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Une usine de dessalement d'eau en France

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Courantes en Israël ou au Japon, les unités de dessalement d'eau de mer pourraient bien arriver en France. À Belle-Ile, un projet basé sur la technologie de l'osmose inverse sera bientôt soumis à enquête publique. Le dessalement est-il l'une des solutions pour faire face aux pénuries d'eau douces ? En tout cas, à Belle-Ile, qui a vécu plusieurs étés à sec, le projet est sur les rails. L'île située au large du Morbihan ne dispose pas de réserves d'eau souterraine et lors des étés 2005 et 2006 la situation a été critique : les trois barrages de stockage d'eau de pluie étaient vides. Solution d'urgence : faire venir l'eau par bateau, du continent, pour un coût non négligeable : « 3 millions d'euros pour 5 000 m3 d'eau ! », explique Christine Illiaquer, de la communauté de communes de Belle-Ile. « Par la suite, on s'est équipé de stations de dessalement mobiles, mais nous cherchions une solution pérenne pour garantir l'autonomie en eau de l'île ». Après deux campagnes infructueuses de recherche de nappes souterraines, les élus réfléchissent à faire venir l'eau - par pipeline - du continent. « Ce projet a été estimé à 32 millions d'euros. Bien trop cher », estime Christine Illiaquer. « Nous devons de toute façon rénover notre usine de traitement de l'eau, qui a plus de 40 ans, le projet est donc d'y intégrer une structure de dessalement de l'eau de mer. »

L'osmose inverse pour dessaler

La technologie choisie, l'osmose inverse, consiste à extraire l'eau douce de l'eau de mer. Un forage dirigé, situé à 500 mètres du littoral, pompe l'eau qui est acheminée jusqu'à la station de traitement. Après un prétraitement de décantation et de floculation pour retirer les matières organiques en suspension, l'eau rejoint les membranes d'osmose inverse. Ces filtres, poreux, laissent passer les molécules d'eau, mais pas le sel. C'est la pression - exercée d'un côté de la membrane - qui va entraîner l'eau. Une fois dessalée, l'eau pompée dans l'océan rejoint celle des barrages pour « être traitée de façon classique », explique Bernard Simon, directeur général du Syndicat de l'eau du Morbihan. « Ce procédé d'osmose inverse a déjà été éprouvé sur les unités mobiles. L'entretien des membranes se fait par rétrolavages et elles ont une durée de vie d'une dizaine d'années », indiquent Bernard Simon. L'unité sera capable de dessaler jusqu'à 50 m3 d'eau par heure, « mais elle ne sera pas tout le temps en service, indique Christine Illiaquer. Seulement si les réserves sont très basses ». Au final, le projet incluant la rénovation de l'usine de traitement et l'unité de dessalement, est estimé à 10 millions d'euros pour un coût du mètre cube d'eau de 1,50 euro.

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