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Une usine de production d’hydrogène « vert » annoncée par Lhyfe

Xavier Boivinet
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Une usine de production d’hydrogène « vert » annoncée par Lhyfe

Vue d'artiste du site de production d'hydrogène et du centre de R&D de Lhyfe qui doivent être construits cette année à Bouin, en Vendée.

© Lhyfe / Essentiel architectes - Challans

La jeune entreprise Lhyfe a annoncé le 16 janvier son intention de produire industriellement de l’hydrogène par électrolyse à partir d’énergie éolienne dès 2021. Une levée de fonds de 8 millions d'euros va lui permettre de construire cette année son site de production à Bouin (Vendée). Il devrait fournir 300 kilogrammes d’hydrogène « vert » par jour dès 2021. Dans un premier temps, les usages seront principalement liés à la mobilité. A terme, l’entreprise nantaise souhaite multiplier ce type de site et emmener sa technologie au large.

Lhyfe a dévoilé le 16 janvier son intention de produire de l’hydrogène « vert ». Soit de l'hydrogène obtenu par un procédé d'électrolyse de l'eau utilisant de l'électricité éolienne. Créée en 2017, l’entreprise compte implanter son premier site de production de 4000 m2 près de Bouin (Vendée) dès le premier semestre de cette année. La fourniture de 300 kilogramme d’hydrogène par jour est prévue au premier semestre 2021. « Alors que l’hydrogène disponible sur le marché est à 100% « gris », c’est-à-dire produit à partir d’hydrocarbures avec des procédés émetteurs de CO2, nous serons les premiers à proposer un hydrogène « vert » dans des quantités industrielles et à un prix compétitif », affirme Matthieu Guesné, fondateur de l’entreprise nantaise créée en 2017.

L’entreprise annonce également avoir bouclé fin 2019 une première levée de fonds de 8 millions d’euros auprès de cinq acteurs privés et publics : Noria, le Syndicat d’Energie de Vendée (SyDEV) et sa SEM Vendée Energie, Ovive, Ouest Croissance et Océan Participations. Cette levée de fonds devrait permettre d’industrialiser la technologie et de multiplier les sites.

Gérer l'intermittence

Pour des raisons de confidentialité, Lhyfe souhaite rester discret sur la technologie et le fournisseur de son système d’électrolyse. « Nous avons comparé 200 points de mesure sur les équipements de nombreux fournisseurs avant d’opter pour un européen, précise M. Guesné. Tout l'enjeu est d'arriver à gérer l'intermittence pour livrer les clients à temps et les phases d'allumage qui sont toujours pénalisantes. Il faut arbitrer en permanence pour dire s’il est possible de démarrer en fonction du coût pour l'état de santé (State of health, SOH) de la machine. Et nous avons un logiciel pour cela. »

Un hydrogène 100 % « vert »

Alimenté par trois turbines sur les huit que compte le parc éolien de Bouin, l’électrolyseur produira de l’hydrogène à partir d’eau pompée dans la mer et dessalée au préalable. « Nous voulions de l’énergie entièrement renouvelable pour produire de l’hydrogène 100 % « vert », déclare Matthieu Guesné. Cela n’aurait pas été le cas si nous nous étions connectés au réseau car le mix énergétique français est en partie carboné. » L'hydrogène produit sera ensuite purifié, compressé et stocké dans des réservoirs sur des camions qui le livreront vers leurs lieux de consommation.

Si l’hydrogène produit pourra servir à des usages industriels, l’attention se porte principalement sur la mobilité pour l’instant. « Nous sommes en train de développer un écosystème sur le département », déclare Alain Leboeuf, président du Syndicat de l’énergie de Vendée (SyDEV), partenaire du projet. Une première station-service à hydrogène devrait être mise en service à La-Roche-sur-Yon (Vendée) au printemps 2021, en parallèle de la mise en production du site de Bouin. Elle sera mise à la disposition des collectivités et autres flottes à proximité.

L'avenir au large en 2025

Alors que le coût de l’hydrogène « vert » produit par électrolyse est souvent avancé comme un handicap, Matthieu Guesné s'inscrit en faux : « L’hydrogène « gris » est certes peu cher à produire – entre 1,5 €/kg et 2 €/kg -, mais lorsqu’il faut le transporter vers son lieu de consommation, c’est très cher. » Il cite des prix à l’achat pour les consommateurs allant de 15 €/kg à 40 €/kg. « En multipliant des petits sites de production proches des consommateurs, nous souhaitons proposer des pleins compris entre 70 et 80 euros qui permettent à une voiture de rouler 700 km », ajoute-t-il.

Si son fondateur envisage d’implanter de nombreux sites de ce type sur le territoire, voire en Europe, l’ambition de Lhyfe est au large. L’usine de Bouin doit servir de pilote pour éprouver une technologie destinée à être installée en mer et alimentée par des éoliennes offshores. « Le site de Bouin présente des conditions qui se rapprochent de celles au large avec un vent venu de la mer et donc plus constant et un environnement salin », précise M. Guesné. Construit à côté de l’usine, un centre de recherche et développement regroupera les ingénieurs de Lhyfe. Leur mission : faire en sorte que leur système puisse être emmené au large en 2025.

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