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Virtutech virtualisera le PowerPC d'IBM

Industrie et  Technologies
Alors que la conception électronique commence à adopter l'approche virtualisation pour réduire ses cycles de développement, la guerre entre les éditeurs d'outils de virtualisation fait rage. Ainsi Virtutech coiffe Vast Systems Technology sur le poteau pou


J'ai, juste avant les vacances, rencontré Michel Genard, un français basé en Californie, responsable du marketing de la firme américaine Virtutech, qui souhaitait réagit à mon article sur Vast Systems Technology (voir notre lettre du 25 octobre).

« Votre interlocuteur concluait votre entretien en évoquant ses discussions avec IBM pour virtualiser le PowerPC à l'aide de ses outils et ainsi s'ouvrir le monde de l'aéronautique. Je suis désolé pour lui, mais nous avons signé mi-novembre un accord avec IBM pour virtualiser, à l'aide de nos outils Simics, la nouvelle génération de cœurs de processeurs embarqués qui arrive avec le PowerPC 464FP. Cet accord est le fruit de quatre années de travail avec IBM pour lequel nous avons déjà modélisé 14 cœurs de processeurs ». Cela illustre bien la féroce bataille à laquelle se livrent les éditeurs d'outils de virtualisation et l'intérêt des utilisateurs pour cette approche qui vise à mener de front le développement des processeurs et des logiciels embarqués.

Rappelons, en effet, que l'objectif de la virtualisation est de fournir des modèles simulant le comportement exact du matériel en temps réel, bien avant la fabrication des premiers composants, pour que les développeurs d'applications logicielles puissent commencer au plus tôt leurs travaux. On peut alors réellement parle de co-conception du matériel et du logiciel.

L'aéronautique, le spatial et le militaire adoptent la virtualisation

Issu de travaux initialisés en 1991 au Swedish Institute for Computer Sciences, Virtutech a été fondée en 1998 en Suède avant de se délocaliser en 2001 dans la Silicon Valley, tout en gardant une partie de ses équipes de R&D à Stockholm. Ses premiers clients ont été Sun Microsystems, pour lequel il a modélisé des stations de travail Sparc multiprocesseurs fonctionnant sous Solaris et Ericsson pour la modélisation de stations de base de téléphonie mobile. Si les semi-conducteurs, l'informatique haute performance et les télécoms restent une part importante des activités de Virtutech, la société a su aussi convaincre nombre d'utilisateurs dans les domaines de l'aéronautique, du spatial et du militaire : Boeing, General Dynamics, Lockheed Martin, la Nasa, Northrop Grumman...

Tout comme IBM pour le Manbo, le Power6 et le PowerPC, nombre de fondeurs ont ainsi adopté les outils Simics de Virtutech pour développer à destination de leurs clients des modèles virtuels de leurs composants, afin qu'ils puissent développer leurs applications avant que les premiers prototypes physiques soient disponibles. C'est par exemple le cas de Freescale Semiconductors depuis l'été ou, depuis décembre, d'Applied Micro Circuits (AMCC) qui travaille autour de l'architecture PowerPC.

« Alors que Vast Systems est proche du matériel, nous travaillons au niveau système, donc à un degré d'abstraction supérieur, mais l'approche reste la même et ce qui est important c'est le côté "distruptif" de cette technologie », explique Michel Genard. Et effectivement les gains sont importants, même si les premiers utilisateurs veulent rester discrets sur les avantages qu'ils en retirent. Sous le couvert de l'anonymat un fabricant de systèmes pour réseaux de télécoms admet que trois de ses ingénieurs les plus chevronnés n'avaient réussi à déboguer correctement un équipement en trois semaines de travail acharné, alors que le recours à Simics a permis de localiser les erreurs en 30 minutes. Un gain important quand on sait que les développeurs passent 50 % de leur temps à faire du débogage. De même, un fabricant d'ordinateurs hautes performances a pu réduire de 22 semaines à 29 jours le temps nécessaire à l'intégration d'un nouveau matériel grâce à la virtualisation.

Faire mieux que la réalité

« Certes cette approche peut paraître dérangeante pour les équipes en place, mais elle arrive au bon moment. Par exemple dans le domaine de l'aéronautique, du spatial et de la défense, elle va permettre de remplacer des développements spécifiques qui sont en bout de course chez les intégrateurs. Dans le domaine des télécoms les développements des logiciels embarqués se font souvent off-shore à l'aide de "fermes de calculateurs", qui consomment beaucoup d'énergie. La virtualisation est donc aussi bonne pour l'écologie ».

La virtualisation, en créant un modèle de matériel idéal permet de développer, de déboguer et d'optimiser un logiciel embarqué pour qu'il soit lui aussi idéal. Ensuite, en dégradant à l'envie le modèle du matériel, car les processus de fabrication ne sont pas parfaits et répétitifs à l'identique, on peut évaluer rapidement la tolérance du logiciel aux imperfections du matériel et éventuellement l'améliorer. Chose totalement impossible quand on développe le logiciel autour d'un unique prototype physique de matériel. « Bref, La virtualisation est donc plus réelle que la réalité, donc plus efficace », conclu Michel Genard.

A la semaine prochaine, mais avant, permettez-moi de vous souhaiter une excellente année 2008 pour vous et tous vos proches.

Pour en savoir plus : http://www.virtutech.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 26 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.



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