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Interview

Vincent Marcatté : « Il faut aller au-delà des verrous technologiques et parler aussi d’usages »

Vincent Marcatté : « Il faut aller au-delà des verrous technologiques et parler aussi d’usages »

Vincent Marcatté est le président du pôle de compétitivité Images & Réseaux, basé à Rennes.

© Juliette Raynal

Le pôle de compétitivité Images et Réseaux, basé à Rennes, a organisé mardi 5 juillet son premier Open Innovation Camp. Dans le cadre de cette journée, le pôle a présenté sa nouvelle feuille de route technologique et a mis sur pied un showroom regroupant 40 projets innovants. Vincent Marcatté, président du pôle, a décrypté pour Industrie & Technologies cette journée dédiée à l'innovation ouverte et à la R&D de demain. Interview.

Industrie & Technologies : Le pôle Images et Réseaux a profité de son premier Open Innovation Camp pour dévoiler sa nouvelle feuille de route technologique et pointer du doigt des verrous technologiques… Quels sont-ils ? Et comment faites-vous pour les identifier ?

Vincent Marcatté : Nous nous appuyons sur l’intelligence collective. Nous avons constitué six binômes qui se sont appuyés sur plus de 50 experts qui viennent du monde académique et industriel. Nous avons, par exemple, des chercheurs qui ont identifié des verrous par rapport à la 5G : comment faire pour avoir plus de débit de manière homogène, tout en consommant moins d’énergie et avec aucune latence ? Sur ce point, nous savons que nous avons des réponses qui sont en train d’être construites. En matière de réalité augmentée, un des verrous concerne le calage des données virtuelles sur le réel. Concernant la réalité virtuelle, l'un des enjeux consiste à créer des systèmes qui pourront être portés plusieurs heures sans avoir des problèmes d’acceptabilité. Ces verrous identifiés par nos experts constituent autant d’opportunités de monter de nouveaux projets collaboratifs. Notre rôle est d’éclairer nos membres sur le champ des possibles.

I&T : S’il fallait retenir quelques idées fortes de cette nouvelle feuille de route technologique, quelles seraient-elles ?

V. M. : Au sein des pôles de compétitivité, nous sommes sur des feuilles de route stratégiques qui durent six ans. Mais au bout de trois ans, nous avons estimé qu’il fallait se poser et mettre à jour notre feuille de route. Et, ce que je retiens, c’est qu’on ne s’était pas trompé il y a trois ans car nos objectifs sont totalement pertinents. Ce que j’ai aussi retenu de cette journée c’est que nous sommes dans un environnement où il y a une très forte imbrication des domaines d’actions stratégiques. Prenez la phrase : « Un utilisateur interagit avec un  logiciel de réalité augmenté et le monde réel en accédant à des données générées par des objets connectés utilisés par d’autres utilisateurs, via des réseaux très haut débit dans un environnement très sécurisé ». Avec cette phrase, qui n’est pas absurde, je positionne chacun des six domaines d’actions stratégiques du pôle (réseaux et Internet des objets, multimédia et big data, sécurité et confiance numérique, interactions, immersions et réalités mixtes, logiciels et ingénierie et utilisateur producteur collaboratif, ndlr). Nous sommes dans un monde où tout s’interpénètre et où nous sommes obligés de maîtriser l’ensemble de ces technologies pour proposer des solutions pertinentes.

I&T : Mais il faut aussi aller au-delà de la technologie…

V. M. : Oui, ce que j’ai constaté également c’est que pour qu’un service soit pertinent, on a besoin de parler d’expérience utilisateur. Il faut proposer aux clients quelque chose qui génère du plaisir, de l’émotion. Si on reste dans une dimension purement fonctionnelle ça ne marche pas. Auparavant, cette composante n’était pas suffisamment prise en compte car nous sommes nés d’un territoire très technologique avec une forte culture d’ingénieurs. Il faut donc aller au-delà des verrous technologiques et parler aussi d’usages. Ainsi, au niveau du pôle, nous avons accueilli un designer en résidence. Il a travaillé avec des PME du territoire et les a secouées. Une solution faite par des ingénieurs pour des ingénieurs ça ne marche pas. Il faut avoir une réflexion sur le design et l’expérience. C’est toute cette culture que nous sommes en train de faire évoluer.

I&T : Selon vous, l’approche collaborative est déterminante pour accélérer l’innovation... 

V. M. : L’approche collaborative est très efficace et j’en suis convaincu depuis longtemps. Aujourd’hui, nous avons 40 stands présents. 20 présentent des projets collaboratifs et 20 autres sont des start-up. Et, parmi ces start-up, la moitié est issue de projets collaboratifs. Prenez par exemple de Dazzl. C’est un essaimage d’un projet collaboratif baptisé The wall, qui fonctionne un peu à la manière de l'application Periscope. Ce projet a été testé lors des fêtes maritimes internationales de Brest. Dazzl part ainsi sur un acquis technologique, une expérimentation d’usage, une vision du marché construite au niveau d’un projet du pôle. De ces projets collaboratifs naissent donc de nouvelles entreprises, mais ces projets permettent aussi de faire grandir des entreprises déjà existantes. On les aide à identifier de nouveaux business, de nouveaux marchés, des clients, des financements. 

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