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Une station d’épuration écologique

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L’installation d’Honfleur traite les effluents et leurs pollutions olfactives au moyen de technologies utilisant les plantes comme principal agent dépolluant.

A défaut de mettre les villes à la campagne, Phytorestore pourrait bien mettre la campagne dans les villes!

Pour preuve, la nouvelle station d’épuration d’Honfleur (Calvados), inaugurée en novembre dernier. Cette installation, prévue pour 26 000 équivalent habitants, traite désormais l’ensemble des effluents des communes d’Equemauville, d’Honfleur, de Gonneville et de la Rivière-Saint-Sauveur. Résultats : entre 3 000 et 5 000 m3/jour d’eaux usées traitées quotidiennement et, chaque année, 50 000 m3 de boues liquides qui seront transformées, à terme, en 700 m3 d’humus utilisables comme amendement pour les espaces verts.

Le site de 4 ha a été dimensionné pour laisser agir la nature, autrement dit pour permettre le stockage de l’humus produit sur 10 ans sans aucune évacuation. Dans la pratique cette installation unique en Europe, qui fonctionne sur le principe de la phytorestauration (ou phytoremediation), est actuellement le plus grand aménagement de ce type capable de traiter à la fois les pollutions de l’eau, de l’air et des sols par les plantes.

En sortie de la filière biologique classique – prétraitement biologique, aération et clarification – l’air vicié est repris par l’intermédiaire de « filtres végétalisés » (installés dans une serre) qui, en associant l’action de micro-organismes et de plante ad hoc, sont capables de dégrader les polluants (H2S, COv) responsables des mauvaises odeurs. Les boues issues des clarificateurs sont ensuite épandues dans trois lagunes plantées de roseaux, autant de jardins filtrants qui permettent de réduire les volumes et la masse des boues, de les minéraliser et d’en filtrer les polluants. L’eau récupérée est alors réinjectée dans un circuit constitué de 16 chéneaux et de taillis, plantés d’espèces végétales épuratives, à l’issue duquel elle est débarrassée des germes et autres charges polluantes résiduels (nitrate, phosphore).

Résultat en sortie : une eau de qualité piscicole qui est rejetée dans la Morelle, rivière limitrophe qui se jette dans l’embouchure de la Seine.

Moins cher que les filières classiques

Coté financier, ce projet 100% écologique de 8,3 millions d’euros (T.T.C) n’induirait aucun surcoût par rapport à une installation classique. Mieux « il se traduirait par des économies de fonctionnement » souligne Thierry Jacquet, fondateur de l’entreprise Phytorestore, « via le peu d’entretien que nécessite l’installation ».

Ces phytotechniques pourraient également être employées pour traiter les gaz à effet de serre générés par les activités urbaines - automobiles, chauffage, climatisation – « des filtres végétalisés, positionnés sur les toitures des immeubles ou en sortie des conduits d’aération des tunnels permettant de fixer puis recycler les polluants » poursuit Thierry Jacquet. Recycler et non éliminer, car ces biotechnologies « bouclent les boucles écologiques » en restaurant les ressources. « Les métaux lourds piégés dans les filtres atteignent des degrés de concentration tels que leur valorisation ultérieure devient rentable » souligne Thierry Jacquet, la biodégradation des polluants organiques permettant, quant à elle, de remettre le carbone dans des cycles normaux .

C’est-à-dire tout le contraire des process industriels classiques – incinération, enfouissement, lavage physico-chimique – qui, en éliminant les déchets détruisent irrémédiablement les ressources de notre planète. Nul n’étant prophète en son pays, il semblerait là encore que les perspectives de développement de la technique passent par l’étranger et, plus précisément, par la Chine… D’importants projets d’îlots urbains « zéro rejet » devraient, très prochainement, y voir le jour.

Philippe Donnaes

Pour en savoir plus : http://www.phytorestore.com/ 

 

 

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