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Voiture électrique Les écoles d'ingénieurs accélèrent

THOMAS BLOSSEVILLE

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Tous les constructeurs sont d'accord, la voiture de demain sera, au moins en partie, électrique. Anticipant cette évolution, plusieurs écoles d'ingénieurs étoffent leurs programmes pour former dès la rentrée les futurs spécialistes. De l'hybride au 100 % électrique, les profils ciblés sont pluridisciplinaires, mais très orientés gestion de l'énergie.

Les voitures électriques envahiront-elles un jour les routes ? Les écoles d'ingénieurs, en tout cas, s'y préparent. Plusieurs d'entre elles lancent, en cette rentrée 2010, de nouvelles options de spécialisation. L'objectif : former les ingénieurs qui concevront et fabriqueront demain les véhicules électriques. Pas de nouveaux métiers en perspective. Mais une évolution des compétences chez les constructeurs, leurs sous-traitants, voire dans le réseau de distribution d'énergie.

« Il manquait une formation alliant la mécanique à l'électrique », diagnostique Mohamed Gabsi, directeur du département électronique, électrotechnique et automatique à l'ENS Cachan. Avec trois autres établissements (Centrale Paris, Supélec, l'IFP School), son école lance cette année un master « véhicule et transport durable », spécialité « électrification et propulsion automobile ». Pour en profiter, les étudiants devront disposer d'un niveau bac+4 en mécanique, en électrique ou en physique. « Nous formerons des spécialistes du véhicule hybride. Du stop and start au tout électrique », précise Mohamed Gabsi.

Autres écoles, même ambition. Avec l'Ensta, Mines et Ponts ParisTech, l'Ensam inaugure ce mois-ci le mastère spécialisé « ingénierie des véhicules électriques ». Il est ouvert aux diplômés des écoles d'ingénieurs françaises (bac+5). Les pré-requis ? « Des connaissances soit en mécanique des milieux continus déformables et en résistance des matériaux. Soit en contrôle commande, en électronique de puissance, asservissements... », détaille Philippe Degobert, responsable des mastères à l'Ensam.

Dans tous les cas, l'objectif sera de former des ingénieurs pluridisciplinaires. « Mécanique, thermique, électronique de puissance... Même s'ils disposeront d'une dominante technique, nos diplômés pourront dialoguer avec des spécialistes d'autres disciplines », assure Mohamed Gabsi, de l'ENS Cachan.

Des programmes adaptés à l'automobile

À condition de maîtriser les enjeux propres aux véhicules électriques. Les écoles l'ont compris. Un exemple : le mastère piloté par l'Ensam est articulé autour de deux spécialisations. La première porte sur la conception des véhicules électriques (maîtrise du poids des batteries, systèmes de propulsion...) et la seconde sur la gestion de l'énergie (hybridation, recharge, récupération d'énergie au freinage...).

Face à l'essor attendu des véhicules à batteries, les formations traditionnelles en génie électrique mettent en avant leurs modules sur les systèmes embarqués. Même s'ils ne ciblent pas spécifiquement l'automobile. Ces écoles, comme l'Enseeiht ou l'Ensem, font valoir leur approche système. « Nous formons des ingénieurs généralistes dans les machines électriques, le stockage de l'énergie, le contrôle commande... », rappelle Jean-François Rouchon, directeur du département génie électrique et automatisme de l'Enseeiht.

Elles ne pourront toutefois éviter d'adapter leur programme à l'automobile. En cette rentrée 2010, l'Ensem ouvre ainsi une nouvelle option de dernière année, sur les systèmes autonomes et technologies embarquées. Cette spécialisation approfondira la maîtrise des équipements clés dans la gestion de l'énergie, le contrôle des actionneurs... Pour 2011, l'école nancéenne prévoit aussi la mise en place d'une plate-forme de travaux pratiques autour du châssis instrumenté d'un véhicule réel (électrique ou hybride). Les étudiants auront à choisir entre différentes technologies de moteurs, d'alternateurs, de batteries... Et à définir les lois de commande pour la gestion globale du véhicule, en grandeur réelle. De quoi susciter des vocations ?

Les nouveaux experts de Renault

Depuis janvier, Renault déploie un réseau d'experts, internes et externes, autour de 91 axes jugés stratégiques. Batteries, motorisation, hybridation... Une dizaine d'axes sont directement liés au véhicule électrique. Parmi les objectifs : définir les compétences sur lesquelles le constructeur doit investir. Les experts leaders seront notamment chargés de développer, avec les écoles, des modules de formation orientés véhicule électrique. Renault est ainsi partenaire du mastère spécialisé « ingénierie des véhicules électriques » piloté par l'Ensam. « Il s'agit d'un axe stratégique pour lequel les compétences sont nouvelles », justifie François Pistre, responsable compétences et expertises stratégiques du constructeur.

Pénurie d'électrotechniciens

PATRICK ALLIOT RESPONSABLE DES APPLICATIONS ÉLECTRONIQUES CHEZ SEGULA

« Pour développer un véhicule électrique, il ne suffit plus d'électrifier un modèle existant. Désormais il faut concevoir des architectures automobiles dédiées. Pour cela, nous puisons dans nos compétences internes. Nos besoins en électronique de puissance sont en croissance permanente et nous peinons à les satisfaire. Notre profil idéal ? Des ingénieurs en électrotechnique avec un an de spécialisation dans l'automobile. Des écoles proposent certes des modules. Mais ils restent peu attractifs aux yeux des étudiants. Ou alors ces formations ne sont pas assez orientées automobile. Sur le plan théorique, l'électrotechnique est la même dans tous les secteurs. Mais dans la mise en oeuvre, l'automobile a des exigences propres en termes de coût, de fiabilité et de contraintes environnementales. »

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