécoms.

Le marché des petits satellites – de moins de 500 kg – continue son ascension malgré la crise sanitaire, tiré en grande partie par le secteur des télécoms. À l’occasion du World Satellite Business Week, des pure-players de ce secteur en forte croissance ont exprimé leur confiance quant aux tendances et perspectives à venir.

« Ce qui se passe [en termes d’investissement et de hausse de la demande, ndlr] dans le secteur est historique ! » s’est même exclamé John Gedmark, PDG et co-fondateur de la startup américaine Astranis, au cours de la table ronde. L’événement, organisé par le cabinet de conseil spécialisé dans le spatial Euroconsult, s’est ouvert lundi 13 décembre et se clôture aujourd’hui 15 décembre à Paris.

Fossé numérique

L’optimisme affiché par le représentant de la jeune pousse Astranis, qui vise à produire et opérer des satellites en orbite géostationnaire (GEO) à des fins de télécommunication, est conforté par les chiffres prospectifs. D’après un rapport d’Euroconsult publié en avril 2021, plus de quatre fois plus de petits satellites (d’un poids inférieur à 500 kg) devraient être lancés dans la décennie qui s’ouvre par rapport à la période 2011-2020.

Sur l’ensemble des 13 910 lancements de satellites que prédit Euroconsult d’ici à 2030, 61 % seront destinés au marché des télécoms (à savoir 8500 unités), loin devant les fins d'observation de la Terre (13 %), ceux dédiés à tester des technologies (12 %) ou encore à collecter des informations (6 %). « Plus de 4 milliards de personnes dans le monde ne bénéficient pas de connexion à Internet. Aider à la résolution de ce fossé numérique, c’est une opportunité massive pour le marché des petits satellites », a insisté M. Gedmark d’Astranis. Cette startup, qui a réalisé le lancement de son premier prototype en 2018, travaille actuellement sur son premier programme commercial dont l’objectif est de tripler le débit dans l’Etat de Alaska.

De plus en plus de clients commerciaux

Corollaire à l’intérêt croissant des acteurs télécoms pour les petits satellites, le secteur public continue de perdre des parts de marché au profit du privé. Ainsi, toujours d’après le rapport d’Euroconsult, les clients commerciaux pèseront pour plus de 22,1 milliards d’euros en 2030, alors qu’ils ne comptent que pour 5,2 milliards d’euros en 2020. À titre de comparaison, agences spatiales et instituts de recherche représenteront autour de 12,4 milliards d’euros à horizon 2030.

Les startups qui fabriquent de petits satellites plébiscitent toutefois ces investissements publics, souvent moteurs dans le développement de leur business. « Je pense qu’il y a une forme de synergie possible entre les contrats commerciaux et publics. Que la Space Development Agency (SDA) ait soutenu une petite entreprise comme la nôtre nous a offert beaucoup d’opportunités commerciales par la suite », a notamment expliqué Dirk Wallinger, PDG de York Space Systems, en référence à sa sélection par la SDA (Département de la Défense des États-Unis) pour construire les 20 premiers satellites de la Tranche 0 de la « Transport Layer » en août dernier.

L’entreprise danoise GomSpace, fabricant et fournisseur de nanosatellites, a quant à elle tissé un partenariat étroit avec l’Agence spatiale européenne (ESA) dès le milieu des années 2010 et tirent maintenant ses activités vers la gestion du trafic aérien. « Pour adresser ce segment de marché, il faut vraiment veiller à être au top de la qualité et de la fiabilité dès le début », a souligné Niels Buus, PDG de Gomspace, qui a récemment annoncé le développement de « satellites améliorés pour la gestion du trafic aérien avec le consortium Startical (le géant espagnol de la télécommunication Indra et l’exploitant aéroportuaire espagnol Enaire) ».

Les enjeux et inquiétudes liés à la pollution spaciale, à savoir ces millions de débris spaciaux qui gravitent autour de la Terre et qui risquent de se multiplier avec les futurs milliers de nouveaux lancements de petits satellites, n'ont pas été abordés au cours de cette table ronde.

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