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Véhicule autonome : De l'échec au nouveau départ

Kevin Poireault

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- 24/10/2020 22h:59

Vous enterrez la voiture autonome un peu vite. L'approche de Tesla, basée sur la vision plutôt que sur des LIDARS, est tout à fait viable.

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Véhicule autonome : De l'échec au nouveau départ

Nuages de points issus du lidar équipant un véhicule Waymo. La filiale d'Alphabet (maison mère de Google) a lancé une base de données ouverte pour faire avancer la recherche dans la conduite autonome.

© Waymo

Promise pour 2020, la voiture autonome n’est pas au rendez-vous. Refroidi par les difficultés tant techniques que juridiques et réglementaires, le secteur se recompose et avance plus modestement. Il peut s’appuyer sur les énormes progrès réalisés.

Où sont les voitures autonomes ? Elles devaient pulluler sur nos routes dès 2019 et surtout cette année à en croire les promesses de Tesla, Uber, General Motors, Ford, Volvo, BMW, Daimler, Toyota, Nissan… Aucune ne circule aujourd’hui. Enivrés par la puissance de l’intelligence artificielle version deep learning, constructeurs, stars de la tech et start-up ont fini par se heurter de front à la réalité. Conduire en autonomie et en sécurité en toutes circonstances reste un lointain graal, particulièrement en milieu urbain avec la multitude d’usagers et de comportements possibles. Négocier une intersection complexe, ne pas rester bloqué derrière un camion de déménagement ni freiner d’urgence dès qu’un piéton s’approche du bord du trottoir… La voiture autonome ne sait pas faire. Quant à la certification des algorithmes de machine learning, indispensable à l’homologation des véhicules, elle reste un casse-tête, tout comme les questions juridiques et éthiques soulevées par l’absence de conducteur.

Pour l’heure, c’est la douche froide. « Nous enregistrons une baisse de 60 % des intentions d’investissements des firmes de capital-risque dans le véhicule autonome en 2020 et 2021 », note Guillaume Crunelle, spécialiste du secteur automobile chez Deloitte. Les start-up ont été les premières à caler. Le californien Drive.ai a été sauvé de la faillite par Apple qui l’a racheté en juin 2019, Starsky Robotics, autre californien, a mis la clé sous la porte en mars, l’australien Zoox a été acquis par Amazon en juin pour 1 milliard de dollars alors qu’il valait le double trois ans plus tôt. De leur côté, les constructeurs traditionnels ont pour la plupart repoussé leurs promesses de cinq à dix ans, quand ils n’ont pas tout simplement arrêté d’en faire. Poussés par de nouvelles législations en Europe et en Chine, ils préfèrent investir dans l’électrification de leurs flottes, censée leur garantir « un retour sur investissement bien plus rapide », analyse Guillaume Crunelle.

Des capteurs plus performants

Pourtant, on aurait tort d’envoyer le véhicule autonome à la casse. « Cet emballement a eu pour effet positif de mobiliser tous les acteurs concernés, juge Fawzi Nashashibi, le directeur du projet Robotics and intelligent transportation systems (Rits) à l’Inria. C’est tout un écosystème qui s’est réveillé. » Surtout, les progrès techniques réalisés, tant logiciels que matériels, sont majeurs. « Les capteurs (caméras, radars, lidars, ultrasons) sont de plus en plus performants et de moins en moins chers, s’enthousiasme Sam Abuelsamid, ancien ingénieur automobile et consultant chez Guidehouse Insights. Il y a quinze ans, les premiers lidars de Velodyne coûtaient 80 000 dollars pièce ; on trouve aujourd’hui des modèles haut de gamme à 1 500 dollars. » Et même bientôt à 500 dollars, si l’on en croit la récente promesse de Huawei.

L’électronique embarquée, elle aussi, est passée à la vitesse supérieure. « En 2004, les ordinateurs à bord des véhicules de Carnegie Mellon University étaient capables de réaliser 1,8 trillion d’opérations par seconde, rappelle Sam Abuelsamid. Aujourd’hui, une simple puce Nvidia atteint les 30 trillions d’opérations par seconde ! » Face à la réalité du terrain, le secteur fait simplement preuve de plus d’humilité qu’auparavant – à l’exception notable de Tesla. De nouveaux acteurs, plus pragmatiques, misent sur[…]

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