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Une superglue aussi collante qu’un cartilage et composée à 90 % d’eau

Baptiste Cessieux

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Une superglue aussi collante qu’un cartilage et composée à 90 % d’eau

Cet hydrogel bat des records d'adhérence et de quantité d'eau par rapport à tous les autres produits adhésifs.

© Felice Frankel - MIT

Des chercheurs du MIT ont publié dans Nature Material, une étude présentant un “adhésif à l’eau”. Cet hydrogel inspiré des superglues sous-marines des bernacles et des moules devrait trouver de nombreuses applications. Tant en robotique, qu’en médecine ou dans le naval.

 « C’est comme si l’on avait de l’eau mais dure et collante » explique un chercheur du Massachusetts Institute of Technologies (MIT) à propos de l’hydrogel développé par son équipe. Le matériau a bénéficié d’une publication dans Nature Materials le 9 novembre dernier et l’équipe du professeur Xuanhe Zhao imagine déjà les différentes applications possibles. Composé à 90 % d’eau, cet hydrogel est aussi collant que le cartilage qui maintient les os entre eux et peut être utilisé sous l’eau.

Et ce n’est pas tout, selon Xuanhe Zhao, ce matériau « bat un record en termes de résistance et de quantité d’eau dans une superglue ». La clé de ses capacités : un copolymère à deux blocs aux capacités différentes. Alors que l’un possède des liaisons permanentes le rendant hautement extensible, le deuxième est fait de liaisons réversibles permettant de disperser l’énergie imposée lors d’une friction ou d’un choc. Résultat, un matériau proche du caoutchouc par sa texture, mais transparent et composé majoritairement d’eau. Il peut facilement se lier aux céramiques, verres et autres métaux. L’hydrogel possède d’ailleurs un deuxième avantage lorsqu’il sert à lier des pièces métalliques. Sa composition aqueuse le rend conducteur si l’eau utilisée lors de la fabrication est chargée d’ions. Cela pourrait permettre des transmissions électriques de faible intensité, notamment si cet hydrogel est utilisé en robotique.

 C’est d’ailleurs l’une des applications à laquelle pensent les chercheurs du MIT. Avec ses capacités proches d’un cartilage organique et sa nature conductrice, le matériau pourrait servir d’articulation robotique, multipliant ainsi le nombre de degrés de liberté du robot (capacité à se mouvoir selon un axe de translation ou de rotation). Être composé majoritairement d’eau permettrait également d’utiliser ce matériau dans des robots mous à destination de la médecine.

Mais la première application pour cette superglue à l’eau, c’est celle qui a motivé le financement de ces recherches : un revêtement étanche applicable directement sous l’eau. Une utilité qui a justifié des fonds de l’Office américain des recherches navales (ONR).

 

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