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VERS DES PROCÉDÉS MOINS ÉNERGIVORES

Sonia Pignet

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L'initiative de Total et de l'Ademe devrait donner naissance à des procédés industriels plus économes.

Total et l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) en sont persuadés : beaucoup de PME ont développé des procédés industriels moins énergivores, mais se sont arrêtées dans leur élan, faute de moyens financiers, après avoir réalisé un pilote à l'échelle 1/10e. Pour aider ces entreprises à prouver la faisabilité industrielle de leurs technologies novatrices, ils ont signé le 15 octobre un protocole d'accord pour financer des projets sur l'efficacité énergétique.

En France, la consommation d'énergie de l'industrie manufacturière représente 37 Mtep (chiffre 2006 uniquement pour la production, hors activités tertiaires), soit 23 % de la consommation d'énergie finale nationale. Sur ces 37 Mtep (mégatonnes équivalent pétrole), 28 sont consommées par les utilités et les procédés transverses, c'est-à-dire tous les process qui ne sont pas le coeur de la production. Ce sont à ces 28 Mtep-là, qui concernent quasiment tous les types d'industries, que l'Ademe et Total ont décidé de s'attaquer.

Les utilités regroupent la consommation qui est induite pour le support des process. Par exemple, l'air comprimé, la distribution de vapeur, le froid, l'éclairage, le pompage ou la ventilation... « En moyenne, les utilités représentent le tiers de la consommation énergétique des industries », estime Gwenaël Guyonvarch, chef du département des procédés industriels et agricoles à l'Ademe. Les procédés transverses sont les procédés génériques, que l'on retrouve dans de nombreuses industries, comme les technologies de séparation des fluides, de séchage, de chauffage, de cogénération, les échangeurs... « Leur consommation énergétique est du même ordre de grandeur que celle des utilités, voire un peu supérieure », indique Gwenaël Guyonvarch.

Dénicher de nouvelles technologies

De ce protocole sont donc exclus les procédés de production spécifiques à certains secteurs, telles que les hauts-fourneaux ou des réacteurs chimiques particuliers. « Nous allons travailler sur toutes les opérations transverses », résume Jean-Paul Gourlia, le directeur du programme énergie chez Total.

Sur les utilités, l'Ademe estime qu'il faudrait économiser 4 Mtep par an, et environ 6 Mtep pour les procédés (technologies génériques et coeur de procédés), d'ici à 2020. Si le plan climat-énergie implique une augmentation de l'efficacité énergétique de 20 %, ce programme ne vise pas forcément cet objectif. Il s'agit avant tout de dénicher de nouvelles technologies, susceptibles d'apporter une amélioration. Et de les aider à voir le jour. Total prévoit de financer le programme à hauteur de 100 millions d'euros sur cinq ans, tandis que l'Ademe contribuera à l'aide aux crédits d'intervention pour un montant de l'ordre de 3 millions d'euros par an. Une trentaine de projets devrait bénéficier de ce coup de pouce.

Pour repérer les technologies qui les intéressent, l'Ademe et Total vont lancer des appels à manifestation d'intérêt, thème par thème. « Nous ne sommes pas dans la R & D, mais bien dans l'industrialisation et la validation à l'échelle industrielle », souligne Gwenaël Guyonvarch. À la différence d'un appel à projet, « nous allons travailler avec ces sociétés dès réception de leur candidature pour améliorer leurs projets, avant même acceptation », explique-t-il. S'il est préférable que les technologies soumises soient utilisables par Total ou ses clients, ce n'est pas une absolue nécessité. Un comité d'experts de Total et de l'Ademe décidera des projets, mais l'accord est assez souple, et autorise le financement par un seul des deux partenaires.

Minimiser l'impact environnemental

En fonction de la nature du projet, l'aide prendra diverses formes. « S'il s'agit d'un simple échangeur, nous pouvons le mettre en test dans un site industriel interne ou externe, indique Jean-Paul Gourlia. Si c'est un système plus complexe, comme un séparateur, il faudra faire un pilote, ce qui est plus coûteux. » Un critère sera cependant essentiel : l'impact environnemental. « Nous serons très attentifs à ce que les technologies retenues soient propres, notamment en termes de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques », signale le chef du département des procédés industriels et agricoles à l'Ademe.

D'ores et déjà, un premier appel a été lancé (notre encadré). Total a également débuté un projet en collaboration avec le Greth, le Groupement pour la recherche sur les échangeurs thermiques. « Aujourd'hui, les échangeurs tournent à pleine puissance pour un fonctionnement optimisé qui ne représente que 10 % du temps d'utilisation. Il faut développer de nouveaux échangeurs ayant une puissance optimale mieux répartie sur la durée d'utilisation. Avec des échangeurs dont la puissance est variable, il sera possible de gagner jusqu'à 20 % d'efficacité énergétique », prédit André Manificat, le directeur général du Greth. Pendant un an, ses experts vont travailler sur Bethi-Total, une base bibliographique recensant les échangeurs thermiques pour l'industrie ; ceux existants, ceux en développement ou encore en phase de démonstration, partout dans le monde.

Avis aux amateurs

Vous êtes plutôt une PME ? Vous avez développé une technologie permettant de valoriser la chaleur à basse température (entre 50 et 120 °C) que vous aimeriez valider à une échelle industrielle ?

Le premier appel à manifestation d'intérêt publié par Total et l'Ademe est fait pour vous. Lancé à la mi-octobre sur le site web de l'Ademe, il est destiné à aider financièrement les entreprises à mettre en oeuvre une technologie permettant : - de remonter le niveau thermique pour rendre cette chaleur valorisable ; - de produire de l'énergie mécanique ou électrique ; - de proposer des systèmes couplés de transport et de stockage de chaleur bas niveau. Vous avez jusqu'au 15 décembre pour déposer vos dossiers.

37Mtep*

C'est la consommation d'énergie de l'industrie manufacturière en France.

Sur ces 37 Mtep, 28 sont consommées par les utilités et les procédés transverses. C'est à ces 28 Mtep que l'Ademe et Total vont s'attaquer. *Mtep : mégatonne équivalent pétrole (chiffre 2006 et hors activités tertiaires)

GRÂCE AU PROTOCOLE D'ACCORD SIGNÉ ENTRE TOTAL ET L'ADEME

Les PME vont pouvoir développer leurs technologies innovantes à l'échelle industrielle.

Quelque 115 millions d'euros y seront consacrés. Cet apport permettra aux entreprises de développer des procédés innovants dans les domaines suivants : - la petite cogénération - les chaudières - les échangeurs (en photo) - le séchage - la séparation des fluides - la récupération de la chaleur basse température ä les systèmes de réfrigération, d'air comprimé, de ventilation, de pompage, d'éclairage, de production vapeur ou de fluides caloporteurs

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