Nous suivre Industrie Techno

abonné

Usine 4.0 : l'ère du dialogue avec les machines

Sujets relatifs :

, ,
Usine 4.0 : l'ère du dialogue avec les machines

Dans les usines 4.0, opérateurs et outils de production sont appelés à cohabiter harmonieusement. De nouvelles interfaces visant à faciliter la communication sont à l’étude.

En 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, proclamait : « Il faut remettre l’industrie au cœur de notre économie et l’homme au cœur de l’industrie. » Avant lui, Arnaud Montebourg avait creusé le même sillon. De fait, les usines sont en pleine mutation sur les plans organisationnel et technologique, et ce mouvement pourrait redéfinir en profondeur le rapport entre l’homme et les machines de production.

Qu’elle réponde à l’appellation industrie du futur, en France, ou industrie 4.0, outre-Rhin, cette révolution s’appuie sur les outils numériques pour apporter aux chaînes de production flexibilité, adaptabilité et réactivité. Modèles numériques permettant de prévoir les opérations de maintenance, robots aisément configurables pour s’adapter rapidement aux changements de production, lignes truffées de capteurs pour prévenir les opérations de maintenance… Il y a encore quelques années, ces technologies pouvaient paraître futuristes. Elles investissent aujourd’hui les chaînes de production, afin de développer l’automatisation des processus. Cette progression de la robotisation, ainsi que de la place laissée aux machines à qui l’on confie davantage de traitements, voire de prises de décision, s’accompagne de la crainte d’une réduction des emplois dans l’industrie. « Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir s’il faut automatiser nos usines », souligne Stéphane Cassereau, le directeur général de l’IRT Jules Verne, qui travaille notamment sur de nouveaux processus de production industriels. « Nous devons surtout nous interroger pour savoir où placer le curseur entre le rôle de l’homme et celui de la machine. » Cela conduit à repenser le rapport qu’entretient l’opérateur avec l’outil de production. Qu’est-ce qui définit une tâche de robot ? Qu’est ce qui définit une tâche d’humain ? La réponse n’est pas toujours aisée. « La tendance serait de considérer que si une tâche, ou même une prise de décision, est à la fois répétable et automatique, nous sommes dans le champ de compétence des machines », constate Stéphane Cassereau. à l’homme, revient donc la gestion des tâches dites complexes, où la créativité joue parfois un rôle important.

Communication sensorielle

L’arrivée de nouvelles technologies a pour conséquence de complexifier le processus de production dans son ensemble, en augmentant le nombre d’actions gérées par le système : contrôle qualité, maintenance prédictive, prise en compte des changements sur le produit en temps réel, personnalisation de plus en plus élevée… Cette flexibilité devrait conférer à l’opérateur un rôle décisionnel plus important. « Le pilotage, la supervision, la reconfiguration de la production et la prise de décision quant aux arbitrages complexes définiront à l’avenir le rôle de l’homme au sein de l’usine 4.0 », estime Stéphane Cassereau. La machine se chargerait ainsi des travaux pénibles, tandis que l’homme apporterait comme valeur ajoutée son intelligence, sa créativité et sa faculté d’adaptation. Selon certains analystes, c’est justement cette nouvelle division du travail qui fera basculer l’industrie dans une autre ère, bien plus encore que l’hyperconnectivité des équipements ou la digitalisation des usines.

« Il y a eu une évolution dans les mentalités concernant les systèmes d’automatisation, relève Yvan Measson, le PDG d’Isybot, une entreprise spécialisée dans la robotique collaborative. Les robots possédaient une mauvaise image, ils étaient perçus comme une intrusion de la machine dans le quotidien. Plusieurs initiatives d’organisations professionnelles, comme le Symop, ont permis de faire prendre conscience de l’avantage compétitif offert par les automatismes et de mettre en avant leur rôle pour préserver l’emploi dans l’Hexagone. » L’enjeu consiste désormais à faire baisser la pénibilité du travail, en apportant une assistance physique et cognitive à l’opérateur.

Loin de l’usine blanche et impersonnelle que certains redoutent, les promoteurs de l’usine 4.0 ambitionnent avant tout de réconcilier l’homme et la machine, au point de les inviter à partager le même espace de travail [lire l’encadré page 25]. Comme dans toute collaboration, une adaptation réciproque sera nécessaire. L’homme verra son travail modifié par ce nouveau « collègue », tandis que la machine devra être conçue avec suffisamment d’ergonomie pour interagir avec lui en évitant tout accident. « Les interactions avec les outils de production devront être entièrement repensées. Elles doivent s’appuyer sur les principes les moins intrusifs possible pour l’opérateur », souligne Stéphane David, responsable du département intelligence ambiante et systèmes interactifs du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). La[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°1007

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2018 d'Industries & Technologies

Nous vous recommandons

A Lyon, Stanley Robotics déploie ses robots voituriers sur le parking de l'aéroport

A Lyon, Stanley Robotics déploie ses robots voituriers sur le parking de l'aéroport

Pour répondre au besoin croissant de places de parking, Aéroports de Lyon et Vinci Airports ont déployé jeudi 14 mars[…]

Mobilité hydrogène, mini-usine médicale, composites thermoplastiques… les innovations qui (re)donnent le sourire

Mobilité hydrogène, mini-usine médicale, composites thermoplastiques… les innovations qui (re)donnent le sourire

[Vidéo] Un préhenseur en origami fait le vide pour saisir des objets

[Vidéo] Un préhenseur en origami fait le vide pour saisir des objets

Crew Dragon, satellites OneWeb, robot fourmi… les meilleures innovations de la semaine

Crew Dragon, satellites OneWeb, robot fourmi… les meilleures innovations de la semaine

Plus d'articles